La chronique de Diomaye #2 : oubi tey jang tey, voeux pieux ?

Dans ce deuxième numéro de sa chronique, Bassirou Diomaye Faye traite du sujet de l’éducation.

Comme à l’accoutumée, avec le programme dit « oubi tey jang tey », comprenez « commencement des cours dès l’ouverture des classes », le gouvernement, à l’image de ses slogans précédents sans lendemain: la Patrie avant le parti, une gouvernance sobre et vertueuse…, vient encore promettre une bonne ouverture réussie de l’année scolaire.

Ainsi, il est loisible de se demander si  »oubi tey jang tey » ne relève pas d’un voeux pieux.

A l’analyse de la situation conjoncturelle institutionnelle et structurelle de l’école sénégalaise, il est difficile de croire à cela.

D’abord l’évaluation de l’état des lieux physiques, marqués, entre autres, par des abris provisoires hors d’usage du fait de l’hivernage et des écoles inondées , permet d’affirmer que le programme  »oubi tey jang tey » est plus proche d’une vision démagogique que réaliste.

Face à l’échec de ce programme, les programmes de soutien d’actions communautaires des patriotes dans le désherbage et l’aménagement de certaines écoles est à saluer.

Il faut ajouter que le manque de maitrise de la pluviométrie présente de graves menaces à l’école sénégalaise. En effet, les mauvaises récoltes occasionnées par un hivernage instable démunissent les parents dans leur capacité financière à inscrire leurs enfants à l’école.

Ensuite, le système éducatif national, de l’élémentaire au supérieur, est sensiblement gangrené par un déficit criard d’enseignants. Cette situation affecte le niveau des élèves et des étudiants victimes d’un quantum horaire déficitaire. La situation reste encore critique avec le problème structurel du syndicalisme exacerbé par la violation successive d’accords dits pourtant  »justes et réalisables » par le gouvernement.

Le dernier accord de 2018 est aujourd’hui encore non tenu par les autorités. Ce qui ne présage donc pas d’une bonne année scolaire apaisée.

Au niveau de l’examen du bac et du Bfem, depuis 2012 le taux de réussite ne dépasse pas respectivement 36% et 50%. 64% de taux d’échec au baccalauréat doit *pousser* à l’organisation d’une assise nationale de l’éducation.

Toujours dans l’enseignement supérieur, la volonté du gouvernement d’orienter tous les bacheliers dans les universités publiques s’explique par la dette que L’État doit aux universités privées. Le gouvernement doit ainsi éponger la dette des universités privées *afin de les soutenir dans l’orientation des bacheliers*.

Toujours dans le constat d’échec du système d’éducation nationale, il est à relever la problématique de la formation. Elle reste dominée par l’enseignement général et une spécialisation excessive de l’enseignement professionnel en banque et assurance. Pour une adaptation de l’éducation à la structure économique, il est nécessaire d’orienter les formations dans les secteurs primaire et secondaire.

Enfin il est à noter le balbutiement des universités virtuelles dans la carte universitaire sénégalaise. Toutefois, l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) doit être globale, c’est-à-dire de l’élémentaire au supérieur. Le Rwanda est un exemple à suivre.

Pour tout renseignement supplémentaire sur la vision de PASTEF en matière d’éducation, référez vous au livre du Président Ousmane Sonko  »Solutions pour un Sénégal nouveau’‘ et au programme politique  »Jotna ».

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