Réinventer notre futur face au Covid-19

La pandémie du coronavirus n’a quasiment épargné aucun pays. Elle a ébranlé les systèmes de santé les plus performants et a déstructuré les économies les plus fortes. C’est une crise sanitaire qui débouchera inéluctablement sur une crise économique, financière et sociale.

« Cette crise sera violente et globale, et le redressement sera long, difficile et coûteux » prévient Bruno Le Maire. Le ministre français de l’Économie a même fait la comparaison avec la grande récession de 1929.

Même si l’ampleur reste à déterminer, les économistes prévoient une récession presque partout à travers le monde. Déjà aux États-Unis les derniers chiffres parlent de 26 millions de personnes inscrites au chômage.

En Europe les confinements imposés aux populations ont eu un effet dévastateur sur l’économie : des entreprises qui ferment ou qui tournent au ralenti, ce qui entraîne un chômage et une chute des revenus des ménages et donc une baisse des dépenses de consommation.

Sur le plan sanitaire, l’Afrique est relativement épargnée par cette pandémie ; mais des secteurs clés comme le tourisme, les transports aériens ou les hydrocarbures sont impactés et connaissent déjà un ralentissement.



Le Sénégal et l’Afrique ne seront pas, hélas, à l’abri des conséquences de cette crise sanitaire. Nous n’étions déjà pas préparés à une telle pandémie et à ses effets collatéraux.

Selon l’ANSD (Agence nationale de la statistique et de la démographie) le taux de pauvreté au Sénégal est de l’ordre de 46%, et 80% de la population active est dans le secteur informel. Un tableau déjà sombre que le coronavirus et ses conséquences socio-économiques vont exacerber.

Des voix se sont élevées ça et là pour demander l’annulation de la dette africaine ou à défaut un moratoire. Or, un moratoire voire une annulation pure et simple de la dette africaine n’est la panacée. Nous retomberons dans les mêmes travers d’un cercle vicieux tant que nos élites seront incapables de réinventer et de diversifier nos économies.

Il n’y a pas, à notre connaissance, un pays que la Banque mondiale et le FMI ont développé. Le partenariat avec les institutions de Bretton Woods ne fera que nous maintenir davantage dans la pauvreté et la dépendance politique et économique. Comme nous l’enseigne un proverbe, « la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit ».

Nous n’avons pas besoin d’idéologie ni de modèle économique venus d’ailleurs.

Dans « Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique noire », Cheikh Anta Diop dégage des pistes: restaurer la conscience historique africaine, exploiter les sources d’énergie hydraulique ou hydroélectrique, solaire, atomique pour aboutir à une industrialisation dont le premier objectif sera la conquête et l’organisation du marché intérieur africain. Pour y parvenir, poursuit le professeur Diop, il faudra investir dans la formation de cadres techniques et dans la recherche scientifique, réformer en profondeur nos universités et mettre sur pied des fonds d’investissements.

Cette crise, paradoxalement, peut constituer une opportunité pour l’Afrique. Nous avons énormément de potentialités, des ressources naturelles en abondance et des ressources humaines de qualité.

Il s’agit de financer (avec nos propres moyens) nos secteurs clés tels que la santé, l’éducation et l’agriculture. Et croire en nous-mêmes.

Mangue SENE Pastef-Les Patriotes Rome

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Un commentaire

  1. Merci pour cette excellente contribution Mr Sene. Puissent les dirigeants du Sénégal et de l’Afrique vous entendre ! Amine

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