Interview de Sokhna Raci Diop, Coordonnatrice de la cellule de PASTEF Val D’Oise

Le Mouvement Jigueni Pastef France se félicite de la nomination d’une de ses membres, Madame Sokhna Raci Diop en tant que coordinatrice de la cellule du Val d’Oise. Nous nous sommes entretenus avec elle dans l’interview suivante :

Toutes nos félicitations chère sœur, peux tu nous décrire ton parcours ?

Je suis Sokhna Diop, je suis née à Dakar mais mes origines sont à Louga, ville de naissance de mon père. Je suis arrivée en France il y a de cela 25 ans pour poursuivre mes études universitaires. Je suis diplômée en Droit public et sur le plan professionnel j’évolue dans le secteur des assurances en tant que chef de projet. Je suis mariée et mère de 2 enfants.

Pourquoi as-tu rejoint Pastef ?

Mon militantisme est le résultat d’une étude et d’une réflexion sur l’idéologie du parti Pastef incarnée par Ousmane SONKO. Je n’ai jamais milité dans aucun parti politique sénégalais auparavant. Comme beaucoup de sénégalais j’étais déçue par les hommes politiques et leur incapacité à avoir des visions et de proposer des solutions pour sortir le Sénégal du gouffre économique dans lequel il est coincé depuis les indépendances. Donc, je ne me retrouvais dans aucun projet politique. J’estimais qu’ils étaient tous vides de propositions et les citoyens n’y avaient aucune place. Tout était centré sur des objectifs personnels pour une finalité que nous constatons encore aujourd’hui : la famille et le parti !

J’ai commencé à écouter et à suivre Ousmane Sonko au début de son engagement politique mais cela ne m’avait pas suffi car je devais connaitre l’homme un peu plus pour me persuader de la sincérité de ses propos. Alors je me suis intéressée à son parcours, aux raisons de sa radiation dans la fonction publique en tant qu’inspecteur des impôts. J’ai pesé les avantages qu’il aurait pu avoir s’il avait fermé les yeux, comme c’est le cas pour beaucoup d’hommes politiques, et pourtant il a préféré tourner le dos au nom de son intégrité. Ensuite j’ai lu ses ouvrages et la présentation de son livre ‘’Solution’’ à la place de l’Obélisque m’a définitivement convaincue sur le bien-fondé de son engagement.
J’ai vu en lui quelqu’un qui a fait le même constat que moi mais qui a eu le courage de se lancer pour casser ce système que nous subissons, nous les sénégalais, depuis tant d’années ; alors c’est tout naturellement que j’ai décidé de m’engager à ses côtés pour apporter ma contribution à la concrétisation de cette nouvelle perception de la politique. Pendant la campagne électorale j’avais pris quelques jours de congés pour aller à la rencontre des populations de Dakar, Thiès, Louga et Kébémer.

Tu viens d’être élue coordinatrice de la cellule du val d’Oise, quels sont tes projets ?

Tout d’abord, je félicite le bureau sortant ainsi que son responsable Mouhamadou Seck pour l’excellent travail de massification accompli dans le département du Val D’Oise. Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Nous allons ensemble, main dans la main, après avoir fait le bilan de ces 3 dernières années, travailler à redynamiser davantage l’engagement des citoyens sénégalais du Val d’Oise. Il faut savoir que le Val d’Oise compte une importante communauté sénégalaise et parmi celle-ci beaucoup de familles. Je ne vais pas expliciter ici toute la stratégie que je compte mettre en place avec l’aide de mon équipe, mais sachez que nous axerons nos priorités sur une politique de proximité avec les populations. Ce qui nécessitera une présence effective de tous les membres sur le terrain. Notre objectif est de diffuser les messages de notre parti et de notre leader au plus grand nombre et pour y arriver il faut la participation de tous. En interne, nous donnerons un intérêt particulier à la formation à travers l’école du parti, pour une bonne transmission de notre idéologie. Les membres du bureau seront à l’écoute et nous tiendrons compte de toutes les suggestions d’où qu’elles viennent.

Selon toi, qu’est ce qui pourrait être fait pour que les femmes sénégalaises s’engagent davantage en politique ?

Peu de femmes sénégalaises s’impliquent dans la gestion de la chose publique. Malheureusement on continue encore à les utiliser pour ce qui est du folklore, malgré le poids politique qu’elles représentent dans les suffrages exprimés lors des élections. La raison est culturelle, mais si on pousse la réflexion, elle peut s’expliquer également par le fait que les femmes sénégalaises, surtout celles qui sont instruites, veulent d’abord écouter, observer avant de faire confiance. Elles ont besoin de se projeter dans la proposition d’un candidat car elles sont très alertes dès qu’il s’agit de l’avenir de leurs enfants. Ensuite, vient l’engagement, chose plus difficile car passé le cap de la cellule familiale, il leur faut l’assurance qu’elles seront utiles à quelque chose, qu’elles vont pouvoir s’exprimer et qu’elles en auront les moyens. Pour cela il leur faut des modèles pour se rendre compte que c’est possible.

