E si nous parlions d’émergence, une possibilité au Sénégal (Par Moussa Darry)

Le concept de pays émergents est apparu dans les années 80, il désigne un pays qui connait une croissance rapide et des changements structurels.

Une croissance  doit s’accompagner avec un rattrapage économique au moins une décennie. Les pays émergents ont connu une croissance supérieure à la moyenne mondiale. Ils connaissent donc une période de rattrapage économique et présent de ce fait de plus en plus lourd dans la création de richesse.

Les changements structurels sont des rénovations juridiques et institutionnelles, passage du type de production agraire au type industriel. Ce sont aussi une ouverture au marché mondial des produits et services, et aux flux internationaux de capitaux.

Actuellement, au Sénégal nous parlons d’émergence alors que nous sommes loin de ce concept. Notre croissance est extravertie, il n’y a pas de politique de rattrapage économique et de changements structurels.

Le Sénégal se trouve dans une situation économique moins reluisable, le pays est en friche : il n’y a pas de véritable mesure économique mais plutôt des slogans. Ces slogans sont portés par des hommes politiques dont la plupart sont dépourvus de connaissances. C’est une minorité de moins d’un pourcent (1%) de la population qui tient le débat et prend le pays en otage. Le Sénégal n’a pas besoin de cette politique politicienne, il a plutôt besoin d’un inventaire exautif des problèmes existants , une analyse et études qualitatives,… Parallèlement étudié de très près les différentes expériences de redressement économique et social conduites avec succès dans les pays étrangers comme la Suède, le  Singapour, la Finlande, le Norvège, le BRICS ( Brésil, Russie, Inde, Chine et l’Afrique du Sud) et le plus fascinant une région autonome d’Espagne, le Pays Basque (Euskadi) qui mérite d’être pris comme exemple de redressement économique.

A la fin de la dictature Franquiste, le pays Basque Espagnol, l’une des dix sept (17) régions autonomes d’Espagne, se trouvait dans une situation économique dramatique, de jeunes responsables du gouvernement et d’entreprises ont constitué un groupe de réflexion en utilisant des méthodes courantes de l’entreprise. Ainsi ils ont fait appel au professeur Michael Poter de Harvard comme consultant avec l’accord du parlement basque en lui proposant la mission suivante: mettre son expérience en matière de stratégie d’entreprise au service d’une région c’est le pari fou de 1991.

D’abord le gouvernement a fait le choix de la modernisation de l’industrie comme priorité. La décision de construire le musée Guggenheen  en augmentant son attractivité culturelle. Avec 5,2 millions de visiteurs au cours des cinq premières années, 5 sur 6 n’étant pas basques. En 5 ans, le musée a généré un chiffre d’affaires de 750 millions d’Euros. Le gouvernement basque a ainsi largement pu récupérer son investissement de départ.

Ensuite le Partenariat public privé c’est à dire :

  • La systémisation des clusters: plus que de simples filières professionnelles, les clusters sont des lieux uniques de coopération entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques d’une même branche.
  • Le recours au capital risque: c’est des fonds spécialisés de l’Agence pour la promotion de l’industrie du gouvernement basque (SPRI) pour soutenir le développement des entreprises.
  • La mise en place de stratégie à long terme : un véritable plate forme de l’économie basque qui repose sur des grandes orientations stratégiques et des programmes d’action à long terme définis en concertation avec le monde de l’entreprise.

Dix ans après le pari fou de 1991, le pays basque espagnol affiche des performances économiques remarquables. Les principaux indicateurs macroéconomiques de richesse dépassent tous, la moyenne espagnole et bien souvent celle de la France. En effet l’économie basque est non seulement redressée et performante mais est moins vulnérables aux crises comme celle de 2008. La situation sociale est excellente notamment sur les plans de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. Les immigrés sénégalais de Bilbao, de San Sébastien etc.. peuvent en témoigner parce qu’ils sont pris en compte. Aujourd’hui le danger qui guette cette petite région autonome est l’autosatisfaction.

Au delà de cet exemple de cette performance spectaculaire de l’économie basque il y a d’autres pays que le Sénégal peut copier.

Le Sénégal doit se réorganiser avec une démocratie paternaliste, d’un modèle moral.

Le frein de l’émergence du Sénégal de 1960 à nos jours, c’est le manque travail, la corruption, la gabegie, la politique politicienne et la mentalité.,

Notre Sénégal est à la croisée des chemins, avec un gouvernement sérieux efficace et dévoué au bien être du peuple, et qui répond positivement à ces attentes et marquera un pas essentiel dans la longue marche vers le chemin de l’émergence. Bâtir une politique de fiscalité légère nationale et doter des subventions solides aux compagnies Publiques et privés, permettront de créer des champions nationaux dans tous les secteurs afin de générer une croissance durable. Avec pragmatisme et suivi intelligent dans la gestion économique, nous pouvons faire l’impossible, possible.

Moussa Darry
Darry04@live.fr

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