Réformateurs contre Conservateurs : quand l’APR prépare l’Après Macky (Par Amadou BA)

L’APR n’est pas un Parti d’essence idéologique comme le montre suffisamment l’auberge espagnol idéologique de la coalition BBY. Les affiliations y relèvent davantage du « Baykha »(serment d’allégeance) fait à un Khalif, qu’à une adhésion à un programme politique de gouvernement. Tout y est verticalité et subordination; il n’y a aucun espace pour encourager ou absorber les dissonances intellectuelles sur le PSE, sur l’opportunité du TER, sur la priorité des cités ministériels, la concentration financière autour du seul Diamniadio, l’attribution quasi exclusive des marchés publics au Privé étranger, etc…

Face à l’impasse de la politique économique de Macky et de son PSE dans la réduction d chômage, de la pauvreté et des inégalités, du verrouillage de l’espace politique par des artifices juridiques d’élimination des Oposants (suffrage censitaire, parrainage et emprisonnement), et surtout la volonté de couvrir ad nauseaum la corruption de Aliou Sall dans la scandale Timis, on assiste à une fronde tectonique menée par des Cadres qui veulent esquisser les prémices d’une Refondation en vue des prochaines présidentielles de 2024.

Ce « réalignement » en cours, présage une guerre de tranchée sans merci entre « Réformateurs » pro-Parti et « Conservateurs » pro-Macky autour de sa succession à venir. Les « Réformateurs » dont le « Mouvement Sénégal Debout » est la première incarnation, n’entend plus payer « le prix de l’Union » dans le silence et la connivence. Le « marchandage » qui permettait jadis de maintenir l’illusion de la cohésion a été rompu par l’accaparement des sinécures par les seuls Transhumants et la compression des postes de DG et de PCA du fait des tensions de trésorerie qui asphyxient l’État.

Alors que Macky voulait faire de l’APR une « Gemeinschaft », une communauté où les consciences sont comprimées, une masse distinctes de personnalités sans autonomie de pensées et de libre-arbitre et dont toute la cohésion repose sur la seule promesse du partage de responsabilités étatiques, les « Réformateurs » entendent instaurer une « Gesellschaft », un parti libre dans lequel foisonne une éclosion de consciences qui n’expriment leur unité et leur adhésion au Parti, que dans l’expression publique de leurs divergences idéologiques. Le fossé séparant ces deux courants à l’intérieur de l’APR, va connaître des éboulements politiques de plus en plus violents à l’approche du sacre du « Dauphin », que le Roi Macky entend choisir de façon autoritaire et arbitraire.

A ceux-là que les thuriféraires zélés nomment « Traitres et ennemis intérieurs », la science politique les qualifient de sève nourricière de la démocratie. A contrario, les cadres qui sont tous hérissés voire choqués par l’indéfendable « CAS » de Aliou Sall mais se taisent par pure égoïsme et conservation de leurs strapontins de postes ministériels ou DG, risquent de payer un lourd tribut dans l’inéluctable recomposition du champ politique sénégalais post Macky. Leur silence est collusion et leur couardise complicité. Quand toute la vérité sur le désastre national de la spoliation de nos ressources révélera tous ses secrets, ils paieront leur cheminement aux côtés des coupables.
L’Histoire n’a jamais été écrit par les « Suivistes » et les renégats. Sankara, même mort, est à jamais dans les cœurs alors que Compaoré, même vivant, est effacé à jamais des mémoires.

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