Capitaine Mamadou Dièye : quel militaire ?

 

La capitaine Mamadou Dièye, démissionnaire ou déserteur de l’armée (c’est selon), a encore réussi à séduire (il est fort dans ce domaine) un parterre d’animateurs et de journalistes sur le plateau « Quartier Général » qui, paraît-il, est le plus suivi durant le ramadan.

Il ne manque plus que les larmes pour boucler la boucle.

Tout y est : regards admiratifs, propos flagorneurs, etc.

L’absence de roses est sans doute due à la désertion du fleuriste maison.

Capitaine Dièye a encore profité d’un plateau de personnes sous le charge de cet ancien militaire au port impeccable, qui fait beaucoup plus penser à un play-boy qu’à un capitaine de l’armée, pour dérouler tranquillement son monologue que n’importe quel abonné de nos grands-places peut soutenir.

En effet, je ne vois rien d’impressionnant ou de nouveau dans le fait de dire que Thomas Sankara et Mouammar Kadhafi ont été assassinés parce qu’ils menaçaient les intérêts des puissants lobbys qui font et défont les dirigeants, particulièrement ceux de l’Afrique.

A-t-on besoin de fréquenter Saint-Cyr pour affirmer qu’Idriss Déby a été éliminé, tout en refusant, certainement sous prétexte de ne pas dévoiler des secrets et peut-être pour renforcer la mystification, de donner des preuves de ses allégations ?

C’est aussi très facile d’adopter le même comportement en parlant de menace d’insécurité qui plane sur le Sahel, après la mort d’Idriss Déby.

Que nous apprenez-vous en soutenant que la stabilité du Sénégal est précaire à cause de l’insécurité qui nous encercle ?

Capitaine, nous voulons des preuves ! à défaut, ce que vous faites doit purement et simplement être classé dans le cadre de la mystification qui est l’une des denrées les plus prisées marche au pays de la téranga.

Espérons seulement que vous n’irez pas jusqu’à réclamer un tableau sur un plateau pour faire comme l’autre « Nit » car hier j’ai entendu quelqu’un qualifier votre « performance » de cours magistral, sans compter les versets du Saint Coran cités pour illustrer vos propos.

Parmi les affirmations gratuites qui n’ont malheureusement pas été rectifiées par l’un des deux grands « kangam » (cadres) journalistes invités spécialement pour la touche professionnelle de l’entretien (je présume), il est à noter votre commentaire sur la position de PASTEF sur le Franc CFA.

Qui vous a dit que PASTEF propose une sortie immédiate et inconsidérée du CFA ?

Je vous défie de sortir une seule phrase du programme Jotna, le seul valable (celui qui a été présenté aux Sénégalais à la présidentielle de 2019) où une quelconque immédiate sortie du CFA et une mise en place d’une monnaie nationale ont été mentionnées ?

Capitaine, comme vous vous présentez comme un homme « Nit » rigoureux et méthodique, qui ambitionne de diriger ce pays, commencez d’abord par lire tous les programmes des candidats à la présidentielle.

J’allais oublier un élément qui a attiré mon attention dans vos propos !

Vous avez tellement insisté sur le fait que vous êtes suivis, éprouvés, testés (un fait qui n’a pas suffisamment piqué la curiosité des journalistes) par certainement des « forces » que vous seul avez la capacité de voir.

Ces « forces », dites-vous, cherchent à éprouver votre capacité de résistance et votre aptitude à exercer la fonction de chef d’Etat.

Je trouve que cette affirmation nécessite des clarifications car elle laisse suggérer que nos présidents sont sélectionnés à l’issue d’une compétition, selon des critères établis par des « forces obscures » qui certainement, choisissent à la place du peuple.

Bizarre !

Pour terminer, je vais partir de la remarque de Pape Cheikh Daillo qui, encore sous votre charme, s’interroge sur votre « pertinence » qui ne reflète pas tellement le militaire que vous étiez.

Hormis sa vision réductrice et populace du militaire (pourtant il se présente comme fils de policier), cette remarque de Pape Cheikh n’est pas aussi saugrenue qu’elle ne le laisse apparaître.

Jetant un coup d’œil dans votre curriculum vitae, j’ai remarqué qu’en réalité votre parcours n’est pas vraiment aussi militaire que cela.

Des Pédagogues de l’Unité 18 des Parcelles Assainies à l’Université de Toulouse, en passant par celle de Saint-Louis (Gaston Berger), vous vous êtes « spécialisés » en anglais.

C’est en 2006 que vous avez intégré l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en France (ce qui est un mérite) pour une formation de trois ans (2006-2009), avant de faire une année d’application à Samur, toujours en France.

En 2010, vous revenez au bercail pour faire une application à Bango ; la même année vous êtes « parachutés » en Casamance.

Puis, soudainement, l’opinion apprend un certain capitaine qui aurait démissionné de l’armée pour embrasser une carrière politique, à la tête d’un Mouvement dénommé « Nit ».

Capitaine, comment ne pas faire le rapprochement avec vos allusions aux dures conditions dans lesquelles évoluent les militaires, surtout ceux qui sont au front, et votre désir d’évoluer dans un espace moins étroit, donc moins contraignant, qui explique votre choix de quitter l’armée ?

Amadou SOW

MONCAP

Ecole du Parti

PASTEF

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