Philosophie: L’art


1- L’art et le beau

L’art est l’une des plus vieilles manifestations du créateur humain. Aussi longtemps que l’on remonte dans l’histoire, on trouve le témoignage de l’art. Tout se passe comme si la culture humaine ne pouvait pas se passer de cet oxygène nécessaire à son rayonnement. « Pas d’art sans homme mais peut être également pas d’homme sans art ».
Remarquait fort justement René Huyghe.

C’est cet aspect de la culture humaine, l’art, qui constitue l’objet d’étude de l’esthétique, discipline que HEGEL considère comme un anneau nécessaire de la philosophie. L’esthétique tente donc de dire l’art.
Dire l’art c’est d’abord poser le problème du critère de l’art. A partir de quel critère reconnait une œuvre d’art ?
« Une œuvre d’art, nous dit DELACROIX, devrait prendre à la gorge celui qui l’admirerait … là où la joie a manqué, l’art a manqué. L’on est en face d’un authentique chef d’œuvre lorsque cette œuvre nous met en joie ».

L’émotion serait-elle alors le critère de l’art ? Qu’est-ce-qui dans l’art nous émeut ? La beauté ?
Définir l’art en partant du beau soulève un certain nombre d’interrogations. Est-il possible de définir la beauté ? L’embarras de BOUVART, ce personnage de FLAUBERT dans son roman Bouvart et Pécuchet est révélateur.
« Je comprends, le beau est le beau, et le sublime le très beau. Comment les distinguer » ?

En dehors de cette complexité à définir la beauté, on peut se demander quel rapport le beau artistique entretient-il avec la beauté des belles choses, d’une belle jeune fille ? Enfin, si pour l’art classique on peut définir les productions artistiques en partant de la beauté on a comme l’impression que l’art moderne cherche à s’émanciper de ce critère. Entre 1813 et 1818 le peintre russe MALEVITCH a peint deux tableaux : le carré blanc sur fond blanc et le carré noir sur fond blanc. Si ces œuvres méritent d’être dans un musée (MUSEUM OF MODERN ART de New York) ce n’est certainement pas pour leur beauté. Et beaucoup d’expériences dans l’art moderne semblent ne plus mettre en avant la beauté. Ce constat invite à accepter que les critères de l’art puissent changer d’une époque à une autre. Le poète Apollinaire invitait déjà à le comprendre. Il a écrit dans ce sens :
« Soyez indulgents quand vous nous comparez à ceux qui furent la perfection de l’ordre. Nous qui quêtons partout l’aventure » .
MALEVITCH (1878 1935) : peintre et écrivain russe. Il interprète à sa façon les apports du Cubisme ; il crée à partir d’éléments tubulaires et coniques le plus souvent dans un agencement géométrique.
Artiste et création
Texte : l’homme de l’art, l’artiste offre une parenté certaine, une analogie avec Dieu. Il permet au nouveau, à l’inédit de prendre forme, matière, consistance et existence. Il donne à voir l’invisible, il révèle, il dévoile, montre « dans la nature et dans l’esprit, hors de nous et en nous des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience ».
Mais de quelle nature est son œuvre ? N’est-elle pas une fois achevée, « un petit univers », un organisme, un complexe forme-matière ?
La création ne va pas, en outre sans mobiliser en nous et hors de nous les forces de contestation, de refus, de négation, voire de destruction. Des mouvements célèbres tels le Surréalisme et le Dadaïsme l’ont montré avec plus de violence, peut-être, que d’autres. Le cubisme, aussi, est dit mettre l’art sur le chemin de la création absolue, inventive, immédiate. L’art connait ainsi, non seulement des évolutions mais aussi des révolutions selon le mot de Malevitch.
Anne Baudard
Questions
1) Qu’est-ce qui fonde l’analogie entre l’artiste et Dieu ? Citer tous les éléments qui justifient cette comparaison.
2) Qu’est-ce qui est en nous et hors de nous que l’artiste dévoile ?
3) Qu’est-ce que le Cubisme et en quoi est-il une révolution dans le domaine de l’art ?

La suite… demain

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