LA MAIRIE DE ZIGUINCHOR ET LE PROJET PASTEF/SONKO

La candidature d’Ousmane Sonko à la Mairie de Ziguinchor, déclarée le samedi 30 octobre dernier, suscite diverses réactions ou simplement des interrogations sur la pertinence d’une telle posture, au regard du projet national et africain porté par PASTEF à travers son président Ousmane Sonko. Il ne s’est visiblement pas agi d’une décision à la légère de la part de l’intéressé. Je renvoie à l’allocution prononcée lors de son meeting de déclaration de candidature : elle montre en effet qu’il a lui-même pris l’exacte mesure des enjeux et défis posés par sa démarche. En dehors des aspects certainement liés à la gestion interne du parti dans la localité, je reprends ci-dessous quatre points essentiels qui touchent à la pertinence ou non de ladite candidature.

1. Maire résident : D’accord avec la juste préoccupation d’avoir un Maire résident. Sonko maire devra donc S’ORGANISER pour résider plus à Ziguinchor auprès de ses administrés.

2. Pouvoir du Maire : Au-delà de la résidence, il s’agit plus fondamentalement de rompre avec la conception du MAIRE TOUT PUISSANT, équivalent au niveau local de L’AUTOCRATE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE au niveau central, unique détenteur en réalité de tous les pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire à la fois, au service des puissances de domination (‘’le présidentialisme néocolonial’’ selon la juste caractérisation du professeur Abdoulaye LY).

3. Equipe municipale : Cela voudra dire pouvoir compter sur une EQUIPE dirigeante (un leadership collectif) forte, parce que soudée autour d’une vision, de valeurs et d’objectifs partagés, agissant en parfaite cohésion et solidarité, tenant compte des profils et compétences dans la répartition des responsabilités (Adjoints au Maire, Présidences des Commissions, Conseils de quartier…).

4. Envergure nationale et africaine de Sonko : comprendre et souligner que le projet PASTEF/SONKO va au-delà de la mairie de Ziguinchor, au-delà du département et de la région de Ziguinchor, qu’il embrasse toute ‘’la Casamance naturelle’’, pour en faire un tremplin, une base solide, un laboratoire grandeur nature, une rampe de lancement pour un autre Sénégal, une autre sous- région, dans une Afrique souveraine, de travail, de justice et de paix, misant avant tout sur la mise en œuvre d’un programme de développement endogène porté par le patriotisme et « l’engagement citoyen permanent » de ses fils et filles.

En conclusion, un tel projet peut valablement s’appuyer sur les élections territoriales de janvier 2022, mais il va évidemment bien au-delà, au-delà des législatives et même de la présidentielle de 2024. Il faut prendre la pleine mesure de ce tout global, et savoir saisir chaque maillon de la chaine à la fois dans sa singularité et ses interactions avec les autres, sur le chemin escarpé de la marche irrésistible vers l’émancipation, le progrès et le bien être partagé.

Dakar, 01 novembre 2021

Madieye Mbodj

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