Recensement de la Diaspora, prise de conscience ou aveu étatique? (Par Fodé Mané)

 

Après l’ annonce de la belle initiative qui va dans le sens de recenser les Sénégalais de l’ extérieur, il semble maintenant acté et avoué que l’ Etat du Sénégal ne dispose pas de données fiables par rapport à sa diaspora. Vraiment?

Et pourtant, depuis que Suñugal est Sénégal, nos dirigeants ont toujours signé, pris des décisions concernant cette même diaspora. Les plus récentes sont celles liées à la pandémie du Covid19: refus de rapatriement des corps, somme 12,5 milliards cfa allouée à la diaspora et par ailleurs, signatures d’ accords bilatéraux, etc.
Alors, quelques questions s’ imposent:
Comment un Etat ne disposant pas de données peut- il prendre des décisions correctes? Sur quelle base scientifique? Pour quelle finalité concrète? Bonjour pilotage à vue!

Cependant, il est évident qu’ un Etat qui ne maîtrise pas ses statistiques, même pas son Etat civil, ne peut entreprendre rien de bon ou presque. C’ est un Etat qui joue à la lotterie, un Etat criminel et irresponsable car de la disponibilité et fiabilité de ces informations dépend sa vie en tant que nation. Il s’ agit là d’ une question de souveraineté. La prise de décsion étant le quotidien de tout Etat, aucun tâtonnement ne peut être admis.
De nos jours, l’ importance des statistiques fiables et disponibles n’ est plus à démontrer. De ces données dépendent, en partie, les réussites ou échecs de tout programme qui se veut sérieux et ambitieux quelqu’en soit le domaine ou le secteur. Pour les pays comme les nôtres, caractérisés par nos faibles moyens et où tout est priorité,
avoir les informations fiables, accessibles et complètes à temps réel aiderait les décideurs à faire le bon choix à l’ heure de l’arbitrage.

Heureusement, il n’ est jamais trop tard pour bien faire.

Dans le cas d’ espèce, outre la localisation et une cartographie de la Diaspora Sénégalaise, il faut aussi des données socio-économiques, et des informations prècises sur les situations administratives. Une telle approche faciliterait non seulement les processus décisionnels, mais aussi et surtout constituerait une base de donnée relationnelle, professionnelle et aussi en terme d’ expertise. Bref, l’ Etat doit connaître sa diaspora.

Pour ce faire, au-delà d’un simple recensement, il faut des études appronfondies, certaines déjà disponibles, élaborer une vraie politique migratoire, offrir des services adaptés aux besoins des Sénégalais de l’ extérieur, les écouter et impliquer davantage, et enfin créer les conditions idoines pour permettre à la diaspora de contribuer plus efficacement au développement du Sénégal. Réussie, cette initiative sera bénéfique pour tous.
Encore, faudrait- il avoir la ferme volonté de changer vraiment la donne, surtout du côté du politique.
Il est temps -Jotna- et ce travail incombe à tous. Tournant historique ou effet d’ annonce, demain nous le dira.
En tout cas, nous, FatouFatou et ModouModou, sommes prêts.

Vivement une réelle prise de conscience collective!

 

Fodé MANE ( FM -LeNiominko)
Citoyen Sénégalais basé en Espagne
L’ essentiel, c’ est l’ humain!
fomane10@gmail.com

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