Jeudi Noir – N°40 (Par Bruno d’Erneville)

Chers amis,

Nous sommes à la croisée des chemins et à la fin de ma chronique. L’histoire prochaine donnera son verdict quant à l’issue du chemin. En attendant, avec un peu de discernement on peu voir qu’il y a deux offres politiques et deux  » Sénégal  » qui se côtoient. Doit on s’offusquer de voir ceux qui se ressemblent s’assembler, non à mon sens. Pourquoi ? Parce qu’à l’instar du monde en général, le Sénégal vit une sorte de catharsis qui témoigne de la fin d’une époque et du début d’une autre.

Le #SYSTEME en place depuis plus de 60 ans est en phase d’être renversé par une génération nouvelle, décomplexée et connectée au monde sans aucune limite. Or ce système se maintenait grâce à des techniques de filtration et de barrières de tous ordres qui permettaient de conserver des niveaux de pouvoirs par strates : ceux d’en bas protègent ceux d’en haut qui assurent à leur tour sécurité et pérennité aux premiers. Il en est ainsi du maintien en Afrique de dirigeants inutiles à leurs peuples et même prévaricateurs mais considérés comme exemplaires par leur ancien colon, tant qu’ils jouent bien leur rôle. Dès qu’ils s’en écartent le couperet tombe et ils deviennent officiellement ennemis de leur propre peuple !

La monnaie CFA, soyez en sûr sera défendue bec et ongles encore jusqu’à ce que le rapport de force oblige à tourner la page. Pourtant on ne peut nier que les pays utilisant cette monnaie sont les plus en retard du point de vue économique comparativement notamment aux anglophones disposant de leur propre monnaie. Cela était prévisible car le type de relation sous-tendant cette monnaie commune crée des atavismes : propension à s’endetter et à importer à partir des pays partageant la fixité et l’interchangeabilité de la monnaie mais aussi difficultés à développer ses propres exportations.

Aujourd’hui les populations africaines très jeunes (plus de 60% ont moins de 30 ans) veulent un autre mode de fonctionnement, un autre système de valeurs: plus de respect pour les peuples, plus de transparence dans la gestion publique, un partage plus équitable des richesses, un véritable état de droit qui soumet tout le monde sans exception. Elles bénéficient de l’information et des outils de communication modernes qui les font communier avec le monde. N’est-il pas étonnant qu’en quelques semaines, le débat portant sur le CFA devienne quasiment mondial avec l’implication des italiens, des Allemands, des Russes et des Chinois ? Depuis quelques jours celui ci a suscité la création d’une vaste association panafricaine contre le CFA grossissant à travers la toile et dont les membres se retrouvent même en Amérique latine !

Le Sénégal n’échappe pas à cette lutte frontale en Afrique, il en est même un fer de lance quand on sait que le candidat #SONKO a fait de la souveraineté et du changement de système ses objectifs majeurs. La question monétaire a été abordée par ce dernier de manière très ferme, presque violente, au point de susciter au Sénégal une levée de bouclier des caciques du système qui, à la suite des derniers événements évoqués plus haut se sont aussitôt calmés en attendant de voir comment rebondir.

Voilà donc que nous entrons dans la dernière ligne droite. Une élection présidentielle qui ne concerne en réalité que deux modèles de Sénégal: celui du système et celui de l’anti-système, celui du statu quo qui refuse le changement de méthode et celui qui veut innover. Regardons attentivement la composition des coalitions, nous voyons bien comment les groupes se forment et ce qui semble être des alliances surprises en réalité ne le sont pas. Politiquement, certains qui se voilent la face ou privilégient des calculs ou intérêts personnels risquent de se couper durablement de leurs bases qui ne les suivrons pas, surtout les jeunes. Eh oui le nouveau militant n’est plus le mouton de panurge utilisé comme marchandise, il a son propre agenda et sa feuille de route.

Bien sûr le show et les techniques de manipulations iront dans tous les sens et venant de tous les bords, mais je suis convaincu que l’histoire a déjà choisi son camp.

Pour ma part j’ai fait le choix d’accompagner Ousmane SONKO pour qu’avec tous les amoureux d’un Sénégal fier et debout nous reconstruisions les pans entiers démolis de notre république et mettions en place méthodiquement les fondements d’un état prospère et juste.

Sur ces mots, je vous donne rendez-vous après l’élection du 24 février pour des commentaires. Mon espoir le plus profond est qu’il n’y ait plus de jeudi noir car enfin il ferait jour !

Vive le Sénégal ! Vive l’Afrique ! Vive la fraternité entre les peuples !

Ps: Si vous avez du temps et de la perspicacité, peut être pourrez vous déceler dans mes jeudis noirs une énigme…laquelle ?

A bientôt !

Bruno d’Erneville, Jeudi 31 janvier 2019

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