Covid19 : Agir vite pour limiter le préjudice et se montrer à la hauteur de la situation

Le Président de la République, Macky Sall, vient de prendre des décisions sages et courageuses en déclenchant un plan de contingence avec des hôpitaux mobiles déployés par l’armée nationale. Pendant un mois, toutes les manifestations publiques sont désormais interdites, les bateaux de croisières ne seront plus autorisés à entrer au Sénégal, les écoles, collèges, lycées et universités seront fermés à partir du lundi 16 mars, les pèlerinages musulman et chrétien sont suspendus et la fête nationale du 4 Avril est annulée. La grande majorité des Sénégalais a adressé ses félicitations et son soutien aux initiatives de président, regrettant parfois l’hésitation et la lenteur sans laquelle on aurait pu éviter l’installation du Covid19 dans certains foyers.

Dans ce contexte de lutte contre le coronavirus et ses effets négatifs sur la croissance mondiale, le Groupe de la Banque mondiale avait récemment débloqué un financement accéléré d’un montant de 12 milliards de dollars en faveur des pays en voie de développement. Ce premier effort avait pour objectif le renforcement des systèmes de santé dans le but de minimiser les conséquences sur les économies et sur les populations déjà fragiles.

En l’état actuel de l’évolution de l’épidémie, il est impossible de dire avec certitude quel sera sa durée et quel va être la capacité des pays à se mobiliser durablement pour apporter une réponse rapide, coordonnée et concertée. L’impact économique réel est par conséquent impossible à prévoir. Selon le Groupe de la Banque mondiale, en fonction de la durée et de la gravité de l’épidémie, il n’est pas impossible que la Banque le Fonds monétaire international organisent une seconde aide financière plus conséquente pour aider les pays à surmonter cette crise sanitaire et à en limiter les effets délétères sur le plan social et sur l’économie.

Le Covid19 constitue donc un véritable défi, en particulier pour les pays d’Afrique subsaharienne qui n’ont pas les infrastructures sanitaires requises pour contenir l’épidémie. La résolution de ce défi va exiger une coopération internationale. Pour éviter la peur, la désinformation et l’aggravation des conséquences économiques, tous les gouvernements de ces pays en développement devront s’employer à renforcer la transparence des informations sur la propagation de l’épidémie, notamment dans la sous-régions entre le Mali, les deux Guinées, la Gambie et le Sénégal. Dans cette situation exceptionnelle, deux mesures urgentes sont à prendre :

  1. l’accroissement des dépenses de santé : les gouvernements doivent augmenter leurs investissements en matière de santé pour renforcer le système et favoriser ainsi une prise en charge et un confinement plus rapides évitant ainsi à une propagation accélérée de l’épidémie.
  2. le renforcement de la protection sociale : des aides financières et des services médicaux gratuits doivent être accordés aux plus vulnérables, ce qui contribuerai à contenir l’épidémie. Le confinement obligatoire va impacter fortement les familles modestes qui n’ont aucune autre source de revenus que celle de leur travail.

Alors, accrochons nos ceintures, puisque nous nous dirigeons irrémédiablement non seulement vers des turbulences sanitaires, mais aussi économiques avec des secousses et des rebonds plus perceptibles en zone de développement, notamment en Afrique subsaharienne. Seule une réponse synchronisée et coordonnée permettra de juguler la crise épidémique. Les responsables publics de la sous-région sont mis à l’épreuve et ils doivent se montrer à la hauteur de la situation en réagissant vite, sans hésitation et en concertation les uns avec les autres.

Abdou SONKO

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