L’hybridation politico-médiatique de Yakham Mbaye : une fêlure de l’indépendance de la presse

Le CORED et le Synpics devraient dénoncer avec véhémence le cas de Yakham Mbaye, membre de l’Apr, DG du Soleil et propriétaire de Libération. Ce n’est plus du journalisme, mais du « médiactivisme politicien ».
Ses combats politiques sont en contradiction flagrante avec l’exigence minimale de neutralité attendue des médias qu’il dirige.

Dans aucune démocratie, on ne trouve pareille incongruité. Les médias peuvent bel et bien avoir leur sensibilité idéologique qui se reflète dans leur ligne éditoriale. Par exemple en France, L’Huma est à Gauche et le Figaro à Droite, mais de là à imaginer David Pujadas membre du Parti socialiste, ou Patrick Poivre d’Arvor encarté à l’UMP… Impensable !!!

Ses dernières sorties médiatiques ont fini par montrer les limites de la fumisterie politicienne de son hybridation. Ses prises de position publiques en font un Acteur directement impliqué dans les confrontations politiques; ce qui rend illusoire toute neutralité des organes de presse qu’il préside, et qui ne sont finalement que les bras armés médiatiques de son engagement politique et du parti au pouvoir qui l’a nommé.
Le quidam exhibe fièrement sur les plateaux de Télévision les PV d’audition judiciaires de ses adversaires, leurs documents bancaires personnels (cautions, prêts, montants), et distillent moultes informations les concernant normalement confidentielles. Il ne fait aucun doute qu’il n’a pas eu besoin d’investiguer pour les obtenir, ses camarades de Parti à la tête des Institutions et Administrations de l’État se chargeant de les lui rapporter sur un plateau d’argent.

La liberté de la Presse, c’est aussi garantir sa neutralité, l’équilibre dans le traitement de l’information et la liberté éditoriale des journalistes.
Un média, qui plus est national, ne peut être l’annexe médiatique du Parti au pouvoir.
Il n’y a qu’en Chine et surtout en Corée du Nord que subsiste cette relique d’un passé révolu.

Cette situation ubuesque et inique, restera pendant longtemps encore, une tâche dans l’histoire de la presse sénégalaise.

Amadou Ba

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *