Thies : Plusieurs quartiers changent de visage à cause du Promovilles, par Birame Souley Diop

De deux choses l’une : soit il est des gens sans scrupules qui, par déni de vérité, et pour endormir l’opinion sont naturellement enclins à travestir, en leur faveur, des occurrences contraires, soit il en est d’autres qui mentent, même si c’est de bonne foi, du fait des exigences minimalistes qu’ils ont, dans leur for intérieur ou leur subconscient, par rapport à tout ce qui relève de la salubrité et des commodités qui sont le lot naturel et normal de tous les groupements humains civilisés.

Il ne s’agit point pour nous d’être négativistes, à tout venant. Louable sans doute est cette volonté de transfigurer nos centres urbains par le projet PROMOVILLES, mais la décence et l’humilité voudraient que ceux qui ont à charge de réaliser ce dessein reconnaissent humblement leurs insuffisances pour ne pas dire simplement leur déplorable incompétence.

Qu’on se fende d’un article publié dans la presse pompeusement titré « Thies : Plusieurs quartiers changent de visage grâce au Promovilles », surfaisant outre mesure les mérites de PROMOVILLES à Thiès, malgré tous les dégâts provoqués par ce projet, au point de plonger dans l’angoisse de larges couches de la population de cette cité, est pour le moins une injure à la raison et à la vérité.

Non, PROMOVILLES n’a pas, comme l’article le prétend, changé le visage de Thiès ! Il l’aura plutôt défiguré. A un degré tel qu’il est en passe, si rien n’est fait avant le prochain hivernage, dedétruire un quartier comme Sampathé, du fait de la rivière artificielle découlant d’une route inachevée malencontreusementinstallée au quartier HERSENT, sans la moindre étude d’impact environnemental, et sans infrastructure adéquate d’assainissement.

Des maisons qui sont le fruit de tant d’années de labeur se sont effondrées entièrement ou en partie, d’autres sont manifestementen péril, et bien des chemins sont devenus impraticables et envahis par d’énormes quantité de détritus charriés par les eaux.

Et cela, depuis quatre années, malgré le cri de cœur des populations qui se sont fait entendre sans succès partout où cela était nécessaire.

Non, PROMOVILLES n’a pas changé le visage de Thiès comme on l’aurait souhaité et comme en dispose son cahier de charge. Il l’a barbouillé.

Au quartier Diakhao, toujours du fait de ces fameuses routes dites de PROMOVILLES, c’est le même cri de désespoir qui s’est élevé car, pour la première fois dans l’histoire de ce quartier, les eaux ont envahi bien des demeures qui n’ont jamais connu un telphénomène par le passé.

On n’a pas besoin d’être un expert pour comprendre qu’en réalisant l’asphaltage, le coulage ou le dallage des rues, sans le moindre réseau d’assainissement connexe, on ne peut que provoquer des inondations artificielles et d’horribles ravinements,du fait de la réduction considérable des surfaces d’absorption des eaux de pluie.

Or, si cela se trouve, un tel état de fait qui n’a pas fini de plonger les populations dans l’angoisse et la crainte du prochain hivernage, jure avec les objectifs et les composantes du projet PROMOVILLES tels que déclinés avec pompe et fatuité, par delà son cahier de charges officiel, à travers des dépliants publicitaires superflus, confectionnés à coup de millions avec nos pauvres deniers.

On est tenté de se demander si les décideurs de PROMOVILLESont bien appréhendé les exigences de la mission qui est la leur. Comment en effet comprendre qu’ils puissent se complaire dans l’air conditionné de leurs bureaux ou de leurs grosses cylindrées,supputant sur d’éventuelles rétrocommissions, cependant qu’il s’agit de descendre fréquemment sur le terrain avec exaltation et enthousiasme, comme le font tous ceux qui, éclairés et travailleurs, sont imbus d’un estimable sentiment patriotique.

Au regard de tous les dégâts qu’ils ont provoqués et dans une république digne de ce nom, ils devraient avoir la dignité de rendre le tablier ou de rejoindre le banc de touche, en attendant de s’instruire auprès de ceux qui, parce qu’ils auront été dûment choisis, auront l’heur d’exécuter autrement le projet, sans détruire des pans entiers de quartiers qui en sont, aujourd’hui, à préférerleurs rues sablonneuses à ces routes de tous les malheurs.

Non, PROMOVILLES n’a nullement changé le visage de Thiès ! Il l’a plutôt martyri.

Lon se demande, dès lors, à qui s’adresse l’article élogieux fait au sujet de cette structure et qui l’a commandité. Son seul mérite aura été de remonter entièrement la gamme modèle du mensonge et de la tromperie.

Quand des populations affectées par l’incurie de PROMOVILLESet laissées sur le carreau, se rongent les sangs, tout en prenant leur mal en patience, alors qu’elles auraient pu, en toute légitimité, se faire entendre de manière plus bruyante, la décence commande aux responsables de la forfaiture promovillienne de se taire et de raser les murs.

Mais voilà que dans le même esprit pervers prévalant depuis toujours chez cette race de politiciens impénitents qui du mensonge ont fait leur crédo, on veut nous présenter les œuvres de PROMOVILLES sous les apparences d’une réussite de bon aloi, alors qu’un examen sommaire des méfaits de ce projet dans la cité du rail, révèle de bien pendables incuries et des conséquences si négatives que les populations auxquelles il est destiné auraient mieux préféré la configuration antérieure de leur ville.

Heureusement qu’en l’occurrence le mensonge ne saurait prospérer car il est d’honnêtes citoyens pour rétablir la vérité des faits.

Au demeurant, il ne s’agit point pour nous de présenter de manière gratuitement dépréciative un projet sans doute fort utile dans son esprit, mais de refuser l’ensevelissement de toutes ses conséquences négatives sous une rhétorique d’autosatisfaction dont la sombre ambition chez ses auteurs est d’effacer leurs responsabilités dans cette affaire et probablement de continuer,impunément, à bâfrer sans merci à ce banquet de deniers publics.

Non, c’est archi-faux, PROMOVILLES n’a pas changé le visage de Thiès. Il l’a enlaidi, en toute vérité, en bien des endroits. Et comme nous l’avions fait avec les inondations, nous allons le démontrer dans les jours à venir en vous présentant les balafres du Promovilles laissés sur la face de certains de nos quartiers.

Pour des raisons similaires, force-nous est de jeter un coup d’œil sur le PLAN ORSEC lancé il n’y a guère dans la cité du rail. Tout porte à croire que ses exécutants s’en sont servi comme d’un dessert, puisque les sommes considérables qui lui sont dévolues ont été probablement dépensées avec une coupable parcimonie,entrainant partout où il a été déployé des travaux de remblai faits à la va-vite, s’ils ne sont pas, pour la plupart, inappropriés ou inachevés.

En effet, nombre de rues défoncées sur presque toute leur largeur et dont le remblaiement était prévu par ledit plan sont à ce jourlaissés en l’état, pour des motifs que nul ne sait. Les crédits consacrés à ce plan se sont-ils révélés insuffisants ou y a- t-il eu des magouilles comme d’habitude ?

Pour qu’on en sache, un audit du plan ORSEC doit être fait, qui pourrait révéler des complicités insoupçonnables et des ententes coupables entre autorités et entreprises soumissionnaires.

Un pays digne de ce nom peut-il continuer à fonctionner de cette manière ? Allons-nous continuer, chaque fois que des crédits sont alloués à une action d’intérêt public, à voir le raid de cruels vautours qui n’ont cure du sort endémiquementsastreux des populations et qui n’en ont que pour leur « compte » ?

Voilà donc notre pays, voilà le Sénégal, une république truffée de scandales, sous le manteau d’une cynique et odieuse impunité

Birame Soulèye DIOP

Administrateur général de PASTEF

Coordinateur Départemental de THIES

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