OXFAM Vs Elimane Kane: Un Sall troc avec le Gouvernement? (Par Amadou BA)

Dans son réquisitoire justifiant le licenciement de Mr Kane, OXFAM considère que « Mr Elimane Kane, a, en connaissance de cause, violé les articles 1 et 3 du code de conduite du personnel de l’organisation qu’il a signé lors de son recrutement. Ces articles disposent le respect de l’intégrité et de la réputation d’Oxfam dans un comportement professionnel et personnel en conformité avec les valeurs et les normes de l’organisation et d’éviter tout conflit d’intérêt avec l’action d’Oxfam en menant sa vie privée. En s’impliquant dans le débat sur la gestion du pétrole au Sénégal, de manière visible et au nom de son organisation Legs Africa, sans consulter son organisation, il a été suspendu de ses fonctions le 28 juin 2019 ».

Ces griefs sont trop bancals pour prospérer devant un tribunal.
Prenons le grief de conflit d’intérêt qui est reproché à Mr Kane à travers son organisation Legs Africa et son implication dans les campagnes citoyennes de transparence de la gestion des ressources pétrolières. Le Code de conduite d’OXFAM en donne une autre perspective. En effet, selon son art 3, la prévention du conflit d’intérêt consiste à déclarer « tout intérêt financier, personnel ou familial (ou étroite relation intime) dans des activités officielles, qui pourrait avoir un impact sur l’action d’Oxfam (p. ex.: marché de biens/services, emploi ou promotion au sein d’Oxfam, d’organisations partenaires ou de groupes bénéficiaires) et d’informer Oxfam de toute intention de me porter candidat ou candidate ou d’assumer tout autre rôle officiel pour un parti politique ou une fonction publique ».

Il est évident que l’engagement de Mr Kane n’entre dans aucune de ses situations précitées, puisqu’il n’a pas monnayé les activités de LEGS Africa sous couvert de son appartenance à Oxfam, qu’il ne s’est déclaré candidat à des élections à venir, qu’il n’a pas intégré ou soutenu publiquement un Parti politique, et encore moins accepter un emploi public ou gouvernemental. Par conséquent, en quoi son implication citoyenne aux côtés de la société civile pour la transparence de la gestion du Pétrole peut-elle être en conflit avec la politique d’Oxfam?

OXFAM fait de la Politique et l’a toujours revendiquée ouvertement.
Dans la page d’accueil de son site internet, Oxfam Sénégal se fixe comme premier objectif de sa mission au Sénégal:  » La gouvernance et le contrôle citoyen : participation pleine à la vie politique et sociale et économique des femmes et des jeunes à travers un transfert de pouvoir et un contrôle citoyen effectif ». Par conséquent, Oxfam assume de faire de la politique et de promouvoir le contrôle citoyen sur l’action publique dans son ensemble, y compris donc l’engagement dans la transparence dans la gestion des Ressources naturelles.

Mieux, OXFAM America a commandité un Rapport financé par Bill Gates et intitulé « Le Maillon Faible: Rôle des Institutions Locales dans la Gestion Responsable des Ressources au Sénégal ». Le but de ce Rapport est annoncé sans ambages: « Fournir un cadre de réflexion critique à Oxfam pour son action visant à améliorer la gestion des ressources naturelles en donnant aux citoyens les moyens d’ »obliger » leurs dirigeants à rendre des comptes ». Les Auteurs y étrillent abondamment Macky Sall et sa gestion peu transparente de nos ressources naturelles.

Il y est dénoncé pêle-mêle: « le risque de mainmise de l’exécutif sur les revenus pétroliers et le manque de supervision du Parlement sénégalais qui n’a pas les moyens de jouer un rôle efficace d’organe de surveillance. Qu’il semble en outre que le Président puisse exercer un contrôle sur le Parlement par des voies détournées, en cela que la réussite politique des parlementaires dépend du bon vouloir du Président et du parti au pouvoir. De ce fait, les institutions nationales sénégalaises sont souvent l’instrument du clientélisme politique et de pratiques visant à conserver le pouvoir et à accumuler du capital pour une classe privilégiée, au lieu de suivre les principes d’une politique rationnelle. Cette dynamique s’exerce également dans la gestion des revenus de l’industrie extractive. Compte tenu de ces facteurs et des constatations de notre rapport, il est clair que le Sénégal rencontre de gros problèmes institutionnels de redevabilité et d’efficacité. La difficulté la plus évidente vient de la concentration du pouvoir au niveau de l’exécutif, qui entrave les institutions de surveillance. Combiné à un système politique sillonné par de puissants réseaux de clientélisme, le processus d’affectation des revenus est vulnérable à la fois à une gestion globalement négligente et à un abus explicite des finances publiques. Cette dynamique entraîne un usage inefficace des ressources de la nation et contribue à l’accumulation de richesse au sein de l’élite politique et économique, au détriment des efforts de réduction de la pauvreté » (fin de citation).

Comment et après ce réquisitoire acerbe contre les Institutions étatiques sénégalaises dans la spoliation des revenus issus de nos ressources naturelles, et après avoir assumée publiquement le financement du Mouvement « Y’EN A MARRE » dans son combat pour le départ de Abdoulaye Wade, OXFAM peut-elle se délester aujourd’hui de sa dimension d' »Acteur Politique engagé »? En quoi un Cadre qui agit dans le même sillage dans sa vie privée, entre il en conflit d’intérêt avec les principe d’OXFAM?
Ce licenciement n’a aucune cause réelle et sérieuse et surtout la faute lourde invoquée témoigne d’une grossière erreur manifeste d’appréciation.

La vérité, c’est que OXFAM a opéré un troc ignoble avec l’État du Sénégal. Accommoder Macky Sall et le Gouvernement qui exerce une pression sur l’ONG en virant un de ses cadres trop en vue dans le combat citoyen sur la reddition des comptes, tout en se débarrassant par la même occasion d’une tête brulée qui refuse d’entériner la promotion de l’homosexualité au Sénégal. Tel semble être le stratagème diabolique de l’ONG qui a un programme explicite d’imposer l’agenda des minorités sexuelles.

Entre promouvoir la sexualité des Adolescents à travers Le programme Connecting 4 Life (C4L), et l’engagement politique sur la transparence des ressources naturelles, OXFAM a choisi la sexualité pour calmer la furie des autorités sénégalaises.

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