9ème Forum Mondial de l’Eau Dakar 2021: Pour une mobilisation et une réelle volonté politique de l’État autour des enjeux de l’eau

Bien que sujet de controverses, le 9ème Forum mondial de l’eau de Dakar organisé par le Conseil mondial de l’eau en partenariat avec l’Etat du Sénégal, est avant tout un espace international d’échanges entre divers acteurs, où ONG et autres organisations de la société civile se mobilisent pour valoriser leurs actions, présenter leurs propositions ou encore pour rencontrer des partenaires internationaux et développer leurs réseaux.


Même s’il a le mérite de permettre une forte mobilisation politique de chefs d’Etat du monde, le Forum mondial est loin de permettre de rattraper le retard de l’atteinte des ODD dans le domaine de l’eau et l’assainissement.
L’une des limites de ce 9ème rendez-vous international est la participation de la société civile qui se heurte à des blocages liés à des frais d’inscriptions et d’exposition inaccessibles pour une bonne partie des associations, la mise en place très tardive (à 2 semaines du Forum) d’un mécanisme de soutien financie et le manque de porte-paroles à l’ouverture ou dans les segments politiques de haut niveau.
Aussi, les prises de parole des chefs d’Etat ou de leurs représentants sont loin d’être un véritable sommet politique qui aurait permis des négociations et des décisions collectives qui s’imposent face à la problématique de l’accès à l’eau et à l’assainissement pour les populations.

D’aucuns se posent la question de son impact sur la problématique de l’accès à l’eau et l’assainissement qui est une réalité criante surtout dans les pays sous-developpés comme le Sénégal où se tient présentement à Dakar le 9ème Forum mondial de l’eau.

En effet, l’eau, source de vie, est une ressource indispensable à la pleine jouissance de la vie (au même titre que l’alimentation et le droit à la santé) mais pourtant si rare et précieuse pour une frange importante de la population mondiale. 2,1 milliard de personnes soit 30% de la population mondiale n’ont pas accès à l’eau potable et 4,5 milliards, soit 60% ne disposent pas de système d’assainissement adapté (OMS) et croulent sous le poids des problèmes d’inondations récurrentes chaque année (Dakar n’estpas épargné !). Or l’accès à l’eau potable est un droit fondamental pour tout être humain. Il est l’un des facteurs nécessaires à l’épanouissement des hommes, ainsi qu’au développement des communautés. L’eau potable, un assainissement sécurisé et une hygiène adéquats sont non seulement essentiels pour préserver la santé des enfants et de toute communauté, et permettent également aux sociétés d’être plus résilientes, plus équitables et en meilleure santé.

Les taux de couverture pour l’accès à l’eau potable et pour l’assainissement sont respectivement de 91,1% et 54,7% au Sénégal (Enquêtes L2S. 2014). Cependant ces taux cachent d’énormes disparités entre le milieu rural et urbain mais aussi entre milieu de résidence. Les inégalités face à l’accès à l’eau sont criardes et parfois paradoxales au Sénégal surtout en mlieu rural car nombreux sont des localités (comme Diobass, Diender,..) disposant d’infrastructures d’exploitation des nappes pour desservir la capitale Dakar alors que leurs populations doivent faire face à des problèmes d’accès à l’eau potable.

D’où la nécessité de trouver des solutions permettant de réduire les inégalités entre les zones (milieu de résidence) en faveur des populations vulnérables. Car nombreux sont les femmes et les enfants qui sont chargés de la corvée d’eau en parcourant chaque jours de longues distances à la recherche d’un point d’eau potable. A cela s’ajoute la discontinuité du service d’approvisionnement en eau potable, source de tensions hydrauliques.

Le croissance démographique conjuguée à l’urbanisation croissante et le réchauffement climatique représentent ces dernières décennies des défis majeurs pour la gestion de l’eau. Ces derniers témoignent de l’impérieuse nécessité de développer des infrastructures adaptées de production, de gestion et distribution d’eau potable, de dépollution et de recyclage des eaux usées et des investissementsciblés pour les populations vulnérables.

D’où la nécessité de mettre en place une gestion intégrée des ressources en eau, d’assainissement ou d’agroécologie avec des objectifs d’ordre économique, environnemental, sanitaire et social pour la transformation qualitative du quotidien des populations et l’amélioration de leurs conditions de vie et des performances des secteurs de production.

Il est utopique voire impossible aujourd’hui de parler d’émergence d’un pays alors que le minimum vital tel que l’amélioration des conditions d’accès à l’eau, à l’assainissement, à la santé…n’est pas assuré à sa population. Le développement est d’abord économique et social. La gestion de l’eau et l’assainissement n’etant pas une compétence transférée, il incombe a l’Etat de créer un environnement favorable à l’augmentation de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les zones en souffrance hydraulique.
En espérant que le forum de Dakar 2022 sonnera le glas d’une réelle volonté politique de l’Etat du Sénégal et des decideurs publics à l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement pour soulager les populations surtout les plus démunies qui sont le plus souvent oubliés dans la prise en charge de leurs problématiques de survie et de conditions de vie.

Khady G
Crédit photo Amcow, Djiby Faye
forummondialdeleau2022 #ecologie

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