Entrevue avec Marie Coly, coordonnatrice de la cellule Seine et Marne

Le MOJIP France se félicite de la nomination d’une de ses membres, Madame Marie Coly en tant que coordinatrice de la cellule Seine et Marne. Elle nous a accordé l’interview suivante :

Maimouna Dème : « Parlez-nous de votre parcours ».

Marie Coly : « Après un baccalauréat en sciences expérimentales et une maîtrise en Finance obtenue au Sénégal, j’ai souhaité donner une orientation plus technique à mon profil. Je suis donc arrivée en France en 2011 avec cet objectif et j’ai intégré un master en Méthodes quantitatives pour la finance et informatique appliquée.

Je travaille actuellement comme consultante BIG DATA spécialisée dans le secteur bancaire, avec une forte appétence dans les problématiques de lutte anti-blanchiment. Mon travail au quotidien consiste à réaliser pour le compte de mon employeur (une Entreprise de services du numérique de la place), des missions d’expertise technique sur les applications BIG DATA mais aussi sur des sujets liés à la DATA Science autour de l’informatique décisionnelle ».

M. D : »Qu’est-ce qui vous a motivé à militer pour PASTEF?

M. C : « Pour comprendre mon adhésion à PASTEF, il est important de remonter très brièvement à la genèse de mon engagement citoyen d’abord et ensuite politique. Cet engagement est un ras-le-bol généralisé sur la situation du pays.

Depuis plus de 50 ans, nous sommes un état indépendant. Des régimes se sont succédés de manière assez démocratique, mais le constat reste le même depuis plusieurs décennies.

Le quotidien du sénégalais moyen empire, le pays n’est pas industrialisé, le chômage y est endémique, le système médical est inexistant, en attestent les faits tragiques souvent relayés dans les médias.

Au Sénégal, tous les jours ce sont 4 femmes qui meurent faute de gynécologue et de suivi obstétrique correct. Outre cette situation catastrophique, des scandales financiers sont régulièrement relatés dans la presse. Ce sont souvent des détournements à coup de milliards, impliquant toujours des groupuscules de personnes, qu’on trouve généralement dans les rangs des partis au pouvoir. Une pseudo élite privilégiée s’accapare de ce qui doit être redistribué à tous les sénégalais, de quelque bord qu’ils soient. Et tous ces détournements se produisent au vu et su d’une justice sénégalaise politisée et totalement acquise à la cause du pouvoir en place.

Cette situation devenue insoutenable pour la citoyenne sénégalaise que je suis a fini de forger un engagement citoyen chez moi.

Mon arrivée en France a fini de confirmer ce que j’ai toujours pensé : Nous pouvons et devons vivre mieux au Sénégal. Le jeune sénégalais ne doit plus se résoudre à partir pour espérer mieux.

Forte de ces convictions, j’ai alors décidé de m’engager en politique. C’est naturellement, que le PASTEF m’a attirée. Le discours porté par son leader m’a tout de suite convaincue par son engagement, sa clairvoyance sur les sujets liés à l’économie, mais aussi son courage de porter des idées, qui souvent sont aux antipodes des désirs d’une certaine « ancienne » puissance coloniale à la politique douteuse au Sénégal, en particulier et en Afrique subsaharienne en général.

Au PASTEF, les préoccupations du sénégalais lambda sont au cœur des sujets. Et cela est en accord avec mes convictions ».

MD : « Vous êtes nouvellement élue en tant que coordinatrice de la cellule de Seine Et Marne (77), quels sont vos projets ? »

MC :« La cellule du 77 existe depuis un moment. Des patriotes des premières heures l’ont montée et gérée jusque-là. Un énorme travail a été fait.

Nos objectifs en tant que nouvelle équipe dirigeante de la cellule sont essentiellement de mieux faire connaître le PASTEF, au sein de la communauté sénégalaise et d’élargir les rangs du parti.

Au-delà de mettre en place une structuration pérenne dans le 77 et des outils de pilotage efficaces, nous travaillerons à l’implantation du PASTEF, dans toutes les villes de la Seine et Marne qui est le plus grand département d’île de France en termes de superficie. C’est véritablement notre plus grand chantier ».

