60 ans, à la retraite avec une pension de misère

Le vent remplace les humains sous le Keepar car contraints de suivre à la lettre un couvre-feu prolongé encore un mois à l’aide d’une habilitation fourre-tout et dangereuse de conséquence. Soudain, pour le Keeparois lambda, on devient nostalgique de beaucoup de choses qui rythmaient notre quotidien. Mais pour le Keeparois «d’en haut» le réseau aide à continuer les petits plaisirs jusqu’à l’extrême même en temps d’Etat d’urgence. Après tout, papa, maman et leurs contacts seront là en cas de wouyayoy*.

A ses soixante années, le Keepar, par des ordonnances présidentielles, va à la retraite sans les pas de danse des majorettes lycéennes et sans son légendaire Ngalakh. Corona est passé par là. Il serait intéressant d’imaginer ce qui peut occuper sa pensée collective actuellement. Porte-t-elle sur ses réussites et échecs durant ses 60 années écoulées ou bien sur ses projets au lendemain de sa retraite ? Ce serait bien qu’il nous dise afin que nous puissions nous atteler dès à présent à la relève même si on a déjà commencé avec une nouvelle génération qui veut que les 60 prochaines années soient celles qui consacreront au Keepar son plein et libre épanouissement sur tous les plans. Je plains déjà cette jeune génération qui doit continuer à bâtir sur un passif lourd. Ce ne sont pas les dépenses de prestige, le chômage étouffant, la dette exponentielle, le système sanitaire et social quasi inexistant, l’économie externalisée, les ressources naturelles hypothéquées entre autres qui vont aider. La pension de retraite est de misère.

Le partage d’expérience s’avère nécessaire pour cette jeune génération mais elle doit refuser que certaines idéologies et pratiques ne reviennent par le biais des contrats spéciaux. Plus besoin d’organiser des assises sous le Keepar, ce qui a été étudié et dit jusque là est assez suffisant pour nous réorganiser. Il ne s’agira pas de réinventer la roue mais de lui trouver le tourneur qualifié, la voirie adaptée et la bonne destination. Le Keepar a besoin d’un homme qui voit plus loin qu’entre deux élections, qui se soumet aux contrôles de vraies institutions et qui rend compte fidèlement à ses compatriotes.

Pour que les 60 années à venir soient fructueuses pour le Keepar, au-delà de tout ce qui est modèle économique et idéologie politique, il nous faut une république keeparoise, un leader et non un chef, une représentation nationale et non un collège de souteneurs politiques, une justice et non une bande d’amis ou camarades d’université et, last but not the least, des citoyens et non des électeurs.

Excellente semaine keeparois !

CitizenLY

*pépin

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