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La préférence nationale en Afrique : le poumon de la souveraineté économique

Beaucoup pour s’attaquer à ceux qui soutiennent la préférence nationale sont taxés de verser dans le « populisme » terme creux inventé par les bien-pensants et les arguments qu’ils convoquent déplacent la question du patriotisme économique vers un faux débat « pourquoi qui parle de préférence nationale s’exprime en français (comme si cette langue devrait empêcher la compréhension du message, ce faisant c’est vous qui refusez l’ouverture aux autres peuples tout en étant enracinés ) et leur reprochent d’utiliser les voitures modernes. Le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga ainsi que l’honorable député GUY Marius SAGNA ont été qualifiés de populistes.

D’une part, il n’a jamais été question de condamner une langue, support de communication qui permet le dialogue entre les différents peuples ; et d’autre part, conduire des véhicules modernes en étant défenseur panafricain ne saurait être un motif pour considérer ce dernier comme un imposteur, ou un populiste. Cela démontre combien la mentalité de chez nous est en retard au point de penser que les nouvelles technologies ne sont pas pour nous, Africains. Sachant que la plupart des véhicules de luxe que vous voyez portent la main d’œuvre des fils et filles d’Afrique qui travaillent dans cette industrie. Cette technologie est aussi pour nous car nous avons l’expertise de la mettre sur pied.
De quoi s’agit-il donc ?

En France, l’Etat privilégie les marques de voiture RENAULT et PSA, et cela même si les pièces qui composent ces voitures viennent d’autres pays sans compter les ingénieurs africains comme sénégalais qui travaillent dans ce secteur de l’automobile en France, ces voitures restent privilégiées au détriment des autres, du moment qu’elles sont une marque qui représente l’identité française. Dans la même logique, peu importe que le pétrole vendu chez ELTON, EDK ou autres viennent d’ailleurs, il reste que la préférence nationale voudrait qu’on les renforce. Pourquoi alors ceux qui en ont les compétences ici au Sénégal perdent ces marchés stratégiques au détriment des entreprises françaises comme VERITAS qui détient l’exclusivité de ce commerce sur le contrôle technique des véhicules. Et pourtant des experts locaux peuvent gérer ce secteur au Sénégal mais sont rejetés en termes de préférence. Ce rejet du savoir-faire de son peuple qui pousse à faire croire au citoyen que c’est tout ce qui vient de l’extérieur qui est bon est la source principale du handicap de notre développement.

En ce qui me concerne, et c’est le cas de nombre de nos concitoyens, j’ai eu à collaborer avec mon ami compatriote Moustapha SARR, Ingénieur spécialiste en système de dépollution dont l’expertise est disputée par les grandes firmes de l’automobile (Renault, Peugeot et Range Rover etc…), pour mettre en place une entreprise dénommée 𝐂𝐀𝐑𝐄𝐒 ( 𝐂𝐚𝐫 𝐄𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐨𝐧𝐢𝐜 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞𝐬), garage électromécanique capable également d’effectuer des contrôles techniques. Mais une fois m’être entretenu avec le DG du CETUD d’alors (Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar), on m’a fait comprendre que ce service est assuré exclusivement par VERITAS. Or l’exploitation par cette dernière était un don de l’Etat de Finlande pour le contrôle de la qualité de l’air ( donc aucun investissement effectué par VERITAS) . La compétence sénégalaise peine à prospérer à tous les niveaux.

Quand nous parlons aujourd’hui de souveraineté économique qui passe par le patriotisme économique et la préférence nationale, c’est pour encourager à donner beaucoup plus de forces à nos experts locaux, pour espérer un peu d’autonomie sur nos ressources, et cela permettra de favoriser le développement de notre pays et de palier au manque d’emploi.

Aux fils et filles de ce pays à qui cette chance est donnée, ce serait l’occasion pour eux de servir avec abnégation leur pays. Mais à travers cette option surtout, le phénomène de « fuites des cerveaux » et de l’immigration clandestine seront derrière nous. Seulement, il faut profondément aimer son pays pour dérouler à travers des décisions politiques fortes ce plan de redressement économique. C’est donc un combat qu’il faut mener, même au sein de l’Assemblée Nationale, combat que mon camarade de parti l’honorable député Alioune SALL compte bien porter.

ABDOUL AHAD NDIAYE
#LAT
#Focus2024

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Soya Koudjina
Soya Koudjina
1 année il y a

Excellent sujet à discuter davantage car les Sénégalais ne comprennent pas encore par où nous échappent les contributions des Sénégalais.
C’est vraiment dégoûtant de collecter l’argent des contribuables sénégalais et de les remettre gracieusement à des sociétés étrangères.
Nous y reviendrons

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