Jeudi Noir N°60 : De la Réconciliation Nationale pour fédérer les intelligences du pays

Aujourd’hui chers amis, nous aurions aimé jubiler sous la pluie matinale de Dakar en espérant qu’elle touche le reste du pays. Nous aurions souhaité que la situation pluviométrique fût autre que celle que nous vivons y compris en Casamance d’où je viens il y a quelques jours. Les paysans sont stressés par le manque d’eau constaté à ce jour.

En Casamance il ne pleut pas vraiment. A fin juillet on en est à peu près à la période de mai en termes de précipitations, c’est grave.

Dans le reste du pays la situation est tout aussi alarmante et les semis ont pour certains été replantés car brûlés par le sol sec et le faux départ de l’hivernage. Pis, les bêtes n’ont toujours pas de pâturages dans ce qui apparaît progressivement comme une sécheresse.

Alors si notre ministère en charge de l’agriculture utilise la méthode Coué, j’aimerais néanmoins lui rappeler que les pluies cessent généralement début octobre et que l’arachide et le mil ont besoin de trois mois de pluies pour donner leur plein rendement. Il faudra donc nous expliquer comment deux mois (août et septembre), à supposer qu’ils soient bien arrosés (comme ces bonnes gens le subodorent) suffiront à donner de bonnes récoltes, soyons raisonnables.

Non, définitivement nous devons nous attendre à une campagne agricole catastrophique ou, au mieux, médiocre. Désolé d’ajouter à la situation générale délétère sur les plans politique (le scandale des ressources), des libertés fondamentales (arrestations de personne sur simples prises de position citoyennes), judiciaire ( 2 poids 2 mesures flagrants à vomir) et social (montée des coûts des facteurs), mais si ce gouvernement n’accélère pas la politique de rigueur engagée pour dégager des ressources, il se trouvera dans les trois mois face à une situation explosive à souhait. Le renchérissement de la vie et l’appauvrissement aggravé des ruraux dont le bétail aura été laminé risquent de s’ajouter aux nombreuses autres frustrations évoquées supra pour créer une situation « spéciale ». On peut craindre en particulier une augmentation de la criminalité urbaine.

Je l’ai dit et redit : il faudra vite prendre des orientations plus hardies en matière d’agriculture les années à venir. Ce secteur doit être notre socle économique. A défaut de telles initiatives ma crainte est une implosion de notre état, je suis désolé de le dire. Cette gestion approximative va aggraver notre déficit commercial, à cause de l’augmentation des besoins alimentaires primaires, compromettant par la même occasion toute velléité de relance économique.

Je sais bien qu’il y a des lustres que le PSE n’est plus cité même par les tenants du pouvoir, certainement convaincus qu’ils sont désormais de son inefficacité, mais ils devraient s’inspirer de la sagesse romaine antique qui affirme : l’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique ! ( errare humanum est sed perseverare diabolicum). Alors, vu l’essoufflement de ce régime qui n’a plus de ressorts pour nous sortir de l’ornière et vu les signaux nauséabonds qui nous viennent de la future monnaie dévaluée ECO (qui semble n’avoir pas obtenu à ce jour l’adhésion du Nigéria et du Ghana), le président n’a plus le choix : il nous faut plus qu’un dialogue national. Il faut, disons le tout haut une Réconciliation Nationale pour fédérer les intelligences du pays, régler les innombrables problèmes pressants et ceux qui nous pendent au nez.

Evidemment la Paix ne va pas sans la Justice, la Réconciliation non plus ! A bon entendeur salut !

Pour finir, permettez moi de CRIER très fort ma désolation, ma RAGE de voir comment la forêt du Fogny est en train d’être vampirisée… des arbres coupés par ci et par là, sans reboisement visible et cela jusques et y compris le long des routes de Badiana, Badioure, Ouonk, Kabilline…

Je pleure pour mes frères du département de Bignona particulièrement touchés par ce fléau très préjudiciable à notre équilibre global ! Haidar El Ali, nouveau Directeur de l’Agence en charge des forêts, tu as du pain (rassis) sur la… planche !

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