Jeudi Noir N°64 : Alerte sur les effondrements de sols dans la presqu’île du Cap Vert

Enfin il pleut ! Renseignements pris, certaines régions comme celle de Louga entrevoient un espoir d’avoir un bon hivernage pendant que d’autres font encore la moue. Pour ce qui me concerne, je me suis déjà prononcé sur la question et sur ce que devrait faire le gouvernement.

Mon propos concerne aujourd’hui une situation rampante qui, dans une échéance relativement brève pourrait conduire à la défiguration complète de la presqu’île du Cap Vert. Il y a environ cinq années, à la suite d’une pluie de mousson très arrosée nous, spécialistes du contrôle technique et geotechniciens avions été attirés par des effondrements gigantesques de sols dans les environs de Sebikotane. Les autorités avaient délimité cette zone de manière très artisanale et peu rigoureuse pour empêcher les populations d’approcher ces cavités très profondes et, parait-il, des études avaient été commanditées par les autorites. Une chance qu’aucune vie humaine n’y ait été perdue malgré la taille énorme des trous dont la profondeur semblait insondable. Ils se présentaient comme des failles s’ouvrant sur au moins l’équivalent d’un immeuble de trois étages ! Depuis lors aucun rapport officiel. Aucune décision relative à ce phénomène surprenant.

Aujourd’hui encore le même phénomène s’est produit dans la zone de Dougar engloutissant des arbres entiers… peut-être que nos autorités vont attendre que des villages soient engloutis pour réagir ! Il est clair qu’un « phénomène de renard » est en cours dans cette zone et ce depuis plusieurs années. Les eaux de ruissellement ont trouvé par infiltration des voies privilégiées de circulation souterraine qui ravinent les sols en profondeur créant des vides dangereux pour les ouvrages en surface. Si rien n’est entrepris nous devrons nous préparer à subir des catastrophes de grande ampleur dans les mois ou les années à venir sur cette zone géographique entre le plateau de Diass et Diamniadio : disparition de villages et rupture des voies de communication entre Dakar et le reste du pays.

C’est un tableau il est vrai apocalyptique que je dépeins mais il est bien à nos portes. Il nous faut trouver les raisons (conjonction probable de facteurs humains et géologiques) qui sont à l’origine de tels effondrements de sols. Dans le cas contraire il apparaît clair que la région de Dakar sera menacée de dislocation dans les trente prochaines années.

Monsieur le Ministre FOFANA ce chantier vaut plus que celui du désencombrement. Vous avez une armée de laboratoires et de bureaux d’études géotechniques, vous avez l’imperieux devoir de les missionner pendant qu’il est encore temps.

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