vendredi 21 juin 2024
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Sénégal à quand le sérieux ? De Diouf à Sall les accidents se suivent, se poursuivent et se ressemblent.

Cupidité, mal bien Sénégalais, le président Abdoulaye Wade nous le rappelait lors de la tragédie du bateau le JOOLA.
Bien avant cette tragédie du bateau le JOOLA, le 24 mars 1992 déjà, le Sénégal vivait un accident terrible, aux conséquences dramatiques qui révélait ce mal sénégalais dont ses autorités en souffrent davantage que le peuple lui-même .

Abdou Diouf était au pouvoir, une citerne d’ammoniac de la SONACOS avait explosé lors du transvasement de ce produit chimique du véhicule le transportant à la cuve de la SONACOS.
Bilan après un suivi d’un mois : 129morts et 1150 blessés.
Comment est-ce possible ? Manipuler un produit neurotoxique d’une létalité extrême sans prendre les mesures de sécurité adéquates ?
Oui, c’est possible au Sénégal, pays du  »ndeysaan Yàlla moko doggal ».

Le danger plane encore et dans beaucoup de villes au Sénégal où il y a des installations industrielles.
Cupidité quand tu nous tiens.
Toujours à la recherche du profit, aucun investissement sur la sécurité.
Si le profit n’est pas pécuniaire, il est politique.
Le train express régional (TER), a englouti, pour certains, plus de mille milliards de nos francs. Des individus ont pourtant réussi à couper des câbles du TER pour en extraire le cuivre parcequ’aucun investissement n’a été consacré à la sécurité.
Le 26 septembre 2002, le bateau le JOOLA coulait!!!
Bilan officiel 1863 morts et portés disparus. Abdoulaye Wade était au pouvoir, les populations dans le sud du Sénégal se plaignant vigoureusement de l’enclavement de leur région, devaient être satisfaites. Ainsi, L’ÉTAT prend la terrible responsabilité de plonger dans les eaux un bateau avec un seul moteur à la place de deux avec une surcharge de bagages et de personnes qui dépasse l’entendement.
Pouvait-on espérer voir le bateau arrivé à bon port ????
La réponse est non.
Les passagers ont été certes cupides de prendre le bateau avec cette surcharge « industrielle » mais avaient – ils l’information que le bateau était handicapé, marchand d’un seul pied, d’un moteur au lieu de deux ?

Cupidité, rimerait-elle avec autorité au sénégal?

Un puits de gaz a pris feu dans le NGADIAGA, localité proche de Mboro. Beaucoup d’argent a été dépensé pour l’éteindre, beaucoup d’argent brulé par les flammes. L’expertise nationale négligée au profit de la compétence américaine qui va échouer face à la furie des flammes. Finalement, ce sont les experts sénégalais qui avaient été négligés qui vont réussir à éteindre le feu là où le gris gris américain a échoué. La recette: le sel, une de nos ressources naturelles qui ne brûle jamais.

Aujourd’hui 8 janvier 2023, tel un rappel qui nous demande de sortir de notre cupidité, le réveil est brutal, la nouvelle cruelle !!!
Un accident d’une violence inouïe vient de se commettre, faisant près de 40 morts et 100 blessés .
Deux bus de transport de voyageurs se sont frontalement heurtés. Je vous épargne la scène, elle est insoutenable.
Selon les premiers éléments de l’enquête, un des véhicules aurait crevé un pneu et roulant à vive allure, est allé heurter l’autre bus venant en sens inverse. Les faits se sont déroulés aux environs de 3 heures du matin dans la localité de sikilo. Les populations, premières sur les lieux, n’étaient pas outillées pour apporter les secours nécessaires. Les secouristes professionnels, les sapeurs pompiers, ont accusés beaucoup de retard et eux aussi, étaient mal équipés pour prendre en charge les blessés.
L’autorité suprême, le président de la République se déplace sur les lieux où il trouvera d’autres membres du gouvernement. Une fois sur place, il présente ses condoléances à la nation, montre son émotion, décrète 3 jours de deuil, annonce un conseil interministériel, toutefois il n’oublie pas de se glorifier de l’hôpital Ibrahima Seydou Ndaw de kaffrine qu’il a fait sortir de terre.

Cupidité quand tu nous tiens !!! Quand les raisons ne sont pas pécuniaires, elles sont politiques !!!

Le président oublie de dire qu’il a suffit d’un seul accident pour observer une rupture dans les banques de sang de Kaffrine et de Kaolack .

Déjà des mesures annoncées, déjà des cibles identifiées et comme toujours l’ÉTAT premier responsable est toujours épargné.
Sur tous les plateaux de télévision, des éditions spéciales . Les acteurs du secteur des transports sont invités à s’expliquer ou à se justifier, allant des chauffeurs aux transporteurs en passant par les syndicalistes, les assureurs, les responsables de gares routières, sans oublier les responsables du fonds de garantie. Bref, seul l’ÉTAT et ses démembrement y échappent, eux qui en réalité, devraient être les seuls à être indexer.
J’accuse l’ÉTAT, j’accuse le système qui n’est jamais remis en cause. Notre système de transport est le même de Senghor à nos jours. Aucune réforme, peu d’améliorations, quand il y a n’en et elles portent toujours sur les infrastructures ( routes et gares) mais jamais sur le système.

J’accuse l’ÉTAT et je lui en veux quand il me parle de véhicule de transport de voyageurs alors que ces véhicules sont des transports de voyageurs et de marchandises à la fois. Dans les bus, les personnes se disputent les places avec les bagages. Les chauffeurs ont leurs laisser-passer communément appelés reçu. En d’autres termes, l’ÉTAT autorise à commettre l’infraction à condition d’en payer le prix.

J’accuse l’ÉTAT et je lui en veux de ne pas décharger le surplus de poids constaté dans les contrôles à essieu, cupide, il préfère récupérer simplement la taxe alors qu’il sait que le surplus de poids répété, joue sur la durée de vie du goudron et expose le véhicule à un amortissement rapide et le chauffeur à un risque d’accident.

J’accuse l’ÉTAT et je lui en veux de ne pas installer de poste contrôle dans toutes les gares routières du Sénégal. Il s’agira d’un poste de contrôle de proximité où le chauffeur montrera « pattes blanches » avant même d’embarquer les clients. Tous les papiers nécessaires lui seront exigés et une inspection sera effectuée sur le véhicule pour voir l’état des pneus, s’il dispose d’un extincteur, si les lumières sont en état, si le véhicule dispose d’une roue de secours etc.

J’accuse l’ÉTAT et je lui en veux de ne pas limiter la vitesse de tout véhicule de transport à un kilométrage/heure raisonnable.

J’accuse le président Ousmane Sonko de ne pas renouveler son appel au don de sang car c’est à lui que le peuple a désormais investi sa confiance .
Oui, félicitations au président Macky Sall pour avoir décrété trois jours de deuil national. Je considère que par ce décret, il fait son mea culpa pour avoir refuser ce même décret à nos 480 morts dans les eaux et qui ont été célébrés dans les réseaux sociaux .
J’accuse l’ÉTAT et je lui en veux de ne pas enseigner les malheurs qui nous arrivent dans nos écoles afin de susciter un changement de comportement.

En attendant continuons les parlottes, retournons à nos habitudes, nos surcharges et à notre fatalité. Oublions tout dans une semaine comme ça l’a été sous Diouf et sous Wade.

Oui, il est possible chez nous Sénégalais, de semer du piment et espérer récolter de douces et délicieuses pommes.

Prières pour nos morts. Clémence du seigneur. Amen

Ci xalima gi
Sooya Ibnou Koudjina

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