Sadio Mané : Lève la tête et continue ton chemin (Par Ibrahima THIAM)

« Vous me ramènerez mille fois au village, je retournerai encore. » Une phrase qui en dit long sur son abnégation et sa détermination. Lorsque sa famille a voulu écrire son histoire,   il a refusé ou disons plutôt qu’il n’a pas voulu d’une histoire où il n’est qu’une figure au second plan. Parti de son Bambali natal (Sud du Sénégal), Sadio ou Dio comme on l’appelle tendrement a décidé de prendre les choses en main. De Mbour à Liverpool en passant par Génération Foot, Metz, Salzbourg et Southampton ; de pieds nus à New Balance en passant par Adidas F50, Nike Mercural,  le prodige de Bambali ne cesse de montrer sa progression. Son talent  n’est plus à démontrer.

Hier,  c’était la cérémonie pour décerner le ballon d’or. Ils ont décidé que c’était Messi le vainqueur. Scandale ou pas ? Logique ou non ? Mérité ou immérité ? En tout cas,  chacun a son mot à dire. Mais  il faudrait d’abord savoir sur quels critères se fondent-ils pour décerner ce titre ?

Il paraîtrait que c’est sur trois critères :

1-Performances collectives et individuelles

2- Classe du joueur

3- Carrière du joueur

En ce qui concerne le premier critère,  personnellement j’ai beau cherché mais en vain. Pas besoin de rappeler les titres individuels et collectifs,  car on les connait tous. Footeux ou footix ? La « remontada » ou disons- le en termes plus appropriés « come-back » de Liverpool sur le Barcelone,  l’édition passée aurait suffi pour convaincre les indécis,  mais dommage  que ces derniers ont laissé parler leur cœur.

Pour le deuxième critère,  c’est encore plus claire que cette organisation vit et existe pour les revenus et moins pour le collectif, l’union, la paix… En tout cas pas comme ils aiment  l’appeller : un sport collectif. La classe, mon œil ! Vaut mieux aller faire la mode ou une autre activité qui se rapprocherait le plus de cela.

Enfin, doit-on faire appel à une carrière pour un titre individuel face aux concurrents qui n’ont forcément pas commencé à jouer en même temps ? Par exemple,  la carrière de Ronaldo est-elle comparable à celle de Krépin Diatta ? La réponse est négative quand on sait que le premier a commencé sa carrière en  1993 alors que le second a  débuté en 2013.

Après cet énième scandale,  les mêmes questions reviennent :

Qui votent réellement ? Connaissent- ils vraiment le foot ou regardent- ils les matches ? Oui, on se le demande quand on voit que le représentant de Tchad a voté Ronaldo en première position et Mbappé en deuxième position. Un choix qu’il ne peut expliquer que pour l’amour envers le joueur et non sur sa performance de cette saison.

Ne doit-on pas changé la façon de désigner le ballon d’or ? Le faire en fonction des points par trophée. Je m’explique. Par exemple :  la LDC=50 pts, Europa league=50pts,Coupe du monde= 50pts, coupe d’europe =30pts, coupe d’Afrique=30 pts, Copa=30pts, championnat =20ts, meilleur buteur=25 pts ainsi de suite et le vote des capitaines et coaches uniquement.

Notez bien que l’audience de RMC, de Bein, de Canal en France ne sera jamais pareille aux Seychelles,  à Sao-Tomé- et- Principe ou encore au Cambodge.

Messi est incontestablement le meilleur joueur au monde,  mais sur cette année  vous vous êtes plantés encore une fois. On voyait la balle arriver mais on ne savait pas  l’ampleur de l’impact. Ne pas être ballon d’or cette année est une chose, ne pas figurer parmi les trois premiers en est une autre. Le ballon  d’or devrait être Reds un point c’est tout !

Maintenant, ce qui est fait est fait. La seule chose qui nous reste à faire c’est de soutenir notre gaïndé. Dans la joie et dans la douleur.  La phrase de Tyrion Lannister dans Game of Throne résume vraiment cette forfaiture « …[Sadio a] appris qu'[il] ne gagnerait jamais, pas de cette façon-là. Ils ont leur jeu, leurs règles. »

Eux,  ils ont le ballon d’or mais toi tu as le cœur en or. Continue ta progression et ne baisse jamais les bras, gaïndé. Nous, Sénégalais,  sommes fiers de toi. Tes feintes,  tes percussions, tes appels et contre appels, ta vitesse et ta touche de finition nous procurent de la joie. Continue de nous en donner encore. Ne laisse pas le «  syndrome  Ribéry » t’atteindre. C’est fait à dessein pour te rabaisser mais ne te laisse pas faire. Lis la phrase de De Jean Dion « le sport est en apparence simple, simpliste même : deux camps [toi et les autres], une bataille, un gagnant,[…] et le lendemain on recommence ». Ou encore comme disait l’autre : «  si l’échec vous apprend quelque chose, vous n’êtes pas vraiment perdant ». Oui Dio, tu n’es pas perdant et tu ne le seras jamais. Joue ton jeu et laisse les hors-jeu.

Ibrahima Thiam sénégalais

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