Macky Sall en 2018 : « Le moment est venu de renégocier les contrats portant sur les ressources naturelles »

En juin 2018, à l’occasion de l’ouverture de la 3e Assemblée générale de l’Association des autorités anti-corruption d’Afrique (AAACA) à Dakar, Macky Sall disait ceci : « Le moment est venu de renégocier les contrats portant sur les ressources naturelles en Afrique… On vous dira que l’obstacle c’est la stabilité juridique des contrats. Mais si nous ne nous arrêtons pas à un moment donné, l’Afrique continuera à voir ses ressources naturelles partir. Et nous n’aurons plus que le trou béant abandonné après l’exploitation de nos mines, de nos carrières, de notre pétrole et de notre gaz. (…). Donc, il faut des renégociations pour toutes ces conventions. C’est un grand combat. Il faut aussi que l’Afrique harmonise ses législations ».

Mamadou Fall Kane, le Secrétaire permanent adjoint du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos-petrogaz), invité du Jury du dimanche (JDD) de Mamoudou Ibra Kane ce 7 juillet, déclarait « Il n’est pas envisageable, il n’y aura pas de renégociation de quoi que ce soit… Quand on connait la pratique dans l’industrie pétrolière, cela relève de la méconnaissance du fonctionnement du secteur, argumente-t-il. Parce qu’il y a la protection juridique des investissements. Les contrats ont été bien signés. Ils sont en ligne. »

Il met donc au défi les contestataires de « Aar Li nu Bokk » en disant : « C’est très simple, quiconque avance que les contrats n’ont pas été bien négociés peut sortir les contrats, dire combien l’Etat du Sénégal gagne, dire combien BP gagne ou quelque autre contractant, et avancer ses arguments. Je vous dis que dans le partage de la rente pétrolière, vous qui prenez tous les risques d’exploration, vous qui avez la maitrise technologique, vous savez depuis les années 50 à maintenant, il y a eu 171 puits forés au Sénégal. Les 160 se sont soldés par un échec. Donc, il n’y a eu que 11 puits qui ont abouti à des succès. Vous avez une probabilité de 10 à 11% de succès dans le bassin minier sénégalais. Ces compagnies, nous avons besoin d’elles parce qu’elles prennent le risque d’exploration. Ce risque est rémunéré à sa juste valeur. Et dans cet accord de partage, le Sénégal est de loin majoritaire sur les contrats. Donc, je ne sais pas sur quelle base, demain, dans le futur, quelqu’un pourrait venir pour dire que je renégocie. » Catégorique, il soutient qu’une renégociation est « impossible parce que cela n’obéit pas à une logique économique ni juridique. »

La parole aux expert… du « Wakh Wakhet » et de la Communication Présidentielle

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