Football et politique face aux lobbies gays : Gana est-il la tête de Turc de l’homophobie française ?

La dynamique sportive, la logique politique et les considérations homophobes doivent-elles forcément être en harmonie ? La France s’arroge-t- elle le droit de fixer les valeurs universelles ? De quelle hégémonie jouit-elle sur l’espace géopolitique du sport mondial pour tenter d’imposer ses desiderata aux relents identitaires ?

Ou bien comme l’avait dénoncé V. Hugo au sujet d’une autre affaire, veut-elle faire alors, faire porter à l’humanité sa propre marque et pointure de Chaussures de sport ?

Or, magnifiant les vertus du sport, Pierre de Coubertin déclare :  » le sport moderne est une réunion de nations dans un effort d’émulation infiniment utile au bien général, il est aussi un excellent moyen universel d’éducation physique, intellectuelle, morale, civique et artistique de la jeunesse ».

Partant de cette déclaration on peut se demander si la culture sportive d’une nation doit-elle être le reflet de sa culture politique, son projet de société, ainsi même que ses finalités éducatives? Et si le football français porte les marques de la médiocrité de leur génie politique et culturelle au point de l’empêcher de rayonner dans la haute compétition européenne, même si elle est championne du monde en titre avec une équipe nationale arc-en-ciel?
Mais la diplomatie sportive sénégalaise et même africaine ont du pain sur la planche, ainsi même que le système de management sportif de nos joueurs. Ces derniers souvent tirés des abîmes de la misère des  »navétanes », ont souvent hâte d’intégrer l’Eldorado footballistique français si bien que des clauses de protection de leurs croyances et valeurs ne sont pas souvent prises en compte.

Le football, né des entrailles de la culture sportive occidentale- en Angleterre bien sûr- est par essence et par excellence, un système de jeu collectif qui requiert de l’art, du courage, de l’amour, de la volonté, de la générosité, de la combativité, bref de tout un cocktail d’efforts s’organisant autour d’une dynamique interne, interactive et productrice de résultats. Ainsi, étant une affaire individuelle de chacun des onze joueurs sur le terrain, le jeu footballistique est en substance, une affaire de tous pour un idéal commun. Et les succès remportés par ces derniers provoquent des liesses populaires et une euphorie fiévreuse, électrise les supporters, divertit tout un peuple, flatte l’ego récupérateur des politiques et regaillardit toute une nation en la faisant franchir une grande enjambée sur les sentiers de la civilisation.

Et la victoire de nos lions en 2002 devant la France, championne du monde en titre, et ex puissance colonisatrice du Sénégal avait été conçue par certains comme une sorte de césure politico-culturelle coupant du coup, le cordon ombilical du pacte colonial, libérant à coup sûr, le colonisé d’un séculaire ascendant mythique.

Objet de récupération politique pour l’élite dirigeante, instrument de passion et de distraction pour la jeunesse et outil de diversion et de manipulation de l’opinion publique, le football est aussi, selon Ignacio Ramonet  » une formidable affaire d’argent ».

Or, d’aucuns considèrent ce sport populaire relevant d’une envergure planétaire comme un condensé des meilleures qualités humaines (solidarité, camaraderie, générosité, courage, volonté, virtuosité, fair-play etc.), par contre, pour d’autres le football est une activité pernicieuse, mère de tous les vices ( agressivité, violence, fanatisme, racisme, chauvinisme, tricherie, corruption etc.). Pire, il est devenu aujourd’hui un excellent moyen pour les pro gays et les puissants lobbies homosexuels, de vendre à l’humanité des soi disant normaux actes contre nature, considérées chez les peuples civilisés par aussi bien les religions révélées que la morale publique comme une abomination. Alors, refuser de participer à une cérémonie de célébration des choses qui vont à l’encontre de ses valeurs, n’est pas seulement un acte courage individuel, c’est surtout manifester symboliquement la suprématie des valeurs Africaines sur toutes les autres dont elles sont d’ailleurs la matrice centrale- clin d’œil au penseur Cheikh Anta Diop.

Alors, l’aire de jeu est le terrain privilégié du spectacle de l’affirmation des identités collectives et des antagonismes locaux, régionaux et nationaux. Cela prouve que le nègre de Paris sous le drapeau tricolore n’est mieux  »un bon nègre » naturalisé français comme c’est le cas de l’expatrié noir jouant dans les équipes nationales européennes que parce qu’il est au service de la patrie française vis-à-vis du nègre d’Afrique; fût-il candidat à l’émigration clandestine, abandonné seul sur son sort en proie aux vagues rébarbatives des océans.

Pourtant le football est le sport le plus universel, objet de passions proprement planétaires montrant qu’au delà des clivages politiques d’ordre structurel, ainsi que les contingences socioculturelles d’ordre conjoncturel, l’humanité est une et indivisible. Donc la question des considérations homophobes, réductrice de la participation africaine non moins importante à ce jeu planétaire, à un simple aspect identitaire ou minoritaire apparaît comme une sorte de catalogage épidermique, pour ne pas dire racial, par cette lapidation symbolique de la presse française avec une partie de sa classe politique dont le racisme est sous l’emballage doré de l’ultralibéralisme avec une marque de fabrique ultranationaliste.

En effet, malgré l’emprise de l’argent, le poids des médias, la manipulation diplomatique, les récupérations politiques et lobbyistes, les violences des supporters, le dopage des joueurs, et l’affairisme scandaleux des dirigeants, il n’en demeure pas moins que le foot reste plus que jamais une passion planétaire, le plus universel des divertissements populaires. Donc respect à Gana ainsi que les jours qui voudraient préserver leur honneur.

Mansour Shamsdine Mbow Professeur de Lettres, Chroniqueur

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