Vendetta contre les activistes.

S’engager pour une « idée », même si cela paraît à priori un peu farfelu, est un besoin qui anime l’être humain. De nos jours, dès qu’un individu s’insurge comme le système qui a placé des incompétents à la tête d’un pays, on le qualifie d’activiste. Ce terme qui rime avec terroriste semble hautement péjoratif. Il désigne entre autres, une sorte de militant actif qui aspire au changement économique, politique et/ou social. Pendant les manifestations spectaculaires ou autres actes qui sortent de l’ordinaire, ces individus charismatiques sont très vite repérés et mis en quarantaine.

Ils sont alors taxés d’extrémistes, même de terroristes, car selon leurs détracteurs ils sabotent la démarche politique traditionnelle. Ces individus Black listés peuvent contester la société de consommation de masse et constituent une menace contre les lobbies qu’ils conspuent à tout va. Ces héros des temps modernes sont capables de fédérer et de mobiliser car ils mettent le doigt dans l’engrenage. Green peace et compagnie donnent du fil à retordre aux mastodontes aux stratégies purement consuméristes, car leur capacité de nuisance poussent les consommateurs au boycott. Ce type d’activisme en général, ne se fait pas le ventre vide et il perdure dans le temps car les partisans ont un objectif bien défini et des soutiens certains.

Actuellement, les réseaux sociaux leur permettent d’avoir une marge de manœuvre supplémentaire et les lois qui visent à les censurer sont tirées par les cheveux. Ne pas confondre activisme, avec insulteurs du Web ou révolutionnaires de salon surtout ce sont des personnes à la recherche de notoriété.

Dans un pays dirigé par des élites, qui utilisent le pouvoir pour protéger leurs intérêts au détriment de la démocratie, être activiste est un motif d’embastillement. C’est le cas pour notre Guy national et ses camarades de geôle, qui risquent de s’éterniser en prison. Particulièrement notre militant du FRAPP dont l’aura constituerait un trouble à l’ordre public. Décidément la mascarade judiciaire, qui est en train de se produire à Ndoubelane nous a même fait oublier les scandales financiers, la hausse du prix des denrées et autres.

En s’acharnant sur un innocent et ses acolytes, la justice sénégalaise pratique le deux poids deux mesures, à savoir le Coumba am Ndèye et Coumba amoul Ndèye. Détournements de deniers public, usage de faux billets, trafic d’influence sont tolérés, pendant les marches sont interdites ou font l’objet d’arrestations musclées.

Est ce que la désobéissance civile, face aux injustices qui touchent la population, doit être réprimée à tout bout de champ? La plus grande difficulté c’est d’exercer sa conviction contre les autres ; il est difficile de faire admettre aux gens que ce qu’ils pensent n’est pas juste. Les marches successives, les complaintes face à cette confiscation de nos droits suffiront elles à combattre cette dictature instaurée ? Même s’ils libèrent nos camarades, l’électricité ne diminuera pas, car il faut bien renflouer le gab financier lié à la gestion calamiteuse de la Senelec.

Si nos frères hument à nouveau l’air frais, il n’est pas sûr que leur activisme tant décrié s’estompe du jour au lendemain. Quand une cause est noble et qu’on veut la défendre, les grands perdants sont les proches qui sont privés de père, de mari ou de fils. Les grands hommes qui se battent pour leurs idées, sont devenus rares car beaucoup se battent pour la notoriété et non la liberté. Celui qui en a été privé pendant 27 ans, le célèbre pensionnaire de Robben Island affirmait justement que :
« Nous ne sommes pas encore ibres, nous avons seulement atteint la liberté d’être libres. »
A t-on tiré leçons de ces luttes aujourd’hui ?
Méritons nous vraiment ce sacrifice consenti, pour l’intérêt général, au détriment de leur confort personnel ? Ils sont finalement plus libres que ceux qui acceptent tout sans sourciller.

Maimouna Mint Saidou Dia Pastef Bordeaux chargée de la communication du Mojip France

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