Jeudi Noir N°76 : Fissures des sphères ministérielles de Diamniadio, je l’avais prédit… il y a 5 ans

Ce matin certains amis ou confrères m’ont « presque  » réveillé au sujet des fissures des sphères ministérielles de Diamniadio. Rappelons au passage que ces bijoux construits par des étrangers avec des ingénieurs étrangers à des prix pas piqués des hannetons sont en train de fissurer « grave », à peine 5 ans après leur construction. Même les bureaux de certains pontes de la République font peur aux visiteurs tellement ça craque de partout. C’est quand même le comble que ces experts étrangers « élevés au firmament de la connaissance » par nos donneurs d’ordre qui leur font confiance comme… pas possible, fassent de si grosses boulettes ! Mais vous vous demandez sans doute pourquoi diable ces appels.

Si vous pouviez retrouver (la VAR) le débat sur SEN TV qui m’avait opposé il y a environ 5 ans à Mamadou KASSE actuel Directeur de la SICAP et ancien conseiller du Président pour les infrastructures à l’époque, vous verriez que j’avais non seulement prédit des désordres graves sur ces bâtiments, à cause de la conjonction sol gonflant-failles et surtout de la gravissime erreur de penser que les fondations profondes sont la solution ! Mieux, j’avais même donné l’échéance des cinq premières années comme délai de début des problèmes.

Si l’on s’en tient aux aperistes de base, on pourra en conclure que le sol de Diamniadio s’est rangé à mes côtés contre Macky SALL. Malheureusement à chaque fois qu’un professionnel critique le pouvoir on le catalogue comme un simple aigri. Voilà donc une fois de plus que mes avertissements finissent en regrets, ceux de n’avoir pu arrêter les choses à temps.

Lors du symposium géotechnique ayant regroupé sur plusieurs jours à Diamniadio, il y a environ 3 ans des experts de la construction, nous avions eu Berthelot (expert français des sols) et moi des échanges techniques et peu sympathiques dont les séminaristes se souviendront longtemps ! Lui même a compris sans doute ce jour là qu’en Afrique il n’y a pas que des beni oui-oui. Au final l’autorité Sénégalaise avait fièrement affirmé devant le parterre de professionnels (nous étions sans doute plus de 500 personnes) qu’elle a conscience d’avoir de véritables sachants sénégalais et qu’elle s’appuierait sur eux. Las ! Les étrangers viennent, font leur coup et nous laissent avec nos problèmes. Ce n’est pas leur faute, j’accuse nos chefs d’états successifs de nous exposer à des risques excessifs (Wade a ouvert une brèche à Saint-Louis qui nous coûte très, très cher y compris en vies humaines et sur le plan écologique parce qu’il n’a pas écouté les experts du pays, Karim Wade a forcé son « tunnel fuyant » en refusant des propositions à la fois plus esthétiques et moins couteuses dont la construction d’un pont entre le cap manuel et la corniche ouest, Macky SALL a fait le même type d’erreur avec Diamniadio en forçant la main aux géotechniciens qui avaient averti et cela nous coûtera très, très, cher). Le pire est que ce symposium n’a même pas pu produire un document technique pour encadrer les constructions sur la zone de Diamniadio, c’était pourtant bien l’objectif affiché. Bien qu’ayant ma petite idée là dessus, je n’en dirai pas plus. Ce d’autant plus que nos sociétés font l’objet d’une attitude de violence inouie de la part des services fiscaux qui, s’ils cherchaient à faire disparaitre nos structures ne s’y prendraient guère autrement ! Faites donc disparaître les entreprises qui gagnent honnêtement leur vie, paient leurs impôts en citoyennes alors que de nombreuses entreprises contournent les règles en restant dans l’informel et sont respectées par le gouvernement (qui ose ajouter à un ministère la tutelle de l’informel !).

Nous qui ne savons pas tricher, nous irons vendre notre savoir ailleurs tout simplement. Nous qui donnons notre expertise à titre GRATUIT au Sénégal pour mettre en place des normes et des réglementations nous irons voir ailleurs. Oui nous irons ailleurs avec regret mais contraints et forcés, Monsieur le Ministre Abdoulaye Daouda DIALLO. Puisque vous n’avez pas conscience des conséquences graves de vos actions sur notre expertise, sur les emplois et parce que vous voulez les oeufs de la poule par tous les moyens y compris par l’étranglement. Vos services sont lâchés comme des fauves sur des entreprises qui travaillent dur pour créer de la valeur ajoutée et contribuer sans se faire payer à construire notre Etat. Il parait que 2020 sera encore plus dur pour les entreprises du secteur moderne qui seront pressurisées. Vous savez ce qu’il adviendra alors ? La trop forte pression fiscale va faire écrouler votre système par un passage à l’informel du plus grand nombre et la baisse drastique des recettes. Quelle aubaine alors pour les entreprises du nord ! Elles pourront allègrement se pavaner avec leurs vrais-faux experts pour prendre les marchés payés par nos… emprunts ! Car, bien sûr plus que jamais nous serons sous contrôle puisque incapables de trouver les ressorts pour gérer nos affaires en adultes. Endettement pour payer des dettes… vous avez déjà commencé, n’est ce pas avec encore ces 55 milliards au taux de 6% levés sur le marché obligataire !? Et vous vous en glorifiez ? Quelle folie douce !

Un ultime conseil : le levier de la pression fiscale n’est pas le bon, monsieur le ministre, refusez le diktat des institutions de Bretton Woods et osez imaginer d’autres solutions. Baissez plutôt le train de vie de l’Etat et améliorez la gestion des projets, je ne vois pas d’autre issue. Dommage que beaucoup de dirigeants n’aient jamais pratiqué la gestion d’une structure, ils ne peuvent percevoir l’ampleur des effets d’une décision en faux-amis, mauvaise, trompeuse mais aux apparences bonnes. L’ approche purement fiscaliste de notre économie est aussi éloignée de l’efficacité que l’est l’approche purement comptable vis-à-vis du développement d’une l’entreprise. C’est bien là tout le problème de la compréhension approximative qu’ont certains de nos dirigeants sur la complexité des mécanismes qui sous tendent les processus de développement. Chaque jour est alors un éternel recommencement. Qui a dit que l’Africain n’était pas résilient ?

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