Comment gagner une élection présidentielle en Afrique ? (Par Ansou Sambou)

Il faut avoir observé plus d’une décennie les scrutins électoraux dans le continent pour le connaître et saisir la formule chimique du cocktail électoral. Les laboratoires électoraux de fraudes massives d’une élection pilulent partout dans le continent.

Entre 2000 et 2020, plis de 20 élections ou scrutins ont été suivies de contestations, et plus de la dizaine se sont soldées par des violences post électorales meurtrières.

Comment gagner sans avoir gagné ?

En quelques étapes :

1. Maintenir un membre du parti au pouvoir au ministère chargé des élections ;
2. Inscrire ses militants en premier sur le fichier électoral avant d’obstruer le système et ralentir le rythme d’inscription ;
3. Rendre inaccessible le fichier électoral aux partis d’opposition ;
4. Déplacer des électeurs vers les zones où on est le moins fort ;
5. Créer des bureaux fictifs et c’est très facile ;
6. Faire voter plusieurs fois ses militants ;
7. Proclamer les résultats des zones ou régions où l’on a le plus devancé l’opposition ;
8. Organiser une conférence de presse à minuit pour s’autoproclamer vainqueur ;
9. Sans abstention, un ministre du gouvernement proclame les scores de l’élection en déclarant le candidat sortant vainqueur.
10. Envahir les plateaux télés pour avancer de chiffres sortis du laboratoire de fraudes.
11. Sortir l’armée et la police et barricader le pays;
12. Si cela ne suffit pas, arrêter les opposants y compris les autres candidats.

Dans ces conditions, la commission électorale (CENA OU CENI) n’a d’autres choix que de proclamer les mêmes chiffres que ceux donnés par le parti au pouvoir.

La Formule chimique est longue et compliquée mais avec des experts en vols, c’est juste une promenade de santé.

Pour s’en convaincre, jetez un coup d’œil aux élections et réélections multiples de Paul Biya, Musveni de l’Ouganda, Nkurunziza du Burundi, Ouro Kenyata du Kenya, d’Alpha Condé, de Sassou. nguesson du Congo, de Kabila père puis fils de la RDC, de Eyamdema père et Eyadema fils du Togo, de Bongo père puis Bong fils du Gabon, de Bouteflika en Algérie, d’Idriss Deby du Tchad… Certains d’entre ces gens sont devenus experts dans ce domaine et rempilent naturellement d’élection en élection.

Ansou SAMBOU, panafricain convaincu et militant politique

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *