COVID-19 et pro-réactivité des scientifiques : la place de la science et la technologie dans notre société de demain

La crise sanitaire causée par la pandémie du coronavirus a partiellement indisposé le monde. Plus de 2.500.000 personnes ont été infectées par le virus covid-19 et la barre des 200.000 morts a déjà été franchie à ce jour. Les conséquences ne sont pas que d’ordre sanitaire, elles sont aussi économiques, culturelles, sportives et même religieuses. Une économie complètement touchée avec le prix du baril de pétrole qui a historiquement atteint son niveau le plus bas (- 37 dollars). Du côté de l’outre atlantique, une hausse de plus de 20 millions de chômeurs a été enregistrée. Pour freiner la propagation du virus, tout rassemblement a été tout simplement interdit. Toutes les manifestations sportives, culturelles sont donc mises aux arrêts. Ces exigences sanitaires vont à l’encontre de certaines pratiques religieuses, mosquées, églises et synagogues sont en conséquence désertées. Mais sur le plan scientifique la pandémie a fait bouger des lignes. En effet la réponse de scientifiques de plusieurs disciplines face à la pandémie a été rapide et cela continue.



Cette crise sanitaire mondiale aura permis l’émergence de beaucoup d’actions sociales. Dans la plupart des pays touchés par le covid-19, les autorités publiques mettent en place des politiques d’urgences sociales pour faire face aux conséquences économiques et assister en même temps les victimes de la pandémie. Mais les événements qui ont particulièrement attiré notre attention et qui ont été révélés par la pandémie sont d’ordre scientifique et technologique. Dans un premier temps nous pouvons remarquer dans les différents panels de communication que le flambeau a été passé aux chercheurs scientifiques et aux professionnels de santé (virologues, épidémiologistes, chirurgiens…). Ce qui a permis d’accéder à l’information scientifique dans son état brut. Cette dynamique a mis sous les projecteurs la découverte de l’hydroxy-chloroquine comme un médicament contre le coronavirus. Même si le médicament n’est pas efficace à 100% et que son usage est strictement limité aux patients présentant une situation clinique sévère, Dr. Raoult et son équipe seraient impliqués dans la guérison de milliers de patients tout en posant les premiers jalons dans la recherche de solutions face à la pandémie. La pro-réactivité des scientifiques va au-delà, beaucoup d’applications numériques ont vu le jour. Parmi elles la « stop covid », une application française qui permet de tracer numériquement la propagation du virus en prévenant ses utilisateurs s’ils ont croisé une personne infectée. Ce même type d’application a été développé en Chine, en Australie et maintenant partout dans le monde. Au Sénégal, des enseignants de l’école polytechnique de Thiès ont mis au point un respirateur artificiel. Etant conscients qu’à un état avancé de la maladie, certains patients souffrent de troubles respiratoires, l’apport de ces chercheurs à la lutte contre le covid-19 est louable. Adulés et remerciés partout dans le monde, les personnels soignants sont les soldats les plus exposés car ils constituent la première ligne de tranchée. Enfin les recherches sur le covid-19 a permis de relancer le projet « supercalculateur numérique ». Initié par IBM et le département de l’énergie américain, ce projet d’envergure mondiale a pour objectif de mener des travaux sur la compréhension des mécanismes de l’infection virale, de les simuler numériquement et de trouver les moyens de l’inhiber dans le but de l’arrêter le plus rapidement possible

Aujourd’hui le monde entier retient son souffle en attendant une quelconque découverte d’un vaccin de la part des scientifiques pour se protéger définitivement contre le virus. La science et la technologie restent donc l’arme la plus efficace face à ce redoutable adversaire. Au lendemain de la crise, ces dernières devraient prendre une place importante dans l’organisation de nos sociétés.

L’histoire nous a encore démontré que face à des crises de cette dimension, seules la science et la technologie sont capables d’apporter des solutions efficaces et durables. Einstein les qualifiait de « recherches infatigables dans les ténèbres pleines, de pressentiments et de désirs passionnés de former les nouvelles valeurs de l’humanité ». De manière générale, dans les organisations publiques des pays sous-développés, la recherche scientifique est souvent laissée en rade et est confinée dans le ministère de l’enseignement supérieur comme le cas du Sénégal. La recherche scientifique devrait constituer un ministère plein avec la mise en place d’un conseil national de la recherche scientifique chargé de définir et d’appliquer la politique d’orientation de la recherche scientifique selon les besoins du pays. L’orientation de la recherche scientifique devrait piloter le choix des thématiques de recherches dans les structures scientifiques ainsi que les formations proposées dans les universités. La promotion de la science et de la technologie pour attirer les plus jeunes élèves vers les filières scientifiques nécessite une communication efficace.

Mouhamadou Sarr
Membre de la commission communication de Pastef Canada


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