Aide ou compensation ?

Ah l’aide, nous l’attendions. Importée et tassée au port, elle est enfin convoyée sous le Keepar. Pour une première fois, à moins que je n’ai raté une partie de notre histoire, le peuple de Keepar s’accorde sur une décision jusque là utile de conséquence. Quelques brins de riz tomberont des sacs, tout comme quelques liasses de billets de banque peuvent caler entre trois ou quatre bureaux. Ils nous ont habitués à ça dans les marchés publics. Le sentiment de méfiance est légitime car installé par les écarts dans les différents chiffres communiqués par le Boss, son dauphin, pardon son «Goro» et son poulain.

Le vocable aide ne sied pas ici. A travers cette initiative, le Chef de Keepar ne fait que retourner aux gorgorlous leurs efforts de cotisation au budget national qui est la somme de nos impôts et taxes. Des prélèvements directs et indirects qui ne s’opèrent que difficilement en cette période de crise sanitaire qui plombe la dépense quotidienne de bon nombre de chefs de famille. Un Etat ne s’appelle Etat que lorsqu’il subvient aux besoins de son peuple. Tout de même saluons la décision mais ajustons notre vocabulaire pour éviter à certains de faire pousser des ailes. Ndimbeul li sunu niaak la !

Allons au-delà de l’aide. Au moins nous sommes tous d’accord, le Boss y compris, que l’autosuffisance en riz, figurant parmi les 50 raisons de voter pour lui en 2019, n’est que pur bobard comme les klaxons du TER que l’on nous promettait d’entendre ce mois d’avril 2020. Cette pandémie ne doit pas faire tomber dans l’oubli la situation réelle du pays que cherche à cacher cette uniformisation des agendas de communication. On veut nous faire croire que sous le Keepar, les temps de crise ne sont pas les temps de vérité. Soyons utiles certes mais soyons aussi vigilants, la gestion de cette crise ne doit pas laisser des plaies dans nos finances publiques déjà éprouvées.

L’aide n’est pas que alimentaire quand on voit les cortèges de félicitations et de remerciements qui ont suivi la nouvelle servie par Macron d’annuler une partie de la dette des pays à revenu faible. Je rappelle bien que jusque là le Keepar est placé dans la liste des pays à revenu intermédiaire. Sommes-nous éligibles à cette annulation de la dette ? Pourrons-nous parler d’annulation de la dette quand on sait que le pillage du continent se fait sous l’œil complice de ceux là mêmes qui se font passer aujourd’hui pour les bienfaiteurs de l’Afrique ? Au-delà de cette annulation, parlons des conditionnalités. Devrions-nous encore une fois mettre en gage nos bijoux de famille (pétrole, gaz, zircon) ? Etant donné que les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts, qu’est-ce que le Keepar est prêt à céder pour voir toute ou une partie de sa dette annulée ? A la place des dettes épongées pour nos Etats, il y en eu dans le passé, préférons plutôt de mobiliser nos propres ressources pour nos propres programmes de développement. C’est là où se situe le véritable enjeu. Comment faire pour ne pas emprunter ou à défaut, en le faisant, de ne pas engager les générations futures, tel doit être le défi de nos dirigeants.

Bonne semaine sous le Keepar !

CitizenLY


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Un commentaire

  1. Il y a certes anguille sous roche dans la promesse d’annulation de la dette. La dette publique et la dette privée ? Les bailleurs ne sont pas les mêmes. Les Etats pourront laisser passer dans certaines conditions mais les créanciers privés vont forcément rentrer dans leurs fonds . Dures négociations… Ah l’Afrique ! Quelle solutions ?

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