Jeudi Noir N° 58 : Que veut le président de la République ?

Pauvre Sénégal en ce moment partagé entre les spasmes liés à la CAN (énervements quand on perd, débordements de joie quand on gagne) et aux suites de l’affaire Petrotim. Le dialogue national ? Peut on encore mobiliser les énergies des « forces vives » dans les conditions suivantes :

  1. délai du dialogue 3 mois,
  2. démarrage officieux de la campagne des Locales par le Ministre de l’Intérieur,
  3. maintien du Parrainage et caution imposée sans consensus.

Nos problèmes de méthode sont la source de la plupart de nos maux : on ne peut pas vouloir une chose (avoir une réflexion de fond sur le fonctionnement de notre république, appeler à un consensus) et son contraire (utiliser le mode fast track, imposer des règles aux parties prenantes du dialogue) ! Que veut donc le président de la République ?

Cette façon de travailler est un danger pour la pérennité de nos états dans un contexte géopolitique aussi sérieux que le nôtre. Le général Lecointre, chef d’Etat Major Général de l’Armée Française disait en substance ces jours-ci, au sujet de la présence de Barkhane au Mali, que sans leur présence il y aurait un EFFONDREMENT des états du G5 Sahel sous les coups de boutoir des organisations terroristes et que cette situation résultait d’un problème « systémique » et de « gouvernance » (Sources Mali actu).

Derrière ses euphémismes il s’agit d’une vérité crue que je subodore avec un brin de dépit. La prochaine implication des Russes dans les problèmes sécuritaires sur demande du gouvernement Malien pourrait être la raison de cette frustration française mais cette vérité concerne malheureusement la plupart de nos Etats.

L’Afrique a tout pour réussir, les ressources naturelles et l’intellect, c’est le mental qui manque. Pourquoi toujours attendre que les « autres » nous règlent nos problèmes ? Les budgets quelle que soit leur pertinence sont souvent détournés de leurs objectifs, sans conséquence sur les décideurs indélicats mais aux effets souvent irréparables sur la collectivité. Or nous sommes une démocratie ce qui suppose le choix des dirigeants par le peuple, ce même peuple brisé par la mal gouvernance des élus et incapable de comprendre les enjeux pour sa propre survie !

Comment sortir de ce piège sordide ? Comment parler d’avenir à ceux qui se jettent sur « le pain et les jeux » distribués par des élites elles-mêmes sans ambition réelle ? politiquement s’entend ! Une petite note somme toute mitigée : la décision de produire nos titres d’état civil à distance. Nous sommes fiers que ce soit une fois de plus un élément de notre programme 3R, mais quel dommage que le financement soit encore porté par l’étranger !

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *