Réponse à El Hadj Hamidou Kassé théoricien du facho-populisme

Depuis peu nous assistons à une sorte de contre-offensive intellectuelle et politique du camp du pouvoir, relayée en boucle par des journaux et des plateformes numériques. L’élément nodal de cette communication est défini et conceptualisé par son théoricien en chef le ministre conseiller El Hadj Hamidou Samba Kassé.

Dans une interview donnée à Sud Quotidien intitulée “ El hadj Kassé sort du bois » nous avons lu des contrevérités dont il nous semble urgent de faire éclater les contrevérités et les paralogismes. Titre ne pouvait être plus pertinent, oui il sortait du bois en vrai, après s’être fait oublier dans sa cachette, pour peut être sauver sa peau à l’image des benno bok yakaaristes tous en hibernation. Assurément El Hadj Kassé s’était terré, présentement il a retrouvé de la voix à l’image de la cohorte de propagandistes, théoriciens et agitateurs de la satrapie qui avaient déserté les salles de rédaction et les talk shows.

Supporter la lecture jusqu’au bout de l’interview de El hadj Kassé est une épreuve, tant les contrevérités, mystifications, falsifications le discutent à la désinformation. Rien que du sinistre reniement, prétextant analyser la situation politique actuelle sur fond d’une rhétorique accusatrice fondée sur des sophismes terminologiques ne correspondant à aucune réalité envisagée.

Il parle de « bande à quatre » de « facho-populistes », avec une résonance discursive adossée à un léninisme et maoïsme hors saison pour balayer d’un revers de mots-clés toute cette énergie populaire subversive qui avait irrigué la situation révolutionnaire de février-mars. Il parle de noyau groupusculaire de quatre énergumènes disciples de l’incendiaire Néron qui avait réussi à manipuler toute cette foule en colère.





Cette interview pleine d’arrogance insensée à la place d’un discours apaisant met en exergue toute l’excitation revancharde constatée chez les tenants du pouvoir au lendemain de l’appel au calme .El Hadj Kassé se proclame théoricien de la répression utile des opposants politiques inflexibles et déterminés à contester jusqu’à dégagement total du régime garant d’un système politique rétrograde et kleptocrate, par l’instrumentalisation des forces de défenses et de sécurité, le vote de lois liberticides et démocraticides. Lorsque des complots sont systématiquement inventés pour liquider honteusement des opposants, il faut pointer du doigt El Hadj Kassé et ses supplétifs idéologues. Et son apologie du projet de loi modifiant le code pénal orienté exclusivement vers la mise à mort des libertés d’association, d’expression, de manifestation et de contestation politique et faisant de tous les sénégalais de potentiels terroristes en est une preuve. Une honteuse et violente apologie de la dictature. Le corset du terrorisme ou cette camisole de force, telle une tunique de Médée, est la justification préparatoire à la probable liquidation d’adversaires politiques, syndicaux ou de citoyens libres.

Par quelle magie juridique est-on arrivé à faire des sénégalais un peuple à propension collectivement suicidaire ? Ce n’est pas acceptable de lui, El Hadj Kassé, qui après avoir noyé ses généreuses convictions d’homme de gauche aguerri dans la lutte politique et syndicale, qu’il se retrouve dans un militantisme gastrique, qui au passage cautionne l’instrumentalisation fratricide des ethnies, de la religion et des régions tentée par Malik Sall et Madiambal Diagne au lendemain du coup K.O des évènements de Mars. Votre tranchant intellectuel pour qui les concepts et les notions n’ont ni mystère ni ambigüité est présentement dilué dans un servilisme politique ahurissant. Sous ce rapport, vous êtes devenu la figure du contrebandier intellectuel et du flibustier de la démagogie politique.

Pourquoi traiter de facho-populistes des opposants qui s’opposent dignement à l’ordre régnant ? Opposants que vous avez cherché à anéantir en vain, en les embastillant à tour de bras, en les radiant de la fonction publique, en complotant, en réprimant violemment. Au contraire, c’est El Hadj Kassé, lecteur assidu de Lénine et certainement de J. Dougatchvili Staline qui a refilé au prince Sall Ngari cet état d’esprit intransigeant et répressif connu de la Guépéou (police politique des bolcheviks). De léniniste éclairé il est passé à, maoïste confusionniste, d’où la nostalgique évocation de la « bande des quatre », renvoyant ainsi aux révisionnistes chinois qui ont théorisé le capitalisme d’état éclairé sur fond de purges et de diabolisation des maoïstes orthodoxes.

Cher Hamidou, cette ambiance crépusculaire dans laquelle s’était trouvé le Sénégal était une action née de la volonté d’un peuple, même si l’arrestation arbitraire de Sonko en a été le déclencheur. Par contre, nous avions naïvement pensé que vous porterez l’habit du fou du roi, et que vous sonneriez sur la cloche de rappel comme vous l’aviez fait à TV 5 sur l’affaire Petrotim et qui vous a coûté votre disgrâce. Nous pensions que la vérité à Macky Sall serait dite par vous Au lieu de tout cela vous accusez l’opposition de vos tares, les méthodes brutales et facho-populistes ne sont que le fruit de votre imagination.

Aviez-vous oublié que l’âme du peuple sénégalais est critique et révolutionnaire dans son ADN ? C’est ce peuple qui a inspiré Senghor l’intuition géniale de sa démission un soir de décembre 1980, car les luttes politiques de l’époque avaient entamé son pouvoir de manière inexorable, c’est aussi ce même peuple qui a envoyé Diouf à la francophonie et installé Wade par le biais d’une alternance mémorable. Et c’est ce même peuple qui a envoyé Wade à Versailles et élu Macky Sall en 2012.

Donc Hamidou au lieu de tirer sur une imaginaire  » bande des quatre » dites à votre patron, notre président à nous tous, de ne pas plonger la république dans un quot capita tot sensus tragique, juste pour une loi taillée sur mesure par un chef de parti pour neutraliser des concurrents chefs de partis politiques comme lui.

Hamidou dites-lui vous écouter lui dire qu’on ne peut imposer une loi aussi liberticide sans concertation patriotique, sans dialogue, sans écoute juste pour neutraliser des individualités politiques en faction sur le chemin d’une impossible troisième candidature.

Dites-lui d’arrêter de faire mousser les démons de la violence pour que la paix notre richesse la mieux partagée demeure.

ALIOUNE SECK




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Un commentaire

  1. Il y a trop de mots compliqués. Si c’est pour le sénégalais lambda, veuillez simplifier. Merci de votre compréhension.

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