Jeudi Noir N°68 : Quand Mimi asséne une réplique cadencée à Sarko

Chers amis, il paraît, selon une sommité du pays, que c’est parce que nous ne savons pas parler un langage rassurant à nos jeunes qu’ils prennent les pirogues pour « barsakh ». Je n’ai pas dit Barsa (signifiant pour les goorgorlu les côtes espagnoles) car désormais, grâce aux formidables dispositions du Frontex et aux sévices inimaginables que les migrants subsahariens subissent, il faut être un superhéros du genre batman pour s’en sortir vivant. Et voilà que nos cerveaux sont à nouveau formatés pour accepter que l’africain soit réduit à un simple bétail vendu, enchaîné, fouetté comme aux pires heures de la traite négrière. C’est du moins l’image que nous offre la Libye…

Tiens donc, n’est ce pas ce pays que Sarkozy souhaitait débarrasser de son mauvais dirigeant dictateur ? Et maintenant, qui pour faire le bilan ? Pourquoi la CPI si prompte à juger GBAGBO et nos dirigeants africains a oublié George W. Bush dans ses oeuvres Irakiennes, celles qui ont massacré des milliers de gens et créé l’essor d’Al Qaida en Irak ? Pourquoi n’a-t-on pas appelé Sarkozy pour répondre sur le cas Libyen et ses métastases dans les pays du sahel ? Comme il est difficile de subir cette « justice » des forts ! Alors si leur conscience ne les accuse pas, qu’ils aient au moins la décence de faire profil bas.

On ne supportera pas que Sarko joue les donneurs de leçons et prétende qu’il nous prend en charge en nous parlant pour ne pas risquer en se taisant qu’on lui reproche l’indifférence… Sacré Sarko, on appelle ça de la haute sorcellerie ! Mais là cette fois au Maroc, il a fait une nouvelle « cagade » en affirmant sans sourciller qu’il y a un lien entre la grande fertilité des femmes africaines et le dérèglement climatique ! Ça alors, même Malthus n’y avait pas pensé ! Heureusement que Mimi lui a asséné une réplique cadencée absolument désopilante ! S’il veut aider les africains en racontant des salades, nous allons l’aider à comprendre qu’il n’est pas assez capé pour cela.

Quant à nos jeunes égarés, comment les rassurer quand nous ne sommes pas capables de protéger physiquement les populations des nombreuses menaces qui les assaillent dès le saut du lit et jusqu’au soir … accidents, foudre, effondrements, gaz sulfuré des égoûts ? Quand les diplômés du supérieur vous supplient pour trouver un emploi subalterne, qu’importe lequel ? Quand les agences de l’état deviennent des mangeoires pour la famille et les militants du bled ? Quand le village est dans une menace récurrente de famine ? Quand des embarcations de l’état chavirent bêtement sur des distances de moins de 4 km pour faire des morts alors que nous nous remémorons le naufrage du JOOLA, toujours pas élucidé ? Quand des ponts sont tout simplement emportés par les eaux, comme si nous n’avions pas un seul ingénieur du génie civil dans le pays ? Quand nos rues deviennent des torrents et lacs à chaque hivernage ? Quand les habitants s’habituent à la vie de batraciens dans leur maisons inondées aux eaux verdâtres ?

Nous apparaissons comme incapables de concevoir des choses bien faites : un urbanisme respectant l’environnement et les contraintes de site, des routes drainées, des ouvrages d’art étudiés à partir de données routières, géologiques et hydrologique fiables. La seule cause en est notre propension aux arrangements, à la facilité et aux compromissions. Voilà ce qui nous tue et envoie nos jeunes vers la mort; ce n’est donc pas une rhétorique ampoulée qui corrigera ces dérives, non Monsieur. pendant ce temps les calculs politiciens polluent l’atmosphère. Au lieu de parler réduction des partis puis financement des activités politiques pour assainir la gestion de l’État, on nous engage dans un débat totalement ubuesque sur la notion de chef de l’opposition.

Nul doute que la gadoue va continuer à nous coller aux sandales jusqu’aux mollets de sahéliens malnutris tant que la bérézina restera un modèle de développement pour nous.

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