L’Accord de Partenariat UE-Sénégal pour une Pêche Durable et la poursuite des politiques d’inégalités au Sénégal

Début novembre 2020, plus de 480 jeunes sénégalais avaient péri en mer en tentant de joindre les îles Canaries (Espagne) pour trouver une vie meilleure. Pour rappel, le Sénégal fait partie des pays d’Afrique dont beaucoup pensent que l’émigration est la seule option pour faire face aux inégalités sociales, à la pauvreté et surtout au manque d’opportunités économiques.

Parmi les causes de l’émigration, nous avons la pauvreté, la précarité, le chômage chronique, les inégalités dues à la Covid-19, l’échec de l’économie politique inclusive et la vente des droits souverains des Sénégalais tels que les ressources marines.

Il est important aussi de souligner que ce n’était pas la première vague qui a vu disparaître des milliers de jeunes Sénégalais pleins d’espoir pour ne jamais revenir laissant des familles et une nation dévastées.

Cette situation persistante remet en question la capacité et le sérieux des dirigeants politiques sénégalais qui ont l’obligation de défendre en premier lieu l’intérêt national du peuple lorsqu’il s’agit d’approfondir ses relations économiques avec d’autres pays ou organisations régionales.

Sur la base du principe de la coopération économique, l’objectif central est de réduire les déséquilibres économiques entre les pays riches et les pays en développement. Au lieu de participer au renforcement de la capacité d’emploi dans les pays à taux élevé de migration irrégulière, l’Union européenne (UE) utilise une stratégie diversifiée basée sur l’intérêt de certains pays membres de l’UE et un partenariat politique non-durable.





Le soi-disant Accord de Partenariat pour une Pêche Durable (APPD) ne favorise guère la protection des générations futures sur la base d’une politique durable, en particulier au Sénégal. Le présent accord a été conclu entre l’UE et le Sénégal dans le but de permettre aux navires espagnols et français de pêcher le thon et le merlu dans les eaux sénégalaises entre novembre 2014 et novembre 2019. Cet accord s’inscrit aussi dans le cadre de l’élargissement du réseau thonier entre l’UE et les pays d’Afrique de l’Ouest.

Dans des circonstances normales, le renouvellement de l’accord était censé avoir lieu le 19 novembre 2019, mais prolongé jusqu’en novembre 2020 en attendant de terminer les négociations et de signer le renouvellement de l’accord pour cinq ans.

Concernant ce sujet, la récente visite du président Macky Sall à Paris pour assister au Forum sur la paix et la sécurité (12 novembre 2020), de nombreuses personnes pensent que la prolongation de cinq ans de l’accord a déjà été signé entre le Sénégal et l’UE. S’il est signé, ce sera une réelle préoccupation pour les jeunes sénégalais qui tentent désespérément de trouver du travail avec un taux de chômage de plus 40%.

Le troisième protocole sera surtout désastreux pour les jeunes sénégalais, notamment les personnes vivant le long de la côte sénégalaise (Thiaroye Sur Mer, Mbour, Saint-Louis, Yoff) candidats potentiels à l’émigration.

Si l’UE a une intention claire de réduire la migration irrégulière, de tels accords et protocoles doivent être évités pour protéger la jeunesse africaine contre leurs dirigeants politiques qui signent certains accords dans le dos de leur peuple. L’industrialisation de la pêche, la protection des ressources souveraines (mer, forêts, énergies combustibles, or) devraient être au centre de la protection des emplois des jeunes et de la mise en place d’un système économique indigène qui favorise une croissance inclusive.

Sources: Commision Européenne (https://ec.europa.eu/fisheries/cfp/international/agreements/senegal_en)

**Abdoul Yoro Diallo, Ph.D  Institut d’Etudes Européennes et des Relations Internationales à l’Université de Marmara (Istanbul, Turquie)** contact yoro86g@gmail.com

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