MD : »Selon vous, qu’est ce qui pourrait être fait pour intéresser davantage les femmes sénégalaises à la politique ? »

MC :« Au Sénégal, il n’est pas rare d’entendre cette phrase « Ah ! moi la politique ne m’intéresse pas, c’est trop sale ». Et c’est très souvent des femmes qui le disent. Des amies me l’ont déjà dit d’ailleurs.

Pour moi, ce désintérêt est simplement dû à ce que nous voyons constamment dans le champ politique sénégalais. L’actualité à l’assemblée nationale en est la parfaite illustration. Des attaques sur la personne, quand on doit discuter de choses sérieuses, comme le budget du pays par exemple, des règlements de compte crypto personnels, le mensonge, l’indignité et la liste est encore longue. Ceci pour dire simplement que la politique telle que pratiquée par une certaine classe politique sénégalaise ne donne pas envie de s’y intéresser.

Et c’est là que des personnes comme celles du PASTEF et les femmes de PASTEF en particulier peuvent être des éléments catalyseurs d’une dynamique de femmes en politique. Je pense que le fait de voir de plus en plus de femmes engagées portées à la tête d’entités politiques peut influencer d’autres femmes à suivre.

A notre niveau nous devons à mon sens montrer aux sénégalaises que la politique peut et doit être faite autrement. Et c’est aussi le sens de mon engagement politique, d’expliquer que la politique n’est finalement que la gestion de la cité. Et alors quand on vit dans la cité on doit être sensible à sa gestion ».

M. D: « Votre vécu en France a t’il influencé votre vision de la politique sénégalaise ? »

MC : » La réponse est oui. Naturellement quand on vit depuis plusieurs années dans un pays, il est normal que la perception qu’on peut avoir des choses soit influencée par ce vécu. Je disais plus haut, que mon arrivée en France m’a confortée dans l’idée qu’il était possible de vivre autrement au Sénégal.

Quand je suis arrivée dans ce pays les premières choses qui m’ont marquée sont la bonne organisation, le système de santé très performant, le fonctionnement correct des institutions entre autres. J’ai donc vu de manière concrète les écarts qui existent entre un pays comme le Sénégal et la France. Ces écarts viennent à mon avis du niveau d’exigence que les français ont envers leurs gouvernants.

Nous devons avoir le même niveau d’exigence envers nos dirigeants, sinon plus. Nous devons exiger la transparence dans la gestion de nos sous, exiger des services de base corrects, exiger que les ressources soient mieux distribuées, bref exiger et obtenir la prise en compte de nos préoccupations, et que celles ci soient placées au cœur des politiques du gouvernement ».

MD:  » Quel regard portez-vous sur l’actualité politique sénégalaise ? »

MC : « Au moment où on parle, c’est le vote du budget 2020 qui est au cœur de l’actualité politique au Sénégal. C’est un sujet éminemment important, quand on sait que c’est au cours de l’examen du budget que le peuple (via ses députés) est censé contrôler les recettes et surtout les dépenses (vérifier surtout leur pertinence et l’orientation des sommes disponibles) de l’Etat sur l’année.

Nous voyons tous ce qui se passe à l’assemblée nationale actuellement. Il y a d’une part une majorité mécanique qui ne comprend même pas les vrais enjeux d’un vote de budget et d’autre part le PASTEF qui, à travers les interventions très pertinentes de son leader Ousmane Sonko à l’assemblée, et via l’émission CAMBAAR GAFAG REWMI, est le seul parti qui en parle réellement et qui essaie de sensibiliser la population sur ce sujet.

Ceci est révélateur de quelles sont les priorités des gens qui nous dirigent. Ils ne s’intéressent qu’à leur confort et parfois dans leurs guéguerres révèlent même des infractions à la loi qui malheureusement n’interpellent jamais nos juridictions… C’est triste !

Tout ceci pour dire finalement ce que j’aime à répéter : dans la scène politique sénégalaise il y a PASTEF et les autres… »

Propos recueillis par Maimouna Dème Secrétaire générale du MOJIP France.

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