Environnement : Le Sénégal nouvelle destination des déchets plastiques ?

La Chine, principal importateur au monde de déchets plastiques, a récemment mis en place une politique de répression des « déchets étrangers» pour protéger ses « intérêts environnementaux » et la santé de sa population. Désormais, les déchets accueillis sur le territoire ne doivent plus dépasser la barre des 0,5% de contamination par des matériaux non recyclables. Les déchets américains pouvant être contaminés jusqu’à 25%, la conséquence en est que le business du recyclage des ordures plastiques s’effondre, de quoi provoquer un grand bouleversement aux États-Unis le plus grand exportateur au monde. Les structures de gestion des ordures sont rapidement dépassées par la quantité de déchets qui ne trouve plus preneur. Pris de court, les acteurs se réorientent vers d’autres destinations. En parallèle, un vrai marché noir se déploie dans le monde du commerce des déchets plastiques.

En juin 2019, le quotidien Guardian dévoile une enquête sur le circuit des déchets plastiques américains dans lequel il évoque le Sénégal comme une des nouvelles destinations. A l’époque, Le ministère de l’environnement réagit à ce qu’il qualifie de « fausse information » et déclare « Il circule dans les réseaux sociaux une information selon laquelle des milliers de tonnes de déchets plastiques américains sont expédiés chaque année vers Sénégal. L’information en question ne correspond pas à la vérité car aucun déchet de quelque nature que se doit venant de l’extérieur n’arrive au Sénégal. Résolument engagé dans le programme zéro déchet, notre pays ne saurait accepter de recevoir sur son sol de tel polluant extrêmement dangereux pour notre environnement »

Néanmoins, le quotidien britannique révèle que 1000 tonnes de déchets plastiques ont été exportées vers le Sénégal entre janvier et mars et au total plus 7 800 tonnes ont été illégalement importées au Sénégal en provenance des Etats-Unis entre janvier et décembre 2019 pour une valeur de 1,9 milliards FCFA. Selon Jan Dell, une activiste écologiste américaine, il est plausible que l’entreprise destinataire de ces importations au Sénégal récupère les déchets plastiques « très bon marché » et les transforme à des fins qui ne nécessitent pas de « nouveau plastique de très haute qualité ». Elle et son organisation « The Last Beach Cleanup » ont exigé des entreprises américaines l’arrêt des exportations vers des pays aux systèmes de recyclage presque inexistants comme celui du Sénégal.

Au nom de la confidentialité des données, le Bureau américain du commerce international ainsi que les ports contactés d’où sont partis des containers de déchets plastiques refusent de dévoiler l’identité des compagnies exportatrices et de les destinataires au Sénégal.

On peut noter que la nouvelle Loi sénégalaise sur Le plastique censée être appliquée à partir d’avril 2020 interdit toute importation de déchets plastiques au Sénégal.

JotnaNews

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