L’économie: Sur quelles bases repartir ?(Par Ibrahima LO)

Dans ce nouveau contexte géopolitique marqué par une fermeture des frontières et la nécessité de se relancer rapidement, il n’en demeure pas moins de soulever quelques inquiétudes et perplexités à un brève retour à la normalité.

Après la crise des années 2008 et 2012, l’économie réelle est encore mal en point et maintenant vient s’ajouter cette pandémie qui commence à avoir comme conséquence des prévisions négatives sur une situation économique et sociale désastreuse.

L’épidémie de coronavirus a provoqué un choc économique qui sera lourd de conséquence avec un PIB pas encore estimée dans ce courant 2020 mais la récente chute de 6,4% en 2018 à 5,2% en 2019 nous laisse à croire que notre économie aura une chute historique.

Car les projections économiques sont inéluctablement sombres; la baisse du PIB sera pire. Au lieu d’avoir une croissance forte, le Sénégal se retrouvera avec un PIB en deçà des attentes. La preuve, le ministre de l’économie, du plan et de la coopération, a annoncé ces dernières semaines un recul de “1,5% sur la croissance prévue pour cette année “ (6,8%). Car la quasi-totalité des secteurs notamment le tourisme, le transport aérien, les chaînes d’approvisionnement du commerce informel et de l’industrie sont affectées par la pandémie. (Amadou Hott.)





 Quelle sera la bonne stratégie?

Face à ce qui serait la pire récession enregistrée dans le monde après la seconde guerre mondiale, le gouvernement a mis en place un budget de 1000 milliards de francs CFA comme plan de riposte pour venir en aide les secteurs les plus touchés mais l’économie en générale.

Dans un pays dont le modèle économique est basé sur l’importation, l’arrêt brutal des activités fait souffrir les secteurs le tourisme, le commerce, l’artisanat, le transport et beaucoup d’autres activités comme celles du secteur informel etc.

Dans ce contexte de crise sanitaire, toutes les nations se sont barricadées, interdisant toute importation et exportation dans le soucis de protéger leurs populations mais surtout de pouvoir garantir l’approvisionnement de leurs marchés intérieurs; une sorte de politique  protectionniste.

La bonne stratégie est nécessairement d’avoir un modèle économique adapté à nos réalités « Solution sur le plan économique : Produire par et pour nous-mêmes et viser le monde ». dans le programme Jotna (pages 23 à 45) du candidat de la coalition Jotna, le Président Ousmane Sonko.

Ce volet s’articule sur ces points suivants et dont vous trouverez un diagnostique de la problématique et des solutions préconisées:

  • Faire de l’agriculture le fer de lance de notre économie
  • Propulser un élevage dynamique
  • Protéger et assurer le développement durable de la pêche et de l’aquaculture
  • Gérer de façon concertée, durable et profitable les ressources naturelles
  • Promouvoir l’industrialisation pour un développement endogène
  • Fournir une énergie durable et de l’eau potable accessibles à tous
  • Structurer le secteur privé autour des PME/PMI
  • Protéger le secteur du commerce pour un impact positif sur les ménages
  • Reconquérir le levier monétaire pour une économie forte
  • L’artisanat et la culture pour un tourisme intégré et une société épanouie
  • Veiller à l’équilibre de l’écosystème et préserver l’environnement pour un cadre de vie assaini
  • Mieux planifier l’urbanisation pour un meilleur habitat
  • Réorienter la formation professionnelle pour une meilleure employabilité
  • Faciliter la circulation des personnes et des biens
  • Mettre le numérique au service de la création de valeurs

La création de richesse avec l’exploitation par nous-mêmes de nos ressources naturelles s’impose comme un des axes stratégiques pour ce nouveau départ.

Il serait opportun de penser à comment valoriser nos petites et moyennes entreprises, aider les entreprises nationales en les octroyant des marchés; assurer que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants; d’où l’impératif d’avoir des unités locales de transformation pour créer de la valeur ajoutée et offrir une opportunité de travail aux jeunes.

Qui seront les vrais protagonistes?

En Afrique comme dans les pays industrialisés, le rôle de l’Etat reste primordial pour préparer l’avenir mais surtout pour assurer les équilibres et les régulations nécessaires. Les Etats ont encore besoin de se réformer, les sociétés de s’adapter et les populations doivent vivre dans un espace de liberté, de justice et d’égalité.

Il est bien évident que le développement un pays, incombe toujours à ses fils (citoyens et citoyennes). « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais plutôt demande ce que toi tu peux faire pour ton pays. » John F. Kennedy

Surement cette citation du Président américain nous renvoie aussi directement à une prise de conscience, à un esprit d’entreprenariat, qui doivent être le socle de tout modèle de développement.

Le secteur privé national devra être le maillon fort de notre économie. La situation actuelle nous a démontré que nos dirigeants ont l’obligation de faire confiance au secteur privé national, de le booster et le protéger pour qu’il soit plus compétitif d’abord au niveau local et puis à l’international.

L’industrialisation de notre économie s’impose avec les importantes découvertes de gisement de pétrole, de gaz et du fer pour ne citer que cela; il y’a de quoi à prétendre à un système économique qui repose essentiellement sur des industries.

L’Afrique est aujourd’hui soumise aux conflits, aux crises, aux violences ethniques, aux désordres politiques qui retardent le processus démocratique, seul capable de susciter la solidarité autour des idéaux du développement. Toute politique économique a besoin d’une monnaie et chaque pays doit posséder sa propre monnaie pour mener à bien son programme de développement; mais l’ultime clef de succès est de nature politique car l’économie ne peut seule promouvoir le progrès.

L’Afrique doit s’écarter des concepts inadaptés de l’Occident par rapport la croissance démographique parce que tous les pays développés ont un marché interne d’une grande capacité de consommation; en outre le continent doit égalment s’appuyer sur les facteurs de développement, tels que l’agriculture et les ressources naturelles, le commerce extérieur.

Le salut de l’Afrique passera t’il par sa propre devise et une monnaie unique?

C’est l’ère de la révolution économique pour l’Afrique en générale et pour le Sénégal en particulier. Comme le défend tous ses fils à travers le monde, à l’image de l’ONG Urgence Panafricaniste, le FRAPP et tant d’autres mouvements de lutte pour la souveraineté monétaire de l’Afrique mais également contre l’impérialisme et le néocolonialisme. Avant la crise sanitaire, les choses semblaient prendre son envol d’où les déclarations de certains présidents pour annoncer la fin du franc CFA et l’arrivée d’une nouvelle monnaie dont ils devraient trouver une convergence économique mais la pandémie semble avoir freiné tout. Avec la toute dernière déclaration, de la chargée de communication et porte parole de l’Elysée, il peut être confirmer que le franc CFA sera une vielle histoire. Mais le question essentielle est sur quelle modalité se fera la transition? Quelle sera le rôle de la France avec le nouveau mécanisme économique? Les dirigeants africains seront-ils à la hauteur des attentes et sera-t-il vraiment une monnaie unique?

Voilà tant de questionnement pour dire que le chemin est encore long pour crier déjà victoire; mais tout compte fait un grand pas est franchi et il reste à mener le même combat pour une monnaie unique africaine gage de souveraineté et de développement endogène et pour la facilitation du libre échange entre les Etats africains.

IBRAHIMA LO

PASTEF SECTION BOLOGNA

COORDINATION ITALIE




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