Bipolarisation de l’opposition: Merci Capitaine Dièye

Il faut une lecture politique du chavirement idéologique du Capitaine Dièye plutôt qu’un lynchage médiatique qui fait fi de ses droits au revirement.

La sortie du Saint-Cyrien aurait dû réjouir tous les pastefiens, puisqu’il révèle au grand jour le secret de polichinelle sur la bipolarisation de l’opposition que l’on présente à tort, comme idéologiquement monolithique.




Hormis notre croyance commune sur la nullité de MACKY, l’opposition ne partage ni vision, ni programme, ni méthode, ni même le diagnostic sur les causes réelles de notre sous-développement. Sur ce fait le Capitaine Dièye a tout simplement subi un lavage de cerveau méthodique sur ces postures panafricaines après son cheminement politique au sein de l’autre opposition.

Il y a en réalité 2 blocs dans l’opposition:
Le bloc des « Saint-Jamessiens » qui pensent que le problème du Sénégal, sous MACKY, est essentiellement un problème de mal gouvernance aussi bien dans la gestion des deniers publics, que dans les choix des investissements stratégiques prioritaires.
Ce bloc ne rejette ni ne conteste nos rapports avec l’Occident ni avec France notre tutrice financière et militaire.

Par rapport à l’ancienne puissance coloniale, les ténors de cette frange de l’opposition se dérobent sur la question des bases militaires françaises en Afrique. Ils sont satisfaits de la réforme du FCFA proposée par Macron. Ils donnent la primauté à l’Eco-Fcfa sur l’Eco-Cedeao. Aussi ils sont aphones sur le déboulonnage des reliques à la Faidherbe, et pensent intimement que nos États sont encore trop fragiles pour se passer du bouclier militaire français et de sa perfusion financière.

Par rapport au système international, ce bloc de l’opposition est mondialiste, libéral, adepte de l’économie de marché tout en dénonçant ses excès. Ce bloc concocte des programmes foncièrement compatibles avec les schémas idéologiques de la Banque mondiale et du FMI, et érige l’endettement en doxa économique. Sur le plan culturel, les membres du bloc admettent le GENRE comme un horizon indépassable, mais non applicable immédiatement.
La détérioration des termes de l’échange, la souveraineté permanente sur les ressources naturelles, le rejet des dettes odieuses, la défense de nos langues et cultures… sont perçues comme des vociférations populistes issues d’un autre temps dépassé.

À côté de ce bloc majoritaire dans l’opposition, il y a le bloc radical incarné par PASTEF qui estime que le mal africain de manière globale est avant tout un problème de SYSTÈME que masque la mal gouvernance.

Ce « SYSTÈME » est la matrice des « Consensus » internationaux de Berlin posés lors du partage de notre continent. On a aussi celui de Washington pour notre asphyxie financière, celui de Pékin pour le contrôle de nos ressources naturelles, le libre-échangisme avec ses bras armés: le FMI et BM, le pieuvre bancaire, etc… Imposent un modèle de développement qui empêche à jamais l’Afrique de se libérer de ses chaînes.

Pour SONKO qui porte le projet de rupture de PASTEF, seul un démantèlement économique ordonné et une disruption politique et idéologique de ce SYSTÈME jette les bases d’un développement économique endogène et une réappropriation culturelle de l’histoire et de la civilisation africaines.

La ligne idéologique de PASTEF s’articule autour du Patriotisme qui se décline sur le plan économique par la préférence nationale dans l’attribution de nos marchés publics, sur le plan culturel par l’apprentissage et la réappropriation de nos langues nationales, sur le plan agricole par la souveraineté alimentaire à partir de l’agriculture familiale et non de l’agrobusiness, par une gestion souveraine de nos ressources naturelles. l’État doit assurer le contrôle de tous les secteurs stratégiques, mettre fin à la tutelle militaire française. La CEDEAO doit créer une monnaie unique autonome et flexible, plus conforme à la structure de nos économies. Et sur le plan historique une nouvelle narration de notre histoire sur fond de réhabilitation de nos Héros et de nos valeurs.





Le Capitaine Dièye qui a cheminé avec cet « autre bloc » de l’opposition, vient juste de révéler au grand jour les compromissions idéologiques de cette autre opposition avec l’ancienne puissance coloniale et le Système économique et financier international.

Donc merci au Capitaine Dièye d’avoir changer de posture, d’idéologie et de paradigme. Et d’avoir permis de tracer clairement l’existence de ces deux blocs idéologiques au sein de l’opposition.
Il ne sert à rien de nier les états de service de ce Grand militaire. Ayons un lecture politique de son revirement idéologique.

PASTEF gagnerait toujours à susciter ce genre de critiques pertinentes de sa ligne politique et idéologique. Tout n’est pas perfidie ou trahison, mais juste un charme discret de la démocratie.

L’opposition sera unie et forte pour déboulonner la mafia aperiste au pouvoir. Mais montrer que l’opposition propose des programmes de gouvernance radicalement opposés qu’il est grand temps de distinguer.
La prochaine présidentielle post MACKY, sera un choix cornélien mais tranché entre ses deux tendances de l’opposition.

Amadou Ba

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