Liberté d’expression ou liberté d’offenser ? (Par Abib DIOP)

Au vu de la récente déclaration du Président de la République française, réitérant son engagement à faire perdurer la liberté de caricaturer, notamment le Prophète Mohamed (PSL) et suivie par l’affichage des caricatures sur plusieurs bâtiments publics, les questions tombent dru.

Les musulmans du monde qui s’identifient au Prophète Mohamed (PSL) se sont sentis offensés !

La France a-t-elle renoncé à la fraternité, qui est son troisième triptyque ?

Il convient de rappeler que la liberté de culte, inscrite dans l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme, ne pourrait s’appliquer pleinement, si ceux qui doivent en jouir se sentent blessés et atteints dans leur dignité du fait d’une action extérieure relative à leur religion.

Nul doute qu’il est impératif de veiller à la jouissance des libertés fondamentales et des droits du citoyen, avec la déclaration des droits de l’homme qui détient une valeur constitutionnelle dans presque tous les pays du monde ; mais à condition qu’elle soit doublée d’une morale, différente de l’éthique qui a une valeur relative et contingente. La morale impose à tout individu de ne pas violer le droit fondamental d’autrui.

Nous trouvons nous dans une conception « progressiste » de la liberté d’expression au point de lui apposer une liberté d’offenser ? si tel est le cas il faudra alors bannir le mot offenser du vocabulaire français car il n’aura plus de sens !

Rappelant au passage, l’article 4 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, qui confirme la frontière de toute liberté à la nuisance à autrui ; offense étant indissociable de nuisance !

Cette situation ne fait que revigorer les artilleurs de la haine et les voltigeurs d’actions extrémistes, rappelant que les musulmans constituent les premières victimes du terrorisme.

Aux musulmans, je leur demande de s’armer d’une allure rationnelle, avec en bandoulière le pardon et l’amour de son prochain et de combattre toute offense par la paix.

Cheikh Ahmadou Bamba nous l’a rappelé « j’ai pardonné à tous mes ennemis pour l’amour du Seigneur… aussi je ne songe point à me venger ».

Abib DIOP

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