Jeudi Noir N°94 : Covid19, nous sommes plus que jamais des soldats prêts au combat

Chers amis, j’avais décidé d’arrêter cette chronique au centième numéro. Il reste donc, si Dieu le veut, 6 semaines pour cela. Mon vœu serait maintenant de conclure en beauté, avec au moins, une défaite programmée de cette pandémie. Ce serait alors l’heure des comptes et celle d’une révision globale de notre éthique de gouvernance.

Nul doute que de nouvelles régulations seront mises en place pour sécuriser la marche du monde. Et nous le Sénégal, l’Afrique, saurons-nous rebondir ? Il sera temps que les élites prennent le pouls des enjeux et aussi leurs responsabilités pour ne pas être coupables de complicité aggravée de non-assistance à peuple en danger. Si nous franchissons cette épreuve que l’on appréhende comme l’une des plus terribles de notre humanité – les termes utilisés par l’OMS « ennemi de l’humanité » sont révélateurs – l’Afrique devra radicalement changer sa vision du monde et sa gouvernance. En attendant il faut faire bloc, une union « sacrée », comme du reste le Pape le demande par une prière mondiale ce jour.

Sur le plan personnel respectons strictement les recommandations gouvernementales (hygiène maximale des mains, distances de sécurité, éviter les rassemblements). Le but est de ralentir la progression des contaminations qui pourraient très vite déborder nos services de santé et causer une catastrophe sanitaire par l’explosion de la contagion et celle de la mortalité. Dieu nous en préserve. Je préconiserais l’utilisation de masques en tissu à mailles serrées doublé et attaché par une cordelette que tous nos tailleurs peuvent fabriquer. Deux pour chaque membre de la famille avec un usage journalier, ce pour votre protection en particulier quand vous êtes dans les transports publics. On peut même imaginer un modèle permettant d’insérer un filtre quelconque entre les deux tissus du masque. Pas besoin d’attendre des masques venant de chine !

L’Etat, quant à lui doit faire face à de nombreuses questions sans réponse mais doit prendre des décisions en « temps réel » : faire respecter les interdictions, organiser la riposte médicale par des postes avancés y compris de fortune, maîtriser les prix des denrées alimentaires, sécuriser les circuits d’approvisionnement, sécuriser les biens et les personnes en prévision de l’augmentation de la pauvreté et de la criminalité (réduction des envois de la diaspora qui étaient de 1000 milliards CFA/an soit plus de 80 milliards/mois) mais aussi de la forte augmentation du chômage attendue (elle a déjà commencé dans le secteur du tourisme, du transport, du sport…).

Je ne suis pas cependant pour une fermeture des marchés qui sont les principaux canaux d’écoulement des produits locaux. Nous avons une double obligation : alimenter les populations et maintenir un tant soit peu les revenus des ruraux, une population très vulnérable. Il faut donc les organiser sans tarder : règles strictes de circulations dans les marchés autorisés, déplacements à la queue leu leu et par deux ou trois espacés de 1m chacun, temps réduit pour les achats, un seul acheteur à la fois par vendeur, port du masque éventuel, etc. Police ou gendarmerie pour contrôler. Fermeture de tout marché ne répondant pas aux critères préétablis. Par ailleurs pas besoin d’atteindre le stade 3 pour inviter à limiter les déplacements aux seuls nécessaires. Les funérailles et autres événements familiaux devraient se faire autour du minimum de personnes. Car nous sommes bel et bien en guerre et le seul critère qui vaille est la survie.

Pour finir, j’exprime mon entière solidarité au chef de l’Etat dans le combat engagé contre cette pandémie. De même ma compassion à nos compatriotes dans les pays les plus touchés, en particulier ceux qui sont aujourd’hui confinés. J’exhorte toute la Nation à se comporter comme un seul homme, notamment dans la sensibilisation des masses, pour privilégier l’invite et non la répression. J’invite le Président de la République à organiser une équipe bien choisie de spécialistes de santé et scientifiques divers, psychologues, sociologues, communicants et décideurs des corps militaires et paramilitaires pour une aide rapide à la décision en leur donnant un QG avec veille permanente. C’est peut-être le sens de la création hier d’une cellule nationale de crise et du fonds destiné à son fonctionnement, le Force Covid19. Il lui faudra un organigramme précis avec les doublons nécessaires, des procédures orientées vers l’efficacité et la sécurité. Il faut aller vite mais pas dans la précipitation. La victoire seule est permise et l’essentiel des chances de succès résidera dans une organisation efficiente. Le modèle militaire siet sans doute le mieux pour des raisons de célérité.

Sachez en tout cas Monsieur le Président, que nous sommes aujourd’hui plus que jamais des soldats prêts au combat !

Vive le Sénégal !

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