Une solution durable des inondations au Sénégal est – elle possible ?(Par Mbaye Niang Thiam)

Personne n’est sensé être dans l’immédiateté de la compréhension des passions de ceux qui nous gouvernent. À quoi bon de poursuivre le secret d’un rayonnement personnel qui au bout du compte, se heurte au mur des réalités sociales.
En politique, il y a toujours des visionnaires et des aveugles. Ces derniers ne cherchent qu’à zoomer leur ego. Comme pharaon, ils veulent laisser leur empreinte partout où ils passent. Ainsi ils laissent les villes se construire en faisant fi des paramétres urbanistiques.
Aujourd’hui les sénégalais dans l’eau cherchent désespérément des solutions idoines et immédiates pour leur soulagement. Malheureusement erreur n’est plus grave que de chercher à résoudre le probléme des inondations au Sénégal à travers des opérations temporaires et circonstentielles. C’est transformer l’extincteur en essence.
Les inondations enregistrées ces derniers jours constituent seulement l’iceberg d’un cataclysme hydrogéoloqique, climatique, santaire, social et économique persistant. Pourtant les politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire sont encore laissées en rade depuis trés longtemps par les pouvoirs publics.
En effet tout pays digne de ce nom, soucieux de son avenir doit disposer d’un SDAU (Schéma Directeur d’Aménagement Urbain ) qui couvre tout le territoire national. Ce document prévisionnel a comme objectif principal de fixer les grandes lignes de l’aménagement du pays et de garantir une organisation cohérente de l’espace pour les 20 ou 25 prochaines années.
Voilà un schéma qui fait l’ossature et le soubassement sur lequels se fonde l’urbanisation d’aujourd’hui et les perspectives de demain.
Avec l’Acte III de la décentralisation mis en oeuvre récemment au Sénégal, qui ordnnait les transferts de compétences de l’Etat vers les Communes, il serait judicieux de créer des POS (Plan d’Occupation des Sols), pour une meilleure gestion des ressources au niveau local. Ces POS sont extréments importants dans la mesure où ils réglementent les conditions d’utilisation des sols pour chaque parcelle évitant ainsi les occapations anarchiques et inapropriées.
Et à travers la méthode de zonage ou zoning qui spécifie l’affectation des terres, les zones à risques ou inondables sont toujours déterminées et les catastrophes de ces jours-çi, sont dans le même temps conjurées en amont.
A cet égard la bonne politique d’aménagement du territoire se résume en deux mots: prévention et prospection.
La prévention est la grande capacité visionnaire dont nous disposons pour anticiper sur les evénements.
La prospection est pour sa part, la prévision exhaustive sur l’évolution environnementale, urbanistique et démographique du pays.

Alors force est de reconnaître qu’une synergie entre l’Etat et les Collectivités Territoriales, dans les
politiques publiques d’urbanisation reste la clés du succés.Maintenant c’est clair que les solutions avancèes par les pouvoirs publics dans le cadre du Plan décennal de lutte contres les inondations de 2012 qui préyoyait un investissement de plus de 750 milliards de francs
CFA (dotations de motopompes, ouvrages d’assainissement, etc…) ne suffisent pas pour régler le problème. C’est la raison pour laquelle nous retenons une priorisation de la dimenson écologique et urbanistique.
Les inondatons à Dakar sont causées en grande partie par le ruissellement, puis la concentration des eaux de pluie en temps records sans aucune possbilité d’infltration et/ou de propagation. Donc la difficulté ne réside pas dans la quantification de l’eau tombée à Dakar, mais plutot de l’intensité (I) calculée à partir de deux èlèments: la quantité (Q) et le temps(T).
L’ammortissement de (I) dépend bien entendu du bon foctionnement des ouvrages à travers la création de multiples espaces verts et un reboisement responsable.Sur le plan urbanistique nous il faut définir et délimiter des zones inondables, interdire les constuctions anachiques et procéder au systéme de délogement/relogement.
Maintenant un raisonnement global sur l’aménagement du territoire au Sénégal plus particulèrement à Dakar s’impose avec acuité.
On doit privilégier la création de Zac de Rénovations Urbaine (ZRU) et de Villes Nouvelles (VN); mais non comme les pseudo zac et pseudo villes nouvelles de Mbao et Diamniado, qui ne respectent ni la philosophie, ni les normes de réalisation, ni les finalités.
Repenser la ville devient donc une priorité et une exigence nationale.
Nous avons l’occasion historique de reconstruire sur de nouvelles bases différentes jusque là de celles connues depuis les années 60 et en finir avec le soupoudrage et solutions temporaires, de comprendre que nous devons contraster les inégalités socio-économiques, car il existe deux voire trois types de Sénégal et cette situation en est une illustration parfaite.
Il nous faut developer une nouvelle sensibilité dans notre société et comprendre que la question sociale
et ambientale sont intrinséquement liées.

Mbaye Niang Thiam
Aménageur Urbaniste
Pastef Venise – Italie

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