Un mal pour un bien.

Et si la « coronacrise » était l’épreuve qu’il fallait à l’Afrique et aux africains pour comprendre et décider d’amorcer leur développement économique ?

Pour ce faire, le continent doit  d’abord revoir l’ordre de ses priorités en privilégiant l’éducation, la santé, la recherche scientifique, l’agriculture et la défense.

En effet depuis l’indépendance le Sénégal a sacrifié les bases du développement, au profit de la bureaucratie, de la politique politicienne, du népotisme, et de la médiocrité avec l’ultime but pour le leader (président) de s’éterniser au pouvoir. Cette politique s’est malheureusement manifestée par   l’entretien d’une clientèle politique, la corruption d’État et d’une supercherie dans la distribution des marchés publics. Les conséquences d’une telle orientation sont: inefficacité des politiques de développement, échec de toutes les planifications et des scandales financiers à répétition…

Ensuite la crise a permis aux populations africaines de comprendre que quand c’est important , ils ne peuvent compter que sur leur État et non sur des puissances étrangères ,des organisations non gouvernementales ou des particuliers( industriels, banquiers , sportifs , marabouts etc).

Depuis la « coronacrise » et la reprise des pouvoirs par les États, on comprend mieux que si un état est sérieux et prêt, il peut avec l’adhésion de sa population soulever des montagnes.



En effet l’adhésion du peuple au couvre-feu, à l’État d’urgence et aux mesures barrières recommandés par les gouvernements permet à tous de voir que les africains sont  capables de respecter les lois et règlements de leurs pays tout comme les asiatiques et les occidentaux. Je n’avais par exemple jamais su que les chauffeurs sénégalais étaient capables de conduire tout en  respectant  le nombre de passagers requis. Mais la crise m’a permis de changer d’avis. Neslon Mandela avait raison de dire «tout le monde pense que ce n’est jamais possible jusqu’à ce que ce que ça se fasse ». Si nous perpétuons ces bons comportements personne ne pourra stopper l’envol de l’Afrique car nous avons déjà tout le reste c’est à dire les ressources naturelles, soleil, terres arables,  les populations jeunes et abondantes, eaux en quantité et en qualité, côtes, les océans la forêt la faune …

Enfin nous avons tous compris qu’avec un peu de patriotisme , d’organisation et de solidarité ,nous sommes capables de lever des fonds essentiels pour financer notre propre développement sans pour autant recourir aux services de la dette. Depuis le début de la crise, les sénégalais ont mobilisé plusieurs milliards de francs CFA en soutien au fonds de lutte contre le Covid 19.  Tout ça pour dire que le développement est une affaire de tous mais il doit être impulsé par les autorités gouvernementales. C’est à ces dernières d’en  dégager les contours avec une politique de développement claire avant   de convaincre les populations à y adhérer.  Si nos dirigeants jouent  la carte de la transparence et de l’équité, les pays ne peuvent qu’émerger. 

J’espère que l’espoir suscité par le monde post corona qui doit placer l’humain au cœur des préoccupations ne se traduira pas par une nouvelle désillusion pour la terre mère. Les signaux semblent confirmer cette crainte puisqu’au moment où les pays sérieux sont entrain de réunir tous leurs chercheurs en leur dotant de moyens colossaux pour  trouver un remède au corona et penser au monde après la pandémie,  le Sénégal est entrain de mobiliser toutes ses énergies pour convoiement des sacs de riz dans les coins et recoins du pays.

Souleymane Mané professeur d’histoire et de géographie au Lycée Aline Sitoé Diatta d’Oussouye.

 

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