La légende du jugement de Salomon, Symbolique de la confrontation entre Adji Sarr et sa patronne devant le juge.

Un histoire rocambolesque d’un bébé volé avait défrayé la chronique dans les temps anciens, se transformant ainsi en une affaire judiciaire devant la cour royale.

Alors que deux femmes avaient donné, chacune, naissance à un bébé; l’une avait perdu le sien dès la naissance, et se disputa alors par mauvaise foi le bébé de sa voisine devant un tribunal populaire dirigé par le roi Salomon.

Devant le Juge, l’une des deux protagonistes fut plus bavarde et plus téméraire, tandis que l’autre, la vraie maman de l’enfant était timorée et très froussarde comme une merguez cramée. Mais, n’eût été la perspicacité prophétique et la haute intelligence spirituelle de Salomon qui décida, avec une brindille de sournoiserie le poussant à interroger leur instinct maternel, de leur partager le bébé, la plus sage maman, pourtant y ayant déjà renoncé de peur qu’on tût le bébé, la malhonnête l’aurait emporté.

Schématiquement, la confrontation entre Adji Sarr et Ndeye Khady Ndiaye devant le juge d’instruction dans l’affaire  » Sweet Beauté » dessine les contours de ce procès historique et légendaire. Dans cette affaire d’accusation de viol contre un sérieux candidat de l’opposition contre le pouvoir actuel par une fille, subsiste une autre affaire d’accusation de proxénétisme et de prostitution clandestine qui met aux prises deux anciennes collaboratrices: une patronne de salon de massage et son employée masseuse. Alors, le juge d’instruction tenaillé par les pressions de tous bords et son intime conviction est dans un véritable duel cornélien. Doté d’une expérience professionnelle très louable et réputé d’être impartial et rigoureux est capable de trouver la vérité judiciaire au grand bonheur d’une partie, mais au dépens de l’autre partie.

Toutefois, cette vérité dite judiciaire sera-t-elle vraiment la vraie vérité des faits ? En effet, celle qui a la plus grande gueule n’aurait-elle pas plus de chance de convaincre le juge que celle qui dit la vérité elle -même? Le juge, aura-t-il pris en considération que la justice est une vertu morale à rendre au nom du peuple et non pas à celui qui tient les manettes et les mallettes comme on a l’habitude de voir dans les procès polico-judiciaire ?

Tout compte fait Hippolyte de Livry les avait déjà alertés en ces termes :  » le spectacle le plus horrible de la nature, c’est de voir la justice violer par celui qui est préposé à la protéger  ».

Or, Dame-justice est toujours violée lorsque l’exécutif réussit à vassaliser le magistrat au gré de ses desiderata pour le triomphe de ses intérêts pratiques, au détriment de la morale publique. Et Zola de dire que la vérité et la justice sont souveraines et garantissent l’état de droit et la grandeur d’une Nation.

Mansour Shamsdine Mbow, Professeur de Lettre, Chroniqueur

Un commentaire

  1. Très beau texte et belle plume cher frère M. Mbaw.
    J’ai envie de dire : Qui dit mieux ❓
    Bonne continuation pour l’éveil des consciences.

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