Je fais partie de celles qui prônent la parité car c’est le seul moyen à mon sens d’encourager et de favoriser l’engagement des femmes en politique. Créer des groupements de femmes c’est bien, mais à ce niveau là aussi, il y a beaucoup d’idées reçues et certaines femmes en sont réfractaires. Nous devons introduire une dose de parité. Il faut un début à tout. Les détracteurs de cette cause me diront que c’est contre-productif et que la question de la légitimité des femmes à occuper des postes dans les partis politiques pourra alors se poser. C’est faux. La société sénégalaise regorge de femmes compétentes qui n’ont rien à voir avec certains hommes politiques que nous voyons actuellement et qui font honte à nos institutions. Il faut aller chercher ces femmes.

Ton expérience de la France a-t-elle influencé ta vision de la politique sénégalaise ? Si oui Comment ?

Oui, forcément. J’ai vécu plus en Europe qu’au Sénégal même si j’ai toujours conservé des liens très forts avec mes racines sénégalaises. Je peux avancer que j’appartiens à 2 cultures et j’essaye à chaque fois de tirer le meilleur des deux. Pour moi c’est une grande richesse. Pendant longtemps je me suis intéressée à la politique française et je me suis investie une fois pour porter un homme politique français au pouvoir afin d’éviter l’avènement du front national. C’est ma conception de la politique. Donner de son temps et de son énergie afin d’apporter quand il faut quelque chose qu’on pense meilleur pour la communauté.

Quand on fait le constat de ce qui se passe actuellement au Sénégal, avec 47% de la population en état de pauvreté accrue, l’accès aux soins quasi nul, la première dame qui dispense à une clientèle politique des bons d’évacuation à l’étranger pour des soins, les prix des loyers exagérés, les gens qui ne peuvent plus prétendre à l’accession immobilière en raison des coûts exorbitants, des faibles revenus et des taux élevés appliqués par les banques, la situation des mineurs dans nos rues ne préoccupe pas les pouvoirs publics pour qui l’éducation pour tous est un slogan creux. Le chômage explose et pendant ce temps les sociétés étrangères raflent tous les marchés publics où il y a une léthargie totale du secteur secondaire (actuellement notre arachide est vendue à des privés étrangers qui vont le transformer et revenir ensuite nous le revendre parce que tout simplement l’état ne favorise pas son secteur privé) etc. il est clair qu’on ne peut pas rester les bras ballants.

Quel regard portes-tu sur l’actualité politique sénégalaise ?

Noir. Face à cette situation catastrophique que je viens de vous décrire nous avons en face de nous un exécutif mou, sans vision. Au niveau de nos institutions c’est la cohue totale ! Les citoyens n’ont plus confiance en leur justice qu’ils trouvent instrumentalisée par l’exécutif et d’ailleurs à ce niveau-là je suis sûr que la justice sénégalaise gagnerait à être reformée pour être plus responsable et répondre de ses actes.

L’assemblée nationale nous démontre tous les jours ses limites. La dernière en date concerne la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire des 94 Milliards. Voilà une assemblée composée de membres sensés légiférer et qui viole la loi à chaque fois qu’elle pose des actes n’hésitant pas à organiser, maladroitement, une opération dans le seul but de blanchir des escrocs et jeter un discrédit sur un honnête citoyen. Bel exemple pour notre jeunesse ! Et je m’abstiendrai de vous parler ici du député faussaire de billets ‘’présumé innocent’’, car là c’est plutôt le choix des sénégalais dans les hommes qu’ils mettent dans nos institutions, est mis en cause. Quant au pouvoir exécutif, ses dépenses de prestige inutiles finiront par venir à bout des contribuables.
La hausse du prix de l’électricité n’est qu’une des prémices des difficultés auxquelles les sénégalais vont être confrontés. Le pouvoir s’endette pour investir dans des projets non rentables, forcément le coût des remboursements va fortement se ressentir dans le porte-monnaie des sénégalais.

Notre rôle à nous est d’expliquer notre programme et dénoncer les dérives du clan au pouvoir, conscientiser les sénégalais sur la responsabilité de leur choix qui, rappelons-le, engage également les générations futures.

Merci beaucoup chère soeur de nous avoir accordé cet interview, nous te souhaitons bonne chance dans ta nouvelle mission

Propos recueillis par Maïmouna DEME

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