Madame la députée Aïssata Tall Sall ,
Vous parlez avec force, avec passion, avec de grandes envolées sur la patrie, le courage et le pardon. Mais derrière ces mots, il y a une réalité que vous ne pouvez pas cacher : vous défendez une loi qui protège des criminels au lieu de rendre justice aux victimes.
Soyons clairs. La loi du 13 mars 2024 n’a jamais été une loi de réconciliation. C’était une loi d’oubli, une loi de protection pour ceux qui ont du sang sur les mains. Vous demandez aux Sénégalais de tourner la page, mais comment tourner la page quand les coupables n’ont jamais reconnu leurs actes ? Quand les familles endeuillées n’ont jamais eu droit à la vérité ?
Vous dites que cette nouvelle loi fissure la société. Mais ce qui a fissuré la société, ce sont les violences, les arrestations arbitraires, les vies brisées. Ce n’est pas la recherche de justice qui divise le Sénégal, c’est l’impunité.
Vous parlez de courage. Mais le vrai courage, c’est de regarder la vérité en face. Ce n’est pas de cacher les erreurs du passé sous le tapis. Ce n’est pas de protéger ceux qui ont abusé de leur pouvoir en leur offrant une amnistie.
Nous ne voulons pas d’un Sénégal où l’on peut tuer sans conséquence. Nous ne voulons plus d’un pays où certains sont au-dessus des lois pendant que d’autres croupissent en prison pour avoir osé simplement refuser l’arbitraire.
Alors oui, vous pouvez continuer à défendre l’impunité. Vous pouvez parler de pardon et d’unité tant que vous voulez. Mais sachez que le peuple, lui, a déjà tranché. Il veut la vérité. Il veut la justice. Et cette fois, personne ne pourra l’empêcher d’obtenir ce qui lui revient de droit.
Le temps de l’impunité est terminé. Et cette fois-ci, nul ne pourra effacer la vérité.
Le combat de votre collègue l’honorable député Amadou numéro2, c’est celui de la vérité, de l’équité, du respect des victimes.
Khady Badiane citoyenne engagée Occitanie, France.