Noir comme pétrole, volatile comme le gaz (Par Ansou Sambou)

Au lendemain de l’échec inavoué mais visible de ce qui était convenu d’appeler « la seconde alternance » démocratique du Sénégal, le régime Benno jongle sur plusieurs scandales, les unes plus rocambolesques que les autres avec, à chaque fois, un responsable haut placé du parti APR (parti politique du président).

Le cas du contrat entre Petrotim et Aliou Sall (pour ne pas dire le Sénégal) a remporté la palme d’or par son ampleur financière (6000 milliards de FCFA évoqués), sa dimension sociopolitique (famille du président) et criminelle (violation de lois, règlements, codes). Eh oui! Criminelle de par les sommes évoquées et par les contours par lesquels se sont faites les opérations financières.

De la création de sociétés fictives au choix de leurs administrateurs et de leurs sièges sociaux ainsi que leur déclarant responsable, les méthodes criminelles mafieuses ont révélé une gigantesque entreprise de corruption et de spoliation de nos ressources pétrolières et gazières. Une gestion qui noircit comme le pétrole lui-même et qui dénote d’une nébulosité sans appel.

D’abord ils (gouvernants) refusent de publier les contrats et prétextant le respect de la confidentialité, elle-même contraire et contradictoire aux lois sur la transparence et la bonne gouvernance mais aussi à la nouvelle constitution.

Ensuite ils publieront quelques contrats dont celui de Petrotim qui aujourd’hui, retient toute notre attention. Ils iront jusqu’à en interdire tout commentaire ou accusation jugée fallacieuse au risque d’être interpellé par la justice ou le procureur.

Enfin, il finiront par lancer un appel à témoin ou informateur sur l’affaire Petrotim devenue Affaire Aliou_Timis_Sall juste après la diffusion d’un reportage issu de l’enquête minutieuse de la prestigieuse chaine britannique BBC.

Le ridicule ne tuant pas chez nous au Sénégal, on passa d’une « affaire privée ou personnelle » à « affaire gouvernementale » ou encore « affaire de déstabilisation d’un État ». Ainsi, les accusations fusèrent de partout: tantôt c’est des entreprises comme tulow oïl non servie, qui serait derrière une telle manipulation, tantôt c’est un complot Opposition-BBC pour déstabiliser le régime Benno, tantôt c’est un acharnement contre Aliou Sall et Macky, tantôt c’est des personnes qui ont vendu la mèche en mettant à la place publique des documents classés confidentiels. Tantôt…, Tantôt… Bref, une longue liste de suppositions et superstitions de mauvaise foi manifeste qui dénote plus d’une tentative d’échapper et se dérober qu’une envie de laver son honneur.

D’ailleurs, on sait comment laver son honneur; ce n’est pas avec les média mais au tribunal, se livrer à la justice en levant le voile sur toutes les zones d’ombre. Au lieu de ça, ce sont des contre-feux allumés à gauche et à droite pour renverser la vapeur.
Dans ce cas précis, la stratégie du « laisser pourrir  » ou du « pompier pyromane » n’a pas marché.. Et donc une grande machine à gaz qui consiste à pulvériser des mensonges au peuple qui s’est installée et en créant de multiples fronts de défense médiatique, le régime Benno s’est fourré dans un tourbillon de mensonges non coordonnés et désarticulés qui alimentent d’avantage le doute des indécis et la certitude des accusateurs qui viendront enrichir les rangs de la plateforme « AAR LINIUBOKK » réunissant les indignés qui ont décidé de manifester pour exiger la lumière sur ses sessions frauduleuses de nos licences d’exploitation du pétrole et du gaz.

Loin des soupçons et accusations vides de sens et pauvres en preuves, les citoyens ont décidé de passer à la DIC (division d’investigation criminelle), comme le recommande le procureur, tout en manifestant pour renforcer la pression sur la justice et les concernés directs : Macky Sall, Aliou Sall, Ali Nguouille Ndiaye, Amadou Bâ, Abdoulaye Timbo, tous cités dans cette affaire qui a explosé le débat politique et public au Sénégal mais aussi à l’étranger.

Pour finalement s’en sortir, après les échecs répétés de la guerre de communication médiatique, ils (gouvernants) se cachent derrière la répression et l’administration préfectorale qu’ils prennent comme boucliers anti manifestants. Il suffit de voir les justificatifs avancés pour se rendre compte du malaise profond qui les habite.

Le premier rassemblement citoyen du vendredi 14 a été émaillé de violences policières et de barricades sur les lieux devant accueillir le rassemblement populaire.

Ce vendredi 21 fait suite au premier et rentre désormais dans une série de rassemblements citoyens réguliers que compte maintenir la plateforme « AAR LiNIUBOKK » jusqu’à la manifestation de la vérité sur l’affaire  » Aliou Sall ».

De l’extérieur comme de l’intérieur, la communication gouvernementale désormais plombée, laisse planer encore le doute sur la probité morale de Macky et alliés déjà réfutée par des milliers de sénégalais depuis quelques années.

La seule voie par laquelle le Sénégal sera gagnant est celle de la manifestation de la vérité sans complaisance aucune.

Ansou SAMBOU, dans sa chronique LES_VENDREDIS_DU_PÉTROLE

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