Sur la gestion du Coronavirus au Sénégal (Par Salif Diallo)

Bonjour à Tous, parents, amis et frères Sénégalais, nous sommes aujourd’hui le 28 avril 2020 à Dakar. J’aimerais vous faire parvenir quelques réflexions concernant la gestion de la crise du Coronavirus. Il ne s’agira pas cette fois de rappeler les règles de prévention ou d’insister encore et encore sur la gravité de la crise. Tout le monde ne fait que ça de l’aube au coucher du soleil, et ceci depuis bientôt deux mois.

J’aimerais plutôt appeler à une réflexion commune sur la gestion que j’estime catastrophique de cette maladie par la presse, par nos dirigeants, nos médecins et tradipraticiens et enfin par nous-même, la population.

La propagation

En premier lieu, revenons sur le rituel matinal d’annonce des cas d’infection, de guérisons et de décès liés au coronavirus : Quel crédit apporter aux cas de contamination annoncés, et de la même manière à l’ensemble des chiffres annoncés ?

Correspondent-elles à une quelconque réalité pratique ?

Considérons le nombre de contaminés :

Nous sommes environ 15 millions d’habitants en 2018, et les différents services sanitaires impliqués (Institut Pasteur et autres) on fait moins de 12000 tests depuis le début de la crise. C’est-à-dire moins d’une personne testée sur mille. Si nous avons environ 1 000 cas de contamination avérées sur l’ensemble des 12000 testés, doit-on conclure que nous avons au total mille cas au Sénégal ou alors dire que 8 personnes testées sur 100 sont positives, correspondant à 8% de la population soit 1250000 cas ? Ou alors un chiffre intermédiaire corrigé ?

Un statisticien pourrait-il nous aider à répondre ?

Pour le nombre de personnes guéris :

« La majorité des personnes atteintes de la COVID-19 ne ressentiront que des symptômes bénins ou modérés et guériront sans traitement particulier. » selon toute la communauté scientifique mondiale. Alors combien d’entre nous l’ont déjà attrapé et en sont guéris sans prise en charge médicale et décompte à la télé le matin ? Combien d’entre nous ont ressentis un début de grippe, ou de palu, ou de rhume et s’est soigné à sa manière (tisanes traditionnelles comme le Nger, le bantemaré, ou juste de la vitamine C, etc.) ? Combien parmi nous étaient atteints du Covid ? Sûrement pas le chiffre annoncé !



Analysons ensuite le scénario de prise en charge retenu pas nos dirigeants :

A l’apparition des signes, tu restes chez toi et on vient te chercher en combinaison blanche avec attroupement des voisins qui filment pour mettre rapidement sur WhatsApp. Pour tout le quartier c’est toi qui a amené le virus chez eux. On met tes proches en quarantaine et beaucoup d’entre nous ont vus des policiers faire souder des portes métalliques de maison pour emprisonner les occupants à l’intérieur.

De quoi hésiter avant d’appeler n’est-ce pas ? Franchement ?

Quel est alors le taux de prise en charge réelle de cette maladie par les structures sanitaires officielles ? Est-ce significatif par rapport à la population ?

Considérons-le nombre de morts :

Prenons notre grand père : 80 ans, souffrant d’hypertension entre autres maladies liées à son âge et à qui on fait subir, en plus, le traitement suivant :

  • Un mois de réclusion accompagnée de terreur mortelle à travers une télé dédiée exclusivement à une menace invisible qui a déjà fait des milliers de victimes à travers le monde, les personnes âgées de préférence.
  • Ensuite, le couperet tombe : On lui annonce son infection par la maladie tant redoutée. On vient le chercher dans les conditions que nous connaissons, puis l’isolement sans possibilité de réconfort de sa famille, avec promesse qu’en cas de décès, pas de récital de coran, ni même d’enterrement convenable !

Pourrait-on imputer le décès éventuel de cette personne âgée uniquement au virus ? Quid de son âge, de ses problèmes cardiaques, de la terreur extrême entretenue par l’état et la presse depuis tout ce temps. Qui a réellement tué mon Papi ?

Quel est l’influence de l’état mental d’une personne, de l’assistance de ses proches, des encouragements des médecins, à l’éloignement du stress etc. sur ses chances de guérison ?

Un docteur ou un psychologue pourrait-il nous aider à répondre ?

Demandons-nous :

Pourquoi sommes-nous bien moins touchés que des pays développés comme la France ou les USA ? On parle de la moyenne d’âge de notre population, du climat, de notre important passif avec le paludisme qui nous a peut-être rendu plus résistant à ce virus, en tout état de cause c’est un fait ! Sans masque ni respirateur, nous avons mille fois moins de morts que des pays avec des structures de santé modernes du 21èmesiècle.

Si c’était l’inverse comme pour la malaria, le choléra, l’Ebola, ou les africains mourraient en masse sans affecter les populations des pays développés, quelles mesures seraient prises par ces occidentaux ? Qu’avaient-ils fait à l’époque ?

Pourquoi nos dirigeants veulent absolument gérer cette crise de la même manière que ces pays alors que visiblement, admettons-le, nous ne sommes pas dans la même situation ?

Pourra-ton dire un jour qu’aucun virus ne circule plus dans le pays ? A défaut sur quel critère allons-nous lever l’état d’urgence ? Rappelons que plus nous testons, plus nous aurons de cas et à l’exemple la Mauritanie a annoncé sa dernière nouvelle contamination le 30 mars dernier. Qu’en conclure ?

Le traitement

Dès le début de cette maladie, l’état a pris les décisions qui s’imposait (fermeture des frontières, fermetures des établissements scolaires, couvre-feu, etc.) et la population a adhéré et a massivement suivi les directives de nos dirigeants. Heureusement, à peine quelques jours après ces directives un traitement efficace, disponible et à bon marché a été vulgarisé par le fameux Professeur Raoult. Ce traitement vient s’ajouter aux anciennes méthodes utilisées c’est-à-dire le traitement dit symptomatique, les dons de sang des guéris, sans parler de notre pharmacopée traditionnelle rendue taboue…

Soulagement donc des personnes informées comme moi avec espoir d’entrevoir la fin très prochaine de la crise.

Quelle erreur !

L’état a tout d’abords réquisitionné tous les stocks d’hydroxy-chloroquine pour des raisons plus scandaleuses les unes que les autres :

  • Réserver ce médicament aux structures sanitaires qui gèrent la maladie pour éviter une pénurie, notre gouvernement s’estime donc incapable de trouver le médicament le plus courant qu’on puisse avoir, utilisé depuis des décennies à travers le monde. Pas très rassurant !
  • Eviter l’automédication, en respectant la mention « Tenir hors de portée des enfants ». L’état considère donc le sénégalais comme un enfant ignorant et incapable de discernement, prêt à avaler des comprimés à tort et à travers, merci !
  • Pire, laisser certains docteurs semer le doute quant à l’efficacité du traitement. Là on bascule vers les théories du complot avec BIG PHARMA qui décourage l’emploi de ce médicament au profit d’un nouveau beaucoup plus cher à venir, voir même d’un vaccin miracle. Plausible !
  • Enfin, après un tel traitement catastrophiste, quel tradipraticien oserait proposer un traitement naturel comme ceux qui nous ont soigné depuis toujours ? Quel est la télé qui va oser lui donner l’antenne ? Aucune !

A la place donc des containers de plaques d’hydroxy-chloroquine tant espérées, notre cher président nous a gratifié d’une promenade à coté de montagnes de sacs de riz.

Sommes-nous en crise alimentaire ou en crise sanitaire ?

Voulons-nous inonder nos pharmacies, nos hôpitaux et poste de santé de médicament contre ce virus ou rester cloîtrés chez nous avec une calebasse de riz gracieusement offerte par Macky Sall ?

Quel crédit apporter à ces mesures de maintien de la psychose, à ces décisions commerciales d’octroi de marché de distribution de riz, de surenchère, d’exagérations et de promesses de mort ?

A quoi ça sert ?

Un fin politicien comme Son Excellence a sûrement la réponse.

C’était quoi déjà, la fameuse maxime de Charles Maurice, prince de Talleyrand-Périgord ?

Bien agiter le peuple avant de s’en servir !

La vaccination

Nous allons d’abords poser « la question » puis essayer d’en comprendre le sens : « Une maladie non immunisante peut-elle faire l’objet d’un vaccin ? ».

En français facile : A quoi ça sert de se vacciner aujourd’hui pour une maladie si ce vaccin n’empêche pas qu’on attrape cette maladie l’année prochaine ?

Au fait, quel est l’efficacité des vaccins existant contre les maladies similaires comme la grippe ? (spoiler : moins de 50%)

Alors, quel serait l’intérêt d’un vaccin efficace à moins de 50 % sur une maladie qui se guérit toute seule dans 80% des cas ?

Un virologue peut-il nous aider à répondre ?

Et en profiter pour nous expliquer cette notion d’immunité collective chère aux pays scandinaves ?

Pour finir …

Je vais en rester là pour cette première note sur le Coronavirus. J’espère que certains spécialistes interpellés sur cette note m’enverrons des réponses que je pourrais partager pour nous éclairer tous. Nous en reparlerons la prochaine fois et en profiterons pour poser d’autres questions :

  • Ou en est notre pharmacopée (Artemesia, bantemaré), ou sont nos excellents tradipraticiens ?
  • Que faire face aux nombreuses dérives policières lors du couvre-feu ?
  • Enfin quels avantages tirer au sortir de cette crise (consommer vraiment sénégalais) ?
  • Quel temps d’antenne consacrer aux étudiants chercheurs et autres inventeurs Sénégalais par rapports aux très bons danseurs de « Dakar ne dort pas » ?

Merci d’être arrivés au bout de cette lecture et veuillez partager au plus grand nombre svp.

Salif Diallo
Citoyen Sénégalais


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