Impotence du pouvoir de l’homme! (Par Abib Diop)

L’homme, dans l’exercice du pouvoir, étale en permanence son impotence, très souvent liée à une recherche névrotique d’une prépotence.

L’Afrique est le continent où on note une propension notoire et presque généralisée des leaders à s’accrocher au pouvoir avec un neo-présidentialisme, facteur de toutes les dérives autoritaires.
Ces tenants du pouvoir ont du mal à accepter la vassalité à la volonté du peuple souverain, faisant tituber la démocratie!

En ce qui concerne le Sénégal, rappelons que notre pays a enregistré un recul de 9 places au classement 2019 des pays les plus démocratiques selon l’EIU (Economist Intelligence Unit), occupant désormais le 82ème rang mondial(9 ème en Afrique). Ainsi on passe de la catégorie des « démocraties imparfaites » aux « démocraties hybrides »; nos voisins du Cap-Vert occupant la troisième place en Afrique.

La forte répression et les intimidations répétées des opposants confirment ce recul. Pourtant ces derniers sont protégés par un statut spécial stipulé à l’article 58 de la constitution du Sénégal.
Le processus d’anéantissement de l’opposition a été accéléré avec un fichier électoral et un système de parrainage non concertés!

Notre constituant a pourtant créé les conditions d’une démocratie forte, allant même plus loin que le constituant français sur certains points; en ce qui concerne la justice, le premier parle de pouvoir là où le second évoque une autorité. hélas la mise en application dans toute sa rigueur ne suit pas.

L’année 2020 commence mal, avec les rapports catastrophiques mettant en lumière la gabegie financière et l’impunité!

A cela s’ajoutent les brimades subies par les opposants et le maintien en prison de l’activiste Guy Marius Sagna, qui rappelons le, a subi des sanctions graduelles, allant de son affectation arbitraire avec la mise à disposition d’un bureau se trouvant dans un état de délabrement avancé, à sa détention en cellule d’isolement. Ces faits nous mettront au fond du trou tel un marteau enfonçant un clou dans un mur « liberticide ».

L’opposant ne gagnera plus de marchés publics, n’aura plus de promotion dans la fonction publique et pour l’entrepreneur, la machine fiscale l’attendra au péage de l’autoroute de la répression.

Pour finir faisons appel à une citation de Massa Makan Diabaté , écrivain malien« L’homme qui détient le pouvoir est nanti d’un sabre à double tranchant: s’il le baisse trop il se coupe le tendon; s’il le lève plus qu’il ne faut, il se fend le crâne ». Je complète cette citation par: l’homme qui détient ce pouvoir et juste avec son peuple,verra ce dernier en bouclier et en guirasse pour le protéger.

Tenants du pouvoir soyez justes et équidistants et pensez aux puissants « mortels » qui vous ont précédés et qui ne sont plus!

Abib Diop

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