Halte à la manipulation ! (Par Dr El Hadji Séga GUEYE)

Dans toute l’histoire de la politique sénégalaise il n’a jamais existé une attaque plus corrosive et plus dévastatrice contre la personnalité de Ousmane Sonko : rebelle, terroriste, salafiste, criminel, manipulateur… violeur, bref ; tous les péchés d’Israël. Le seul but est de le mettre à l’index, de le larguer à la vindicte populaire, pour le déstabiliser, afin qu’il finisse, de guerre lasse, par se perdre dans les détails ou au pire abandonner son combat.

Notre bon sens nous inviterait tout bonnement à susciter une levée de bouclier indignée, lorsque la politique est utilisée comme une boite d’allumettes, à brûle-pourpoint, pour tirer à boulets rouges sur un leader, à chaque fois qu’on veut régler des comptes.
Depuis quelques jours, certains acteurs, habitués à faire de la distraction stratégique, utilisent sans doute, tous les moyens possibles (insultes, mensonges, diabolisation, avec la complicité de certains médias, sous prétexte d’une histoire de viol).

Je m’abstiendrai de rentrer dans des commentaires de vidéos, de discours, d’informations qui nous ont été servis pour cette distraction et tentative de manipulation.

Si on reste inerte face à cette bataille psychologique et cette manipulation de masse faite à dessein, sous la couleuvrine de la politique, avec des faiseurs d’almanachs, de chimères et de fantaisies, non seulement la population continuera à souffrir, mais nous seront les jouets du système, réduits à l’état de composante de leur propre désir, de leur propre intérêt.





Lorsque dans une société des intellectuels sans patriotisme, des politiciens véreux, des journalistes corrompus, des avocats sans mœurs, bref ; des âmes basses vénales se font les apôtres de la justice au profit de la grégarité de leurs désirs, il en va de soi que cette société est, elle-même, condamnée à marcher à reculons.

Il n’existe pas d’intellectuel sans engagement social ou politique, sans combat contre l’injustice. La classe intellectuelle doit être une force sociale qui travaille à élever le peuple au sommet des vertus en établissant les bornes de la tyrannie pour sortir d’une condescendance hypocrite en s’éloignant aussi bien de la manipulation que de la bassesse en matière politique.

Nous pouvons ranger les intellectuels et/ou acteurs politiques en trois catégories :

  1. Les traitres qui ont toujours existé dans l’histoire des peuples : être traître c’est non seulement trahir son peuple, mais trahir son engagement, ses idéaux, trahir sa conscience, se trahir soi-même. C’est tronquer ses principes contre l’argent, ses intérêts, tout en étant spectateur de la souffrance d’autrui, c’est être complice, par intérêt ou par mutisme, du système de mal gouvernance, de l’injustice. Ces types d’intellectuels se complaisent à vanter la servilité et la bassesse.
  2. Les défaitistes qui pensent que le pays ne décollera jamais. Ils ne pensent qu’à se sauver eux-mêmes en abandonnant la société dans le désordre, à ses instincts sauvages. Ils ne pensent jamais à améliorer le sort des populations, ils se soumettent avec servilité à leurs moindres désirs.
  3. Les promoteurs de l’autodétermination Ceux qui pensent que tout changement vient de l’autodétermination avec un engagement fort pour lutter contre l’injustice. Âmes chevillées aux corps, ils allient la parole à l’acte, la théorie et la pratique : des intellectuels de terrain et de l’action.

Et Le bas peuple dans tout ça ?

Il y a trois catégories de gens dans la société : ceux qui subissent l’injustice, ceux qui choisissent de subir l’injustice et ceux qui combattent l’injustice. Tout bon sociologue, tout bon politologue confirmera que tout un faisceau d’indices porte à croire qu’une bonne partie de la société et particulièrement la jeunesse a atteint un niveau de prise de conscience jamais égalé. Une jeunesse consciente de sa force de frappe contre l’injustice, la servilité et la bassesse. Un pouvoir qui marche sur des jambes cagneuses, tordues, un régime irisé, capable de changer en fonction des intérêts de quelques décideurs tapis dans l’ombre ne les feront jamais reculer. La phase de latence où le peuple se meut indéfiniment dans une candeur d’agneau en manifestant une certaine crainte à l’autorité n’est plus de mise.

Et la justice ?

Il faudrait un audit populaire de la justice. Autrement dit, quel service public nous avons contre cette justice, quel bien ? A-t-elle un impact sur notre vie, sur notre démocratie ? La vraie démocratie n’est pas dans les urnes mais dans la justice. La justice n’a jamais aussi été pointée du doigt que dans le régime de Macky Sall.

Rien n’est plus humiliant que de transformer l’appareil étatique en système d’abreuvoirs à mouches, en rachetant le silence des acteurs par un positionnement, par l’argent du contribuable, de vivre sur le dos de la société tout en se taisant sur sa souffrance, sur ses injustices. Un larbinisme savamment entretenus par des acteurs politiques tapis dans l’ombre au vu et au su de tout le monde. Celui qui protège par le silence (une injustice) se rend forcément complice !

Il suffit de mener des enquêtes pour se rendre compte, à peu de frais, que la société sénégalaise semble vomir ce système politique ainsi que son système judiciaire (son bras armée). Une justice à deux vitesses, entretenue par le clientélisme, le clanisme, l’esprit de partisan, se laisse aller facilement à l’indolence tout en s’engraissant sur le dos des contribuables.

En écoutant le Président Ousmane Sonko on peut aisément comprendre, à travers son discours, qu’un gouvernement qui ne pourvoit pas le minimum de besoins vitaux (nourriture, soins sanitaires, eau, qualité de vie) et de justice à ses citoyens, sacrifie délibérément son peuple, en lui volant son droit, sa dignité et son humanité. Nous en sommes là aujourd’hui, pour le cas du Sénégal, face à une véritable cénesthésie sociale, un sentiment d’impuissance face aux injustices subies par la population.

Tout bon politologue comprendra qu’Ousmane Sonko n’incarne pas seulement une candidature mais une philosophie que porte toute une jeune génération. Une génération qui aspire au changement, une jeunesse qui a le désir d’éprouver de nouvelles sensations.
En somme certains journalistes et hommes politiques feraient mieux d’une part, d’éviter de se lancer dans des interprétations fallacieuses des évènements, et d’autre part, de s’interdire de stigmatiser un leader et son parti politique par un discours dangereux, vecteur de déstabilisation de la cohésion sociale.

Dr El Hadji Séga GUEYE
Sociologue

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Un commentaire

  1. Le combat que nous avons engagé contre le régime de Macky Sall est noble et veut la peine de soutenir par tous les moyens.

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