La diabolisation continue (Par Marie Rose Faye)

Après avoir été traitée de terroristes, de forces occultes, ou encore de lutteurs en manque d’activités et de défoulement, la jeunesse sénégalaise essuie encore un énième affront par le déni de la volonté populaire et cette fois, de la part d’un journaliste visiblement à bout de souffle. Dans sa chronique Balises de ce mercredi 10 mars, Yoro Dia propose d’analyser froidement la vague d’émeutes ayant sévit dans tout le pays comme une « stratégie de terreur…redoutablement efficace » fomenté encore et toujours par le PASTEF pour dicter sa volonté au locataire du palais et ayant conduit nos « jeunes garçons ordinaires » à jouer « dans la banalisation du mal par la terreur ». Il ira même jusqu’à comparer la stratégie de PASTEF à celle des nazis.

La vague d’expression inédite, arrivée comme une déferlante aurait-elle emporté avec elle, le peu de matière grise qui restait au journaliste pyromane ?

Si la stratégie aveugle du pouvoir est de réduire cette vague de colère et de ras-le bol généralisée, à une situation conjoncturelle causée par la pandémie à Covid19, Yoro Dia se veut plus tranchant : tout ceci est de la responsabilité exclusive de PASTEF et de son leader.

Je veux rappeler à Monsieur Yoro Dia, que le seul terroriste qui sévit en ce moment dans le pays est le locataire du palais qui a envoyé sans état d’âme ses nervis et retourné les forces de l’ordre contre le peuple qu’il est censé protéger.





Cher Yoro Dia, la jeunesse s’est levée comme jamais elle ne l’a fait pour dire non à un népotisme ambiant et sans scrupule d’un Etat voyou, le nier ne serait pas à la hauteur de votre esprit supposé critique. L’histoire nous a montré que sous-estimer la force et la maturité d’une jeunesse en manque de perspectives, était une erreur fatale. Tous les présidents qui s’y sont frottés ont été piqués et l’ont regretté amèrement.

Jamais la population sénégalaise n’avait exprimé de manière aussi véhémente sa colère et son ras-le-bol ; un signal fort envers nos gouvernants. Ce peuple longtemps poussé à bout, a repris les rênes de son pouvoir confisqué depuis trop longtemps, au péril de sa vie et malgré une forte répression du gardien ingrat de notre constitution qui nous consacre pourtant le droit à la résistance.

L’apprenti tyran s’est sali les mains en marchant sur des cadavres avec ses nervis, pour assouvir son fantasme par ses mots : de « réduire l’opposition à sa plus simple expression ». C’était sans compter sur le roc que s’est révélé être le Président SONKO qui a balayé d’un revers de main, l’espoir de l’hôte du palais, par la force populaire. Le complot s’est effondré comme un château de cartes sans avoir eu grâce, à aucun moment, auprès de l’opinion. Le peuple n’est pas dupe.

En ce sens, je serai d’accord avec vous cher Yoro Dia. La connexion des foules avec le Président SONKO est incontestable. Et aux antipodes de vos propos, c’est le fruit non pas de manipulations mais de la cohérence des paroles et des actes posés par le PASTEF et son leader depuis sa création.

Le Président Ousmane SONKO est devenu l’incarnation de l’espoir de toute une jeunesse par sa probité et son pragmatisme ; que de défis ! Y toucher, ce n’est pas toucher la personne d’Ousmane SONKO, c’est toucher le cœur de cette jeunesse, c’est toucher son espoir d’avenir meilleur. Croyez-le cher Yoro, la jeunesse sénégalaise a définitivement rejetée la race des politiciens valets, fous de desserts et sans scrupule et elle l’a démontré ces derniers jours.

Vous dites que le locataire du palais a appelé à l’apaisement, le Président SONKO a été le premier à parler aux sénégalais et à appeler au calme tout en continuant la mobilisation. Soyez courageux et allez jusqu’au bout de votre idée. Dites au locataire du palais que l’apaisement, ce n’est pas seulement un discours ou des mots, c’est la libération immédiate et sans condition de tous les détenus politiques, c’est l’arrêt de la chasse aux opposants, c’est l’arrêt du népotisme, c’est l’arrêt de la privation des libertés et de l’arrogance de ses lieutenants.

D’une pression sociale insoutenable du père de famille qui peine à joindre les deux bouts, d’une mère de famille en désarroi face à ses enfants qui dormiront pour la énième fois le ventre vide, de cette femme qui pleure encore la tragédie de perdre son seul espoir de fils en mer, de cette jeunesse plein de rêves bafoués par un accaparement sans état d’âme des richesses de ce pays par un petit groupe de privilégiés, d’une justice à deux vitesses étouffante par des dossiers mis sous le coude d’un apprenti dictateur, est venu cette vague de colère qui souffle comme un vent de changement. Toucher le porte étendard de ce souffle nouveau a été la dérive de trop ; dites-le-lui pour qu’il s’en souvienne.

Je m’en retourne à mon deuil et à mes prières pour le repos de l’âme de tous les martyrs tombés à cause de l’orgueil du dirigeant froid qui loge au palais, en espérant cher Yoro Dia que votre prochaine chronique sera plus objective et plus respectueuse de la volonté populaire.

Marie Rose Faye
Coordinatrice Mouvement des cadres de France

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *