Coronavirus : Vers une redistribution des cartes ?

Déclarée pandémie par l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé), le coronavirus continue à faire couler encre et larmes, plus de deux millions de personnes sont confirmées positif au test dont moins d’un tiers de guéri soit 25,2% et 6,69% de mort vu les dernières statistiques de l’OMS dont la plupart des pays touchés sont occidentaux c’est à dire se vantant d’un système de santé efficace des mécanismes de contrôle et de riposte fiable.

Pour le moment l’Afrique est le continent le moins touché, mais en même temps celui qui inquiète le plus par son manque de système sanitaire aux normes internationales et une économie à 80% basée sur l’informel (60 pour cent du travail dans le monde relève de l’informel, l’Inde en tête). C’est pourquoi institutions internationales, décideurs occidentaux voir même les multinationales (pharmaceutiques, pétrolifères etc.) prédisent l’hécatombe d’où la nécessité pour eux de réagir et d’apporter leur soutien aux peuples africains en voulant concocter un plan pour l’aide ! Est-ce tout simplement de la générosité ou bien il se cache un jeu politique ? L’avenir nous édifiera.

Cette pandémie a défini un nouveau contexte politique où chaque Etat cherche d’abord à se protéger avant tout « chacun pour soi et Dieu pour tous » ; on est entrain d’assister à une nouvelle distribution des rôles et la relance de modèle politique comme le nouveau communisme et un retour à une démocratie où les libertés sont confisquées.

Nouveau contexte géopolitique

Le « virus » chinois comme l’avait défini Donald TRUMP président des Etats unis d’Amérique, on assiste au retour implicite du communisme (La Chine a toujours mis en avant le modèle communiste, voire stalinien) avec elle, la Russie et Cuba sont les nouveaux sauveurs du monde, tout reste à croire que ce modèle politique qui était à l’agonie a eu une bouffée d’oxygène.
Les pays dont le régime politique est communiste, se montrent plus prêts à lutter contre la pandémie et cela est surtout dû au système politique qui a parfois fait de la santé publique et la recherche scientifique et technologique des priorités. Et surtout ils ont mis en place une dictature pour l’appliquer. Car aucun de ses pays ne peut se vanter d’une avance médicale sur l’occident, le système de santé russe est une catastrophe.


Qui tire son épingle du jeu ?

Cette situation inédite et imprévisible ne laisse personne indifférente. Toutes les composantes de la société sont touchées, les gouvernements essayent de mettre en place des stratégies de riposte à l’épidémie en adoptant des mesures sécuritaires pour ne pas faciliter la propagation du virus mais également des mesures d’accompagnement de type économique et financières. Ces mesures dites de limitation de la propagation produiront certes des effets ; pouvoir et oppositions cherchent à tirer leur épingle du jeu. Mais dans un contexte macro, on pourrait dire que seul l’humanité sera vainqueur absolu de ce combat vu la nécessité de vaincre un ennemi commun, invisible et qui ne discrimine personne riches/pauvres ; occidentaux/africains etc. Paradoxalement dans nos pays où la politique et le maintien au pouvoir reste le quotidien de nos hommes politiques à travers cette épidémie, ils veulent assoir mieux leur position et augmenter leur aura en vue de nouvelles perspectives.

Parfum d’un scandale !!

Chaque épidémie vient avec son lot de malheur, ces derniers jours au Sénégal on assiste à des faits rocambolesques sur la gestion du Covid_19. D’abord avec la théâtralisation de l’unité nationale pour vaincre l’ennemi dont le Chef de l’Etat a voulu un consensus autour de lui en conviant toutes les forces vives de la Nation pour faire un défilé sous le prétexte qu’il a associé même ces farouches opposants dans la gestion de la crise pour refaire son image après le scandale des dernières joutes électorales; de la loi d’habilitation proposée à l’hémicycle dont certains leaders ont voulu s’abstenir pour ne pas comploter sur le dos des sénégalais et sénégalaises.

Le couvre-feu de 20 heures à 6 heures du matin pour dire que le virus sort seulement durant cet intervalle de temps et si vous restez chez vous vous serez épargnés au cas contraire il y’a les bavures policières. Pourtant la distanciation sociale révèle pour le moment l’action la plus « efficace » adoptée par les pays le plus touchés pour contenir la propagation et non des bavures policières tant bien que c’est plus facile à mettre en œuvre dans un pays riche que dans notre contexte sociale.

De l’attribution des marchés dans le cadre de la distribution des vivres de soudures aux populations nécessiteuses ; un député milliardaire qui se bat pour se faire donner des marchés là où de petits transporteurs s’organisent pour offrir leurs services gratuitement à l’Etat pour contribuer à l’effort de guerre ; aucune élégance républicaine. Un ministre de la République qui lave à grand eau en pleine émission télévisée des personnes citées dans un présumé scandale.

De l’autosuffisance alimentaire promise au marché du riz importé.

Durant la campagne électorale, pour se faire élire le président de la République a sillonné le pays pour promettre aux populations des merveilles comme l’autosuffisance alimentaire, utopie ou audace ? Aujourd’hui le Covid-19 a éclairé la lanterne des sénégalais mais aussi nous a fait comprendre que les priorités sont ailleurs tous ces milliards investis dans des infrastructures comme Dakar Aréna, l’Arène Nationale et le projet du stade Olympique en lieu et place d’infrastructures hospitalières ou laboratoires universitaires, centres de recherches ou même le renforcement du potentiel existant par une mise à jour permanent et la dotation en matériel de dernières générations.

Quel avenir après le Covid-19 pour le Monde en général et en particulier pour le Sénégal ?

Beaucoup d’interrogations sur comment sera le monde après le Covid-19 et naturellement après chaque d’une telle envergure s’en suit forcément une récession économique et c’est ça qui préoccupent nombres observateurs avertis une crise économique sans précédent. D’où la nécessité pour nos Etats d’avoir une gestion rationnelle et rigoureuse des ressources mises à disposition dans le cadre de la lutte contre cette épidémie et comme l’a si bien dit le leader de PASTEF Les Patriotes en l’occurrence M. Ousmane Sonko « Il ne faut surtout pas que cet argent récolté au nom de la lutte contre le Covid-19 et qui sera payé par le contribuable sénégalais ne soit pas détourné de son objectif. » 

Cette situation devrait être également nous permettre de revoir nos comportements et habitudes de société, de comprendre que dans l’informel et dans le chaos ; il n’est pas possible de construire une émergence et d’être au même niveau de développement si on n’est pas prêt de rompre avec certaines pratiques.

Ibrahima Lo
PASTEF Section Bologne


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