Jeudi Noir N°65 : Fer de Falémé – A la place de Macky SALL, j’en aurais déjà viré plusieurs de ce gouvernement

Semaine chargée chers amis, lourde cargaison mortuaire, indeed ! (pour parler comme les anglais). Ce qui arrive à ce pays relève du surréalisme et même de la métaphysique . Quelqu’un a dit qu’il faudrait tous quitter ce pays pour lui permettre, ce pays, de réfléchir pour marcher normalement. On en est là ! Un adage wolof dit : l’aveugle ne peut être la tête de file dans une marche (gumbbë du jiite yoon).

Comment se fait-il que le Ministre en charge du transport ne soit pas capable de mettre en place des règles internes à son Ministère pour que ses déplacements reflètent une bonne sécurité ? Le minimum serait qu’il ait donné des règles de respect des distances de sécurité lors des déplacements de ses équipes en plus bien sûr du port de la ceinture ! Bala nguey digle cangay nga raggu ba sett. Je vous le dis, on ne trouvera pas avec cette équipe des solutions durables et intelligentes à nos problèmes routiers. Il n’y a point de fruit là où point de fleurs !

Notre gouvernance pose problème, on ne cessera de le dire. Le Président Macky SALL doit se ressaisir pour hisser la galère sénégalaise qui chavire. La bonne personne à la place qu’il faut ! Je tombe des nues quand on reproche à @SONKO de n’être pas au diapason de la dernière version du MOU de TOSYALI ! Cet acronyme anglais qui paraît barbare, MOU, signifie simplement Protocole d’accord en anglais (memorandum of understanding). Ce qui me choque, moi c’est que ce reproche fait par des officiels à SONKO reconnait implicitement les manquements. Je citerai juste quelques termes de ce protocole, partagé sur facebook par les internautes (au cas où la DIC voudrait me poser des questions) qui me choquent tant nos autorités signataires ont été naïves. Notre ministre, selon l’adage « philosophum non facit barba », bien nipée, avec sa délégation officielle a signé des accords dont on se demande s’ils ont été vraiment lus et compris par ses « conseils ». Dans ce MOU (noy nepp pour eux) :
1/ le Sénégal « donne » 100 Ha de terres en bord de mer (valeur probable minimale 100×10 000× 15 000F/m2 si Tosyali devait revendre cet espace = 15 milliards CFA).
2/ Le turc est autorisé à réaliser et exploiter un port privé,
3/ le turc dispose à lui seul de la licence de récupération des déchets de ferraille. Ici je pose la question : Mais c’est quoi son problème à lui de vouloir rafler aussi le travail des pauvres « budjumen » ? En quoi cela lui poserait des problèmes de maîtriser aussi les ferrailles quand lui, a décidé de créer une usine dans une 1ère phase utilisant des billettes de fer qu’il importerait libre de toute taxe et de toute douane pendant 10 ans ?
4/le turc a obtenu que l’Etat ne le taxe ni sur l’eau, ni sur l’électricité, ni sur le gaz, ni sur les VRD pendant 10 ans ! What ? Autant dire circulez y a rien à voir, surtout vous les inspecteurs de l’état !
5/ En plus le Sénégal construit, ndeyssann, leurs infrastructures routières et de chemin de fer, soutient leur exportation de fer, supporte les charges sur les salaires des employés pendant 10 ans tout en autorisant le recrutement de 50% de l’effectif depuis l’étranger ! Dites donc et puis quoi encore ?! Et cerise sur le gâteau, oui oui, le Sénégal supportera TOTALEMENT la garantie du prêt…que fera Tosyali bien sûr pour son investissement ! Et puis, et puis, bon sang il fallait y penser…FERMERA toute entreprise du secteur qui soit disant ne « répondrait pas » aux « standards » environnementaux et fiscaux. Ah là comme par hasard on ne redresse plus l’entreprise on la tue ! Sacrebleu, waruna ba jommi !

Et que proposent nos amis turcs ? Bof …
– construire en 12 mois une usine empruntée sous notre garantie…et produire 22 millions de tonnes de ronds lisses,
– transférer son savoir faire… La question est comment cela pourrait se faire quand 50% des employés sont étrangers ?… les « hauts d’en hauts  » (merci les parents ivoiriens) quoi.
– ils vont engager la 2ème phase (fabriquer ces fameuses billettes de fer à partir de la mine de faleme) pendant que l’exploitation de la 1ère phase suit son cours… à la bonne heure, voyons ! Aucune date, aucune période n’est précisée. cependant cela se fera quand ils auront l’assurance que le Sénégal leur aura construit le rail entre la mine et la nouvelle usine. Mais n’est ce pas nous qui avons promis de faire ce rail pour eux ? Ils vont se gêner oui !? Ben voyons !
– ils vont créer un nombre « significatif » d’emplois. Mais pourquoi ne disent-ils pas clairement le nombre d’emplois concernés ? n’ont-ils pas une grande expérience de plusieurs dizaines d’usines dans plusieurs continents ? Ils devraient en fermant les yeux affirmer avec une faible marge d’erreur combien d’emplois seront créés pour une usine de 22 millions de tonnes l’an !

Voici quelques clés qui montrent que ces gens ne nous respectent pas. En effet notre délégation n’a pas été à la hauteur de telles discussions. Elle a accepté avec une naïveté déconcertante des conditions qu’un débutant dans les affaires aurait au moins contestées. Ces gens n’ont pris aucun engagement chiffré, c’est clair. En contrepartie ils ont eu une promesse de terres pour une valeur pouvant être estimée au moins à 15 milliards CFA et transformables en TF, obtenu des avantages fiscaux faramineux en plus d’une position de monopole sur un marché de la récupération qui n’a d’ailleurs pas de lien avéré avec ce marché du neuf (à noter qu’il ne leur a même pas été notifié le respect de règles tarifaires pour l’achat et la revente dans ce marché de la récupération… faites donc comme il vous plaira, mais tenez compte seulement de nos « budjumen » dans le besoin (sic)… on se demande d’ailleurs ce qu’on entend par « dans le besoin ». Car TOUS LES SÉNÉGALAIS sont aujourd’hui dans le besoin et tous les secteurs économiques sont anémiés.

Mais le pire est que nos autorités ne pourront être respectées tant qu’elles agiront avec autant de légèreté- et ne me dites pas que nous sommes en retard, ces termes ont été acceptés au moins dans un premier temps, c’est déjà une hérésie – Pour être crédibles et respectables devant ces politiques et hommes d’affaires occidentaux ou asiatiques nous devons être capables de nous faire respecter par notre capacité à imposer des rapports adulte-adulte avec les autres. Il faut imperativement s’entourer de personnes qualifiees pour la mission en évitant les improvisations, notre tare : tëñëx tëñëx ne mène qu’au désordre.

A la place de Macky SALL et à cette étape du second mandat, j’en aurais déjà viré plusieurs de ce gouvernement, je vous le garantis !

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