Du fast track à la procrastination : les signes annonciateurs d’un second mandat similaire au premier

« Dans la nouvelle dynamique que je compte imprimer à la conduite des affaires publiques, j’ai la ferme intention d’inscrire toutes les actions de l’État en mode fast-track ». Ainsi parlait Macky SALL lors de sa prestation de serment.

Les éternels optimistes y ont cru. Les moins dupes ont très vite décelé la supercherie.
En effet, tout comme les fameux « gouvernance sobre et vertueuse », « la patrie avant le parti », le « fast-track », outre d’être un slogan creux, se révélait mort-né puisque n’ayant même pas fait l’objet d’un début d’exécution.

Plusieurs semaines après sa ferme déclaration d’appuyer sur l’accélérateur – une démarche qui rappelle d’ailleurs la cadence qui devait s’accélérer avec Mimi Touré-, nous ne pouvons que constater que le ralentissement est de rigueur dans la gestion des affaires de la Cité.

Les illustrations foisonnent. Nous n’en retiendrons cependant qu’une infime minorité au regard notamment de l’actualité politique.

C’était à la veille de l’élection présidentielle du 24 février 2019 que le président Macky SALL, dans sa logique de divertir les sénégalais, procédait à l’inauguration du Train Express Régional (T.E.R).
Or, à moins que son souhait de remonter le temps ne soit exaucé, force est de constater qu’en ce qui concerne ce projet phare du régime en place, parler de « point mort » serait plus adapté, puisqu’à ce jour, ce qui reste de ce projet, ce sont les photos d’un chantier à l’abandon, poussiéreux, qui amusent les jeunes sénégalais sur les réseaux sociaux.

« Fats-track » nous a-t-on dit ?

La rapidité annoncée par Macky SALL aurait dû le conduire à donner des instructions fermes à son gouvernement, particulièrement à son ministre de la justice. La réalité est que la lueur d’espoir des sénégalais s’est obscurcie avec ce qui est convenu d’appeler l’affaire PETRO TIM – Alioune SALL.
Alors qu’un journal d’investigation étranger, indépendant, a confirmé les dires de patriotes convaincus sur cette nébuleuse, Macky SALL s’est résolu à privilégier la famille, au détriment de l’intérêt général et de ses promesses portées par dans ses multiples slogans.

Comble de l’ironie, c’est le jour de l’Eid el Fitr, jour de rassemblement et de communion, que le président Sall nous garantissait que « rien ne changera dans sa démarche».
En traitant subrepticement les sénégalais d’hypocrites, il a solennellement renouvelé les propos qu’il avait d’ores et déjà formulés à l’encontre de sa propre jeunesse qu’il qualifiait alors « d’oisifs errants ».
La célérité légendaire dont la justice avait preuve dans les affaires Khalifa SALL et Karim Wade, ne se reproduira assurément pas dans l’affaire du « premier frère de la République ».

« Fats-track » nous a-t-on dit ?

Alors qu’il déclarait que magouilles, turpitudes et répressions appartenaient au passé puisque son profond désir de second mandat a été réalisé, la violente répression de la manifestation pacifique du 14 juin 2019 constitue une énième preuve que rien n’a véritablement changé.
Quelle différence y-a-t-il entre les répressions qui ont coûté la vie à Fallou SENE, celles qui ont traumatisé les lycéens de Thiès et les manifestants du 19 avril 2018, et l’utilisation excessive et inutile de la force le 14 juin dernier ? Manifestement aucune !

D’ailleurs, de la même manière qu’il se pressait de quitter le territoire à la veille des manifestations, Macky SALL entend poursuivre cette tradition qui semble lui porter chance puisqu’il s’envola pour ABUJA le 11 juin 2019.

A ce scandale, vient s’ajouter la grâce présidentielle accordée à un trafiquant de faux médicaments. ET pour toute justification, le Président dira que sa religion a été trompée dans cette affaire. Scandaleux !
Entre un rapport de l’Inspection Générale d’Etat qui n’aurait jamais été reçu par le Palais depuis sept ans, et une grâce présidentielle accordée dans des conditions obscures, heureux celui qui trouvera une once de rigueur dans les procédés de l’équipe dirigeante !

« Fats-track » nous a-t-on dit ?

L’année 2019 avait également eu droit à son slogan : une année sociale. Un petit tour dans les foyers permettra de voir que le panier de la ménagère est très loin de ressentir une quelconque action sociale.
Sur le plan sécuritaire, l’insécurité galopante notée avant l’élection présidentielle de 2019, s’est considérablement accentuée au lendemain de cette élection : des crimes de plus en plus barbares perpétrées, des agressions et cambriolages dignes de scènes hollywoodiennes sont le quotidien des sénégalais, sans que le ministre de l’Intérieur, qui a d’ailleurs tendance à limiter son ministère à la seule question électorale, ne prenne des dispositions adéquates pour assurer la sécurité des sénégalaises et des sénégalais.

Pour finir, en ce qui concerne la jeunesse, des mesures phares de résorption du chômage étaient attendues dès le début du quinquennat. Que nenni ! Elle continue à plonger dans un profond désespoir, sans possibilité de voir le bout du tunnel.

Bien entendu, nous pourrions égrainer encore et encore les domaines dans lesquels un début de fast track serait apprécié, mais cet aperçu de la nonchalance du régime actuel prouve à suffisance que la procrastination a de solides bases au Sénégal et que l’ère du Président Macky Sall n’est porteuse d’espoirs solides.

Goorgol THIAM
Une citoyenne comme une autre.